Les Ē Blanquistes Č

travail de recherche menŽ par

Philippe FrŽchet

(ph.frechet@gmail.com)

mis ˆ jour le 26 avril 2016

 

Ė Claude Pennetier

et Michel Cordillot,

en respectueux hommage.

 

Ce petit Ē dictionnaire Č de blanquistes est le rŽsultat dÕun travail que jÕai menŽ en complŽment dÕune confŽrence-diaporama (commencŽe en aožt 2015 et donnŽe pour la premire fois ˆ la MŽdiathque de Puget-ThŽniers le 28 avril 2016) sur Blanqui lui-mme. Hormis une dizaine de noms repŽrŽs, quÕon retrouve dans les biographies de lÕĒ EnfermŽ Č Ń des hommes connus pour leur appartenance ˆ ce que le Maitron appelle le Ē premier noyau Č, et/ou pour leur participation active ˆ la Commune de Paris : Granger, Eudes, Tridon, ƒmile Villeneuve, FerrŽ, Genton, Jaclard, les frres Levraud[1], Vaillant, Ranvier, Rigault, RegnardÉ Ń, je ne disposais que de trs peu dÕinformations.

Ė la lecture du petit livre sur Les blanquistes que Charles Da Costa (qui fut lÕun dÕeux) publia en 1912 [2], je pus en ajouter un nombre consŽquent. Puis de fil en aiguille, en lisant les volumes ad hoc de la fameuse Histoire socialiste que Jaurs dirigea, ainsi que certains des ouvrages de Maurice Dommanget et en consultant les notices de WikipŽdia et de divers sites, il mÕa ŽtŽ possible dÕajouter encore des noms et de complŽter des notices (en trouvant des prŽnoms et/ou des dates de naissance et de dŽcs).

Enfin (et surtout), de nombreuses notices ont pu tre complŽtŽes et ajoutŽes gr‰ce ˆ lÕaccs ˆ la version numŽrique du fameux Ē Maitron Č que Claude Pennetier mÕa aimablement procurŽ. Volontairement, jÕai considŽrablement rŽduit les notices originelles, nÕutilisant ici que quelques informations choisies dans cet outil remarquable et extrmement prŽcieux Ń dans lequel le lecteur trouvera beaucoup plus de dŽtails et que je lÕinvite vivement ˆ consulter.

Une partie reste encore incomplte (les noms sont alors Žcrits en rouge) Ń sans doute certaines notices le demeureront ˆ jamais, mais peut-tre quelques-unes pourront-elles tre amendŽes par des lecteurs/trices vigilant(e)s ?

 

Remarques :

(1)  Les noms suivis dÕune astŽrisque (*) sont ceux dÕhommes ayant participŽ ˆ la Commune de Paris en 1871 : Ē [É] les blanquistes sont les instigateurs et les exŽcutants de toutes les mesures vraiment rŽvolutionnaires et efficaces [prises au cours de la Commune de Paris]. [3] Č, Žcrit Da Costa, qui ajoute ailleurs que Ē personne ne peut plus raisonnablement le contester : ce fut le parti blanquiste qui domina lÕinsurrection [4] Č ; et Ē La Commune nÕest pas autre chose, au fond, quÕune application de la mŽthode blanquiste [É] Blanqui ne put prendre part ˆ la Commune : ce fut un grand malheur et la Commune le sentit bien [É] Ė dŽfaut de Blanqui, les blanquistes jourent un r™le des plus actifs dans la Commune. "Ils avaient le sentiment de la situation et donnaient la note juste", a dit le doux pote J.-B. ClŽment. Ce sont eux qui proposrent les mesures de combat. [É] [5] Č, ajoute Dommanget.

(2)  Un nombre relativement important de blanquistes ayant appartenu Žgalement ˆ la Franc-Maonnerie, un signe Ę aprs le nom indique cette spŽcificitŽ [6].

(3)  Personne nՎtant monolithique et immuable, certains qui sont blanquistes ou proches de Blanqui ˆ un moment donnŽ de leur vie peuvent ne plus lՐtre ensuite.

(4)  Certains noms nÕapparaissent que dans un document, pour une action prŽcise, ou une signature accordŽe dans une circonstance donnŽe. Peut-tre ne sÕagit-il que de sympathisants, pas forcŽment engagŽs durablement dans lÕaction blanquiste ?

(5)  Ce Ē dictionnaire Č couvrant une pŽriode qui dŽpasse le sicle, plusieurs gŽnŽrations sÕy c™toient. Sans quÕon doive y voir un anachronisme, apparaissent ici sous le qualificatif de Ē blanquiste Č des personnes qui ont ŽtŽ proches de Blanqui et qui partageaient sa Ē ligne Č politique, ˆ une Žpoque o lÕon ne parlait pas encore de Ē blanquisme Č (cÕest-ˆ-dire avant les annŽes 1864-1865).

(6)  En 1889, le parti blanquiste (constituŽ en 1881, tout de suite aprs la mort de Blanqui) Žclatera : un certain nombre de blanquistes sÕorienteront vers le nationalisme et lÕantisŽmitisme, en sÕassociant, ˆ la suite dÕErnest Granger, au mouvement boulangiste (Clovis Hugues, Ernest Roche, ƒmile Rouillon, FrŽdŽric BoulŽ, Pierre DenisÉ), tandis que dÕautres, autour dՃdouard Vaillant, militeront ˆ la gauche du mouvement socialiste (Emmanuel Chauvire, Marcel Sembat, Jules Coutant, Albert GoullŽÉ). Plus tard, quelques-uns se tourneront vers le radical-socialisme, tel Victor Jaclard ; ou vers le guesdisme (Parti Ouvrier Franais, anctre du Parti communiste), tels Gustave Bazin ou FŽlix Lachize. Et quelques-autres, enfin, vers lÕanarchisme, tels Constant Martin, Aristide Rey, PompŽe Viard, ƒdouard David ou Charles Gambon. Pour plus de dŽtails, voir ces noms et, bien sžr, les notices compltes du Maitron.

(7)  Ė la date du 2 mars 2016, ce dossier comprend 244 notices + 2 remarques complŽmentaires (lÕune sur les blanquistes de New York, lÕautre sur Martin Bernard) et 22 annexes (A ˆ V).

 

*

Aberlen (?-?) : Signataire du manifeste de la Commune rŽvolutionnaire Aux Communeux, Londres, juin 1874.  (DaCosta, Les Blanquistes, p. 51 + annexe K).

 

Adel, dit Manuel (?-?) : Ouvrier fondeur en cuivre, il assiste, en 1867, tant™t chez Chouteau et tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendances blanquistes Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. ArrtŽ, il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison, 100 F. dÕamende et 5 ans de privation des droits civiques. (dÕaprs le Maitron) Cf. notice Chouteau.

 

Acollas Pierre RenŽ Paul ƒmile (1826-1891) : NŽ le 27 juin 1826 ˆ La Ch‰tre (Indre), mort le 27 octobre 1891 ˆ Asnires. ƒmile Acollas est Žtudiant en droit ˆ Paris ds 1844, se mlant, ds ses dŽbuts professionnels, aux milieux socialistes parisiens. En mai 1849, il est secrŽtaire du ComitŽ dŽmocratique socialiste de lÕIndre ˆ Paris. Ami de Garibaldi et des principaux dŽmocrates et socialistes franais, il mne une double activitŽ : juriste, il forme en 1866 un comitŽ pour Žtudier la refonte de la lŽgislation ; homme politique, il est un des organisateurs parisiens du premier Congrs de la Ligue de la Paix et de la LibertŽ (Genve, septembre 1867), quÕil veut nommer Ē Congrs de la RŽvolution Č. Revenu en France, il est dŽnoncŽ pour manĻuvres subversives (avec ƒlisŽe Reclus et Garibaldi), et condamnŽ ˆ 1 an de prison (en dŽcembre 1867). Cf. notice Chouteau. DŽbut 1870, il accepte la chaire de professeur que lui offre la FacultŽ de droit de lÕUniversitŽ de Berne, o il se trouve quand lÕEmpire tombe. Plusieurs de ses amis (dont Garibaldi) le proposent vainement ˆ Gambetta pour secrŽtaire. La Commune le dŽsigne comme doyen de la FacultŽ de droit de Paris, mais il ne rejoint pas son poste, craignant dՐtre arrtŽ par les Versaillais. RentrŽ ˆ Paris en septembre 1871, ƒmile Acollas se voit refuser par Jules Simon lÕautorisation dÕouvrir un cours de droit politique et de droit civil ˆ lÕusage des ouvriers. Populaire parmi les Žtudiants rŽpublicains et les ouvriers parisiens, le Ē Professeur Acollas Č encourage les dŽbuts de LՃgalitŽ collectiviste de Guesde et Lafargue. (dÕaprs le Maitron)

 

Allard  Maurice (1860-1942) : ƒlu blanquiste ˆ Draguignan aux lŽgislatives de 1898 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 68). Maurice ƒdouard Eugne Allard est nŽ le 1er mai 1860 ˆ Amboise, o il est mort le 27 novembre 1942. Avocat, journaliste et dŽputŽ du Var de 1898 ˆ 1910, il est rŽdacteur dans plusieurs journaux socialistes, dont L'HumanitŽ. Farouche adversaire du gŽnŽral Boulanger, il est partisan dÕune application trs stricte de la loi de sŽparation des ƒglises et de l'ƒtat, dŽposant de nombreux amendements (interdiction du port de la tenue ecclŽsiastique en public, remplacement des jours fŽriŽs religieux par des jours fŽriŽs la•cs, confiscation des lieux de cultes, pour un usage de service public...). (dÕaprs Wkpd)

 

Archain  Oscar ThŽophile Jean-Baptiste (1863-1904) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexe N). NŽ ˆ Orville (Pas-de-Calais) le 24 aožt 1863, Oscar Archain est fils d'un couvreur et d'une mŽnagre. Ma”tre-rŽpŽtiteur dans des collges de son dŽpartement, il adhre aux idŽes socialistes. En 1885, il s'installe ˆ Paris. D'abord professeur libre, il abandonne l'enseignement pour pouvoir militer et devient correcteur, travaillant pour des imprimeries et des grands journaux de diverses tendances. RŽdigeant des articles pour des organes socialistes (le Journal du Peuple, L'Homme libre, La Chronique de Saint-Ouen et La Banlieue socialiste), il tient la chronique des tribunaux au Cri du Peuple et au DŽmocrate. En avril 1889, Oscar Archain est l'un des 4 candidats blanquistes lors d'une municipale ˆ Saint-Ouen. Comme beaucoup d'autres blanquistes parisiens, il adhre au mouvement boulangiste et rejoint le ComitŽ Central Socialiste RŽvolutionnaire, collaborant au journal de cette formation, Le Blanquiste [cf. annexe O]. Appuyant la candidature d'Henri Rochefort aux lŽgislatives de 1889, il obtient l'investiture du ComitŽ rŽpublicain national pour les municipales de 1890. SiŽgeant d'abord au groupe de l'Union socialiste, il le quitte avec trois autres blanquistes (BreuillŽ, Daniel et GrŽbauval) en 1899. Libre-penseur, Archain se rapproche des radicaux-socialistes vers 1900, adhŽrant au Parti rŽpublicain, radical et radical-socialiste (PRRRS). Malade depuis 1903, Archain meurt le 11 aožt 1904. [dÕaprs Wkpd]

 

Argyriads Paul (Panayottis) (1849-1901) : Dans la notice de Lucien Sanial (non blanquiste), Michel Cordillot fait allusion au Ē blanquiste Argyriads, membre de la Chevalerie du Travail Franaise Č. NŽ le 14 aožt 1849 ˆ Kastoria (MacŽdoine), mort le 19 novembre 1901 ˆ Paris, Paul Argyriads est le fils dÕun fermier du roi de Grce. Il vient ˆ Paris aprs la Commune faire son droit. AdhŽrant au Parti ouvrier franais (POF), il est lÕun des responsables de la bibliothque socialiste (crŽŽe par lÕAgglomŽration parisienne du POF en novembre 1883), qui vend des brochures de vulgarisation et organise des cours dՎconomie politique (avec Paul Lafargue et Gabriel Deville). Argyriads se rallie au ComitŽ RŽvolutionnaire Central (crŽŽ en 1881, aprs la mort de Blanqui Ń cf. annexe M). Il continuera au Parti Socialiste RŽvolutionnaire en 1898. Avocat, il ne plaide gure quÕau service des militants et journaux socialistes. Journaliste cultivŽ, sÕadonnant surtout ˆ la propagande par brochures et essais, et collaborant activement ˆ la presse socialiste, Argyriads aura apportŽ une contribution personnelle importante ˆ lÕĻuvre dՎlaboration idŽologique pendant la phase de reconstruction du mouvement socialiste. ĪUVRE : Journaux et revues auxquels Argyriads collabore : Le Cri du Peuple, Le Parti socialiste (hebdomadaire du CRC), Le Petit SouLa Revue socialiste, La Revue de la Question sociale, lÕAlmanach de la Question sociale. Ouvrages : Le Pote socialiste Eugne Pottier, ancien membre de la Commune (1888) ; Essai sur le socialisme scientifique (critique Žconomique de la production capitaliste), Concentration capitaliste, trusts et accaparements (1896), Solution de la Question dÕOrient (1896), La Peine de mort. (dÕaprs Justinien Raymond pour le Maitron)

 

Arnaud  Armand Antoine Jules [dit Arnault] (1831-1885) * : Signataire de la protestation [Internationale et RŽvolution - Ė propos du Congrs de La Haye] de septembre 1872 (quelques jours aprs ce Congrs), contre la dŽcision des marxistes de transfŽrer de Londres ˆ New-York le sige du conseil gŽnŽral de l'Internationale. Plusieurs blanquistes rŽfugiŽs ˆ Londres (Arnaud, Cournet, Marguerittes, Constant Martin, Ranvier et Vaillant) signent aussi et dŽcident de se retirer de l'Association Internationale, lÕestimant insuffisamment rŽvolutionnaire. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-43 + annexe J). NŽ le 6 fŽvrier 1831 ˆ Lyon, Antoine Arnaud est employŽ de chemin de fer et adhre ˆ l'Association internationale des travailleurs. En 1869, il s'Žtablit ˆ Paris, frŽquente les rŽunions publiques et devient journaliste ˆ La Marseillaise d'Henri Rochefort, ce qui entra”ne son renvoi par son employeur, le PLM. Pendant le Sige de Paris, il signe l'Affiche Rouge (cf. annexe I). Pendant la Commune, il est Žlu au Conseil de la Commune et, le 1er mai, au ComitŽ de Salut public. Il combat pendant la Semaine sanglante, puis parvient ˆ Žchapper aux Versaillais et ˆ se rŽfugier ˆ Londres, o il sige (comme ses amis blanquistes Cournet et Ranvier) au Conseil gŽnŽral de l'AIT. Par contumace, il est condamnŽ ˆ mort. En 1872, il vote l'exclusion de  Bakounine, mais quitte l'Internationale avec ses amis blanquistes. Revenu en France aprs l'amnistie de 1880, il meurt dans la misre, au cours de lՎtŽ 1885 ˆ Paris. (dÕaprs le Maitron et Wkpd)

 

Arnold Georges (1837-1912) * : Signataire de lÕappel public ˆ venir aux obsques dÕEudes, le 8 aožt 1888, au Pre Lachaise o il prend la parole (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 61 & 63). Architecte, membre du ComitŽ central de la Garde nationale, il figure parmi les rŽdacteurs de lÕAffiche rouge (cf. annexe I).  ƒlu au Conseil de la Commune, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe et envoyŽ ˆ NoumŽa. Aprs lÕamnistie, il retrouve sa situation dÕarchitecte de la Ville de Paris (dÕaprs le blog de Paul Quader).

 

Badet Eugne (?-?) : ƒbŽniste (selon Da Costa), ouvrier tourneur-repousseur (selon le Maitron), il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D).

 

Ballire Achille (1840-1905) * Ę : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexe N). Il a Žcrit, en 1889 : La dŽportation de 1871 - Souvenirs dÕun ŽvadŽ de NoumŽa (dÕaprs le blog de Paul Quader). NŽ le 17 octobre 1840 ˆ Sannerville dans le Calvados, dŽcŽdŽ en 1905, Achille Ballire est architecte (il participe aux travaux du d™me des Invalides). RŽpublicain, il participe ˆ la guerre de 1870. Lors de la Commune de Paris (qu'il rallie tardivement), il soutient la tentative de mŽdiation franc-maonne du 29 avril 1871. ArrtŽ chez lui le 18 juin 1871, il est condamnŽ ˆ la dŽportation simple et rejoint l'ėle des Pins. En 1874, il trouve une place de comptable auprs d'un marchand de bois ˆ NoumŽa et travaille Žgalement ˆ un projet de thŽ‰tre. Le 20 mars 1874, il s'Žvade avec Franois Jourde, Charles Bastien, Henri Rochefort, Olivier Pain et Paschal Grousset. En Australie, il laisse partir ses compagnons, prŽfŽrant attendre l'exposition intercoloniale de Sydney o son projet de thŽ‰tre pour NoumŽa doit tre prŽsentŽ. Il rejoint ensuite l'Angleterre qu'il atteint le 30 juillet. Aprs l'amnistie, il rentre en France et reprend son mŽtier, notamment comme architecte de la ville de Thiers. Aux lŽgislatives de septembre 1889, il Žchoue ˆ Draguignan en tant que candidat boulangiste, face ˆ Clemenceau. [dÕaprs Wkpd]

 

Balsenq ƒtienne Auguste (1838-?) * : Il fait partie du groupe de blanquistes qui, le 4 septembre 1870, contraint Jules Favre ˆ prononcer, au nom du peuple, la dŽchŽance de l'Empire et la proclamation de la RŽpublique et est co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 33-34 & annexe F). NŽ le 6 avril 1838 ˆ Campagnac (Aveyron). ƒtienne Balsenq fait tous les mŽtiers pour vivre, surtout celui de cocher, dans les administrations, chez les particuliers ou les loueurs de voitures. Il dit avoir connu Blanqui seulement en septembre 1870, mais il appartient, ds 1867-1868, aux premiers groupes de combat blanquistes. Le 14 aožt 1870, aprs lՎquipŽe de la caserne de la Villette, ses compagnons entreposent leurs armes chez lui. Il est aussi imprimeur et gŽrant du journal blanquiste La Patrie en danger. Au 18 mars 1871, il est capitaine du bataillon qui envahit la Manutention. Il en reste quelques jours administrateur, puis est nommŽ commissaire de police du quartier Saint-Thomas-dÕAquin (VIIe). BlessŽ le 23 avril prs de la caserne de Lourcine, il est arrtŽ, dŽtenu ˆ lÕOrangerie et condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. AmnistiŽ, il rentre ˆ Paris, o la misre lui fait solliciter une place dÕemployŽ auxiliaire ˆ la Caisse municipale. (dÕaprs le Maitron)

 

Barbier (?-?) : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M).

 

Baron Jean (?-?) * : ExilŽ ˆ New York sous lÕEmpire, Jean Baron y tient, ˆ la fin des annŽes 1860, une pension-restaurant. Il figure vraisemblablement parmi les fondateurs de lÕUnion rŽpublicaine de langue franaise (URLF) dans cette ville, puisquÕil est Žlu vice-prŽsident du comitŽ central new-yorkais en dŽcembre 1869. TrŽsorier du comitŽ de dŽfense nationale crŽŽ en septembre 1870 sous lՎgide de lÕURLF pour organiser le dŽpart de volontaires vers la France envahie, il sÕengage ˆ son tour. Ayant rejoint les rangs de la Garde nationale parisienne aprs sa dŽmobilisation, il participe ˆ la Commune. Sans doute protŽgŽ par sa nationalitŽ amŽricaine, il est de retour ˆ New York ds la fin de lՎtŽ 1871, o il reprend un commerce de vins et liqueurs, qui devient rapidement un des lieux de rendez-vous privilŽgiŽs des militants new-yorkais, qui peuvent sÕy restaurer, y lire et acheter le Socialiste, rencontrer les amis. AdhŽrent de lÕAIT, Jean Baron est trs actif dans lÕorganisation de la souscription au bŽnŽfice des veuves et orphelins des combattants de la Commune et proteste contre lՎlection de Gustave May au poste de trŽsorier gŽnŽral (cf. ce nom). Proche de la mouvance blanquiste, il adhre au Groupe RŽvolutionnaire Socialiste International (GRSI) ds janvier 1873. En janvier 1876, Jean Baron est lÕun des signataires dÕun manifeste dÕinspiration blanquiste [cf. annexe V]. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Bataille Ernest (?-?) : ƒtudiant en mŽdecine, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D).

 

Baudin  Eugne (1853-1918) * : ƒlu en 1889 ˆ Vierzon sous lՎtiquette blanquiste (CRC), rŽŽlu dans le Cher en 1893 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 67 + annexe M). NŽ le 29 aožt 1853 ˆ Vierzon (Cher) et dŽcŽdŽ le 11 avril 1918 ˆ Granges-sur-Aube (Marne). Jeune ouvrier porcelainier, Eugne Baudin milite dans les rangs socialistes. Sa participation ˆ la Commune en 1871 lui vaut d'tre condamnŽ. ExilŽ en Grande-Bretagne, il ne revient qu'en 1881, aprs l'amnistie. Durant son exil, il travaille dans les poteries renommŽes de Lambeth et de Stoke-on-Trent. Conseiller municipal de Vierzon en 1884, il est conseiller gŽnŽral du canton de La Guerche en 1885. Soutenant une grve ˆ Vierzon, il est condamnŽ pour rŽsistance armŽe et emprisonnŽ. DŽchu de ses droits civiques, il est cependant rŽŽlu conseiller municipal de Vierzon. DŽchu de son mandat au conseil gŽnŽral, il est rŽŽlu conseiller gŽnŽral en 1886. Il est encore dŽputŽ du Cher de 1889 ˆ 1898, sur les bancs socialistes, participant ˆ de nombreuses manifestations et interpellant rŽgulirement le gouvernement sur la rŽpression des manifestations par la police. Il ne se reprŽsente pas en 1898 et abandonne la politique. En parallle ˆ ses engagements, Eugne Baudin nÕa jamais cessŽ de pratiquer lÕart cŽramique, auquel il se consacre pleinement ds lors. (dÕaprs Wkpd)

 

Bayer (?-?) * : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). Il peut sÕagir de Charles Bayer, qui, nŽ le 9 juillet 1839 ˆ Varsovie,  semble avoir errŽ en Pologne, France et Angleterre avant 1870. Lieutenant dՎtat-major sous les ordres de Wroblewski pendant la Commune, il est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Ė moins quÕil ne sÕagisse [par confusion homonymique] Eugne Baillire ? NŽ en 1833, ce tailleur de pierre a encouru, de 1858 ˆ 1871, huit condamnations (pour coups et blessures volontaires, outrages aux agents, rŽbellion, etc) ; les 1er et 2 mai 1871, il est de ceux qui plantent un drapeau rouge sur le thŽ‰tre de Montargis ; le 6 mai, il est ˆ Paris et combat dans les rangs fŽdŽrŽs ; il est condamnŽ ˆ la dŽportation simple. (dÕaprs le Maitron.)

 

Bazin Gustave (1842- ?) * : Ouvrier fondeur (en cuivre, prŽcise ZŽvas), il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 6 mois de prison et 100 F d'amende. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). NŽ ˆ Passy le 2 novembre 1842, ouvrier bijoutier-joaillier, Gustave Bazin est membre de lÕAssociation parisienne des bijoutiers qui adhre ˆ lÕAIT. Durant le sige de Paris, il milite ˆ lÕUnion rŽpublicaine de Boulogne-sur-Seine. Capitaine dÕun bataillon de la Garde nationale, il est nommŽ, aprs le 18 mars 1871, conservateur du Bois de Boulogne. CondamnŽ ˆ la dŽportation par contumace, il sÕenfuit ˆ Genve, o il est membre de lÕAssociation des bijoutiers (membre elle aussi de lÕAIT). Il y est actif, en particulier lors de la grve de novembre 1872 ˆ mars 1873 qui permet dÕobtenir la journŽe de neuf heures. Bazin devient secrŽtaire du ComitŽ fŽdŽral rŽgional suisse et participe au Congrs de Genve de lÕAIT dont il est lÕun des secrŽtaires de langue franaise. Sans doute pour trouver des adhŽrents ˆ la Ligue universelle des corporations ouvrires, il se rend, en octobre 1873, ˆ Bruxelles, o il travaille comme bijoutier. Gustave Bazin semble tre le vŽritable fondateur de la Chambre du travail ˆ laquelle il rallie CŽsar de Paepe. MenacŽ dÕexpulsion, il se rŽfugie ˆ Londres o il poursuit ses activitŽs, revenant rŽgulirement ˆ Bruxelles o il a des amis et des parents (il a ŽpousŽ la sĻur de CŽsar de Paepe en novembre 1878). Il collabore ˆ La Voix de lÕouvrier de Louis Bertrand ainsi quÕau Socialisme progressif de Benoit Malon et ˆ LՃgalitŽ de Jules Guesde. RentrŽ ˆ Paris aprs lÕamnistie, Bazin est candidat guesdiste lors de diverses Žlections. En 1892, il dirige,, dans le XVIIIe, une petite fabrique de jeux, employant une quinzaine dÕouvriers, tout en demeurant guesdiste. (dÕaprs le Maitron).

 

BŽasse Jean-Franois (c.1819- ?) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron et dans la biographie de Blanqui par ZŽvas, qui le considre comme Ē un blanquiste fervent Č (p. 36). NŽ vers 1819 ˆ Paris, ce serrurier en b‰timent ˆ Paris est, malgrŽ son jeune ‰ge, un animateur de la SociŽtŽ des Saisons et participe activement aux journŽes de mai 1839, au cours desquelles il est grivement blessŽ. InculpŽ avec Blanqui, il est condamnŽ ˆ 5 ans de prison et envoyŽ ˆ Doullens. LibŽrŽ par remise de peine le 4 octobre 1844, BŽasse se fixe ˆ Tours comme colporteur en librairie, propageant des ouvrages pro-communistes et favorables ˆ la classe ouvrire (dont le fameux Voyage en Icarie de Cabet). Il visite Blanqui, restŽ ˆ lÕh™pital de Tours. SurnommŽ Ē Longs-Cheveux Č, il devient un membre actif de la SociŽtŽ lyrique des Fils du Diable, goguette crŽŽe par Vieillefond. BŽasse, avec dÕautres, dŽrange lÕorganisation cabŽtiste, attaquant en particulier Le vrai christianisme. Il est arrtŽ ˆ nouveau en novembre 1846 avec Blanqui et, prŽvenu dÕassociation illŽgale, condamnŽ ˆ 6 mois de prison (procs de Blois). Ė sa sortie, comme Blanqui, il se fixe ˆ Blois. Ds le 25 fŽvrier 1848, il rejoint Blanqui ˆ Paris et entre ˆ la SociŽtŽ RŽpublicaine Centrale. (dÕaprs le Maitron)

 

Bedouch Jean Lucien (?-aprs 1899) * : NŽ ˆ Escazeaux (Tarn-et-Garonne), mort aprs 1899. Jean Bedouch monte ˆ Paris en 1852. Proche des idŽes communistes de Cabet et coopŽratiste, il est membre (avec Arsne Sauva qui vient de passer plusieurs annŽes dans la colonie Icarienne aux ƒtats-Unis) de la SociŽtŽ de crŽdit mutuel et de solidaritŽ commerciale fondŽe ˆ Paris en 1865. En 1867, Jean Bedouch frŽquente les milieux anarchistes (les frres Reclus et Albert Naquet) et assiste au Congrs de la Ligue de la Paix et de la LibertŽ ˆ Berne (1868), o il se joint ˆ la minoritŽ qui se sŽpare de la Ligue ˆ lÕappel de Bakounine. Ė la fin des annŽes 1860, il est un des correspondants franais de Bakounine. Membre de lÕInternationale, Bedouch participe aux manifestations des sections parisiennes le 4 septembre 1870 et reste ˆ Paris durant le Sige. En tant que membre de la dŽlŽgation des 20 arrondissements, il est lÕun des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Il prend part ˆ la Commune de Paris et assiste aux rŽunions du ComitŽ central. Combattant sur les barricades, il est fait prisonnier durant la Semaine sanglante. DŽtenu durant quelques semaines, il est mis en libertŽ dans lÕattente dÕun jugement et en profite pour gagner Le Havre, puis New York, o il arrive, fin 1871, avec femme et enfants. Proche de la mouvance blanquiste dans la proscription, Bedouch semble tre chargŽ de former une commission dÕenqute sur les activitŽs des frres May. En fŽvrier 1873, il est nommŽ trŽsorier de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs. Jean Bedouch quitte les ƒtats-Unis (date inconnue) avec dÕautres rŽfugiŽs, pour fonder une colonie agricole communiste au Venezuela. Il y est encore dŽbut 1876, mais est revenu aux ƒtats-Unis lÕannŽe suivante, puisquÕil figure parmi les porteurs du cercueil de Parisel en juillet 1877 ˆ Newark. En janvier 1878, il co-signe avec 54 communistes et rŽfugiŽs franais de New York le texte qui dŽfend la Ē Vieille Icarie Č (cf. Arsne Sauva). Aprs le vote de lÕamnistie en 1880, Jean Bedouch est lÕun des tout premiers Communards dÕoutre-Atlantique ˆ rentrer en France. Il est toujours vivant en novembre 1899, puisque Max Nettlau sÕadresse alors ˆ lui pour recueillir des matŽriaux pour sa biographie de Bakounine. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

BŽraud Pierre (c. 1817- ?) Ę : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron et dans le ZŽvas (p. 42). NŽ vers 1817 ˆ Lyon (Rh™ne), Pierre BŽraud fait des Žtudes de droit ˆ Paris. En 1837, pour avoir placardŽ des affiches contre lÕordre monarchique constitutionnel, il est condamnŽ ˆ 1 an de prison. Sorti en janvier 1839, il est membre de la SociŽtŽ des Saisons, et encore arrtŽ ˆ plusieurs reprises en 1839, condamnŽ ˆ 2 ans de prison pour dŽtention de poudre et de munitions de guerre. BŽraud est dÕabord enfermŽ avec BŽasse ˆ Doullens (Somme), o il arrive vers la mi-juillet, avec Flotte. Ė la suite de la mutinerie de dŽbut fŽvrier 1841, il est transfŽrŽ au Mont-Saint-Michel o il sŽjourne jusquՈ sa libŽration en mai 1842, aprs a ŽtŽ cruellement torturŽ et battu (comme en tŽmoigne Blanqui dans une lettre ˆ Girard). Revenu ˆ une vie normale, il peut enfin exercer une profession. PossŽdant des collections ostŽologiques, il organise des sŽances publiques de phrŽnologie suivies de cours particuliers et de consultations, faisant des tournŽes en Belgique et dans le Midi de la France. Ses pŽrŽgrinations le font aboutir, vers 1846, ˆ Tours o se trouvent ses anciens compagnons BŽasse, Blanqui, Huber et dÕautres. Sa profession lui permet de faire une importante propagande dans les milieux ouvriers. Ė lÕh™pital de Tours, il rend frŽquemment visite ˆ Blanqui. ConsidŽrŽ comme un communiste icarien, il est de ceux qui se compromettent le plus avec Auguste Blanqui dans lÕaffaire de la sociŽtŽ chantante des Fils du Diable, en 1847 (cf. Jean-Franois BŽasse, ƒtienne Bonin, Auguste Lebreton). PrŽvenu dÕassociation illŽgale et dÕexcitation ˆ la rŽvolte ˆ lÕoccasion des Žmeutes des grains, il est arrtŽ comme Blanqui en novembre 1846 et incarcŽrŽ ˆ la prison de Tours. En fŽvrier 1848, il rejoint Blanqui et devient membre de la SociŽtŽ RŽpublicaine Centrale, dont il est lÕun des secrŽtaires et cosigne lÕadresse de protestation de la SRC au gouvernement provisoire au lendemain de la rŽpression sanglante des manifestations de Rouen. Aprs lÕarrestation de Blanqui en mai 48, il devient secrŽtaire du club du Peuple (surnommŽ le Ē club Blanqui Č), dont Alphonse Esquiros est prŽsident et LÕAccusateur public le journal. Pendant les journŽes de juin, il est lÕun des chefs de lÕinsurrection dans le faubourg Saint-Antoine et, forcŽ de fuir devant les troupes, se rŽfugie chez la mre de Blanqui, prs de la barrire du Tr™ne. Il est lÕun des rŽdacteurs des VeillŽes du peuple, Journal mensuel de la DŽmocratie socialiste, auxquelles Blanqui contribue (novembre 1849 - mars 1850). Il se rŽfugie sans doute ˆ Genve sous le Second Empire. (dÕaprs Jean Risacher et J.-C. Vimont pour le Maitron)

 

Bergeret Jules Henri Marius (1830-1905) : NŽ le 14 juin 1830 ˆ Gap (Hautes-Alpes), mort ˆ New-York en 1905. Jules Bergeret sÕengage en 1850, dans les Voltigeurs de la Garde impŽriale (jusquÕen 1864). En 1864-1865, il gagne sa vie comme placier en librairie, puis devient correcteur dÕimprimerie. Pendant le 1er Sige, Bergeret est capitaine dans la Garde nationale, dont, en mars 1871, il est Žlu au ComitŽ central. Le 18 mars, il rŽcupre, boulevard de Courcelles, les canons enlevŽs ˆ Montmartre. Puis, ˆ la demande du blanquiste FerrŽ, il occupe lՎtat-major de la Garde nationale, o il est chargŽ de lÕorganisation et de la direction de tous les services militaires. Le 22 mars, il fait tirer, aprs sommations, sur les manifestants hostiles ˆ la Commune rue de la Paix. Il est Žlu par le XXe membre de la Commune, le 26 mars. Le 3 avril, avec les gŽnŽraux Eudes et Duval, Bergeret participe ˆ la sortie catastrophique sur Versailles ; Duval, fait prisonnier, est fusillŽ ; Bergeret est destituŽ et compara”t devant la Commune. CondamnŽ ˆ mort par contumace, il rŽussit ˆ gagner (gr‰ce ˆ la complicitŽ de Nadar et via la Belgique et Jersey), Londres, o il fonde un hebdomadaire : Le 18 mars. Tout au long des annŽes 1870, Jules Bergeret fait des va-et-vient entre Londres, New York et Jersey, mais cÕest ˆ New York, quÕil finit sa vie. Au moment de son dŽcs en 1905, il travaille comme veilleur de nuit et mne une existence dÕermite, dans un Žtat proche de la misre. (dÕaprs Michel Cordillot, in Maitron)

 

Bergeron Adam dit Franois-Joseph (1823- ?) * : NŽ le 27 avril 1823 ˆ Lyon, ma”tre tisseur en soie. RŽpublicain en 1848, Adam Bergeron est, en 1862, dŽlŽguŽ ˆ lÕExposition universelle de Londres. PrŽsident de lÕassociation des Ma”tres tisseurs de la Croix-Rousse, il appartient, entre 1865 et 1867, ˆ la premire section lyonnaise de lÕInternationale. Bien que rŽformŽ, Adam Bergeron sert pendant la guerre de 1870 comme sergent-major de la garde nationale de Lyon. Il fait partie de la Commission exŽcutive de la Commune ˆ la mairie de la Guillotire en avril 1871. Ayant rŽussi ˆ fuir, il est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. De Genve, il gagne les ƒtats-Unis, o il passe 2 ans. En 1873, il est un des reprŽsentants officiels de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune ˆ New York. On sait quÕil se fixe en Suisse, vers 1879. Il se peut quÕentre temps il ait sŽjournŽ ˆ Buenos Aires (o un Bergeron dŽployait en mai 1873 une activitŽ pro-blanquiste en accord avec ses camarades new yorkais et europŽens). GraciŽ en mai 1879, Adam Bergeron rentre en France. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Berton Jean-Franois (1835- ?) * Ę : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, 1874 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ en 1835 ˆ Pont-de-Planches (Haute-Sa™ne), cordonnier et marchand de chaussures, Jean-Franois Berton, ami de Sapia, est arrtŽ en 1869 pour une affaire de bombes, mais bŽnŽficie dÕun non-lieu. Durant la Commune, il est garde fŽdŽrŽ et prend part ˆ la surveillance de la prison Sainte-PŽlagie. CondamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, il peut sÕenfuir ˆ Londres, o il trouve un emploi dans une fabrique dÕinstruments de musique pour lÕarmŽe. Il semble trs actif dans les rangs de la proscription. DŽtachŽ du blanquisme, il signe pourtant le manifeste du groupe de la Commune rŽvolutionnaire avec ses anciens camarades en 1874, et, en 1875, il est toujours ˆ la Ē SociŽtŽ des rŽfugiŽs Č. Il fait vraisemblablement partie des fondateurs de lՎcole franaise organisŽe ˆ Londres par les rŽfugiŽs de la Commune et destinŽe aux enfants des proscrits (voir Huguenot). (dÕaprs le Maitron)

 

Bigot Ch. (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3 + voir annexe M). 

 

Bigourdan (?-?) : Ē Aux sŽances du Congrs [ˆ Lige, en 1865_], certains dŽlŽguŽs franais se firent encore [...] par la nettetŽ de leurs dŽclarations franchement athŽistes ou matŽrialistes et leurs professions de foi rŽpublicaines et sociales, notamment Aristide Rey, Albert Regnard, Lafargue, Bigourdan, Jaclard, Žtudiants en mŽdecine, et Germain Casse et Losson, Žtudiants en droit. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11). Le Maitron prŽcise que, lors de lÕouverture de ce congrs, le 29 octobre, les Žtudiants dŽfilant derrire leurs drapeaux nationaux, les dŽlŽguŽs parisiens, en signe de protestation contre lÕEmpire, remplacent le drapeau franais par un crpe noir et cÕest Bigourdan, si lÕon en croit Paul Lafargue, qui le porte. En reprŽsailles, Bigourdan est exclu ˆ vie de lÕUniversitŽ de Paris, en dŽcembre 1865.

 

Blein-Montreinal (?-?) * : RŽfugiŽ de la Commune rŽsidant ˆ New York, proche de la mouvance blanquiste, Blein-Montreinal est membre du comitŽ exŽcutif du groupe communiste-rŽvolutionnaire de New York et lÕun des signataires (avec Baron, Crosse, Hanser, Robinet, Thomas et Wilermain) du manifeste dÕinspiration blanquiste adressŽ en 1876 aux Communards proscrits et autres rŽvolutionnaires [cf. annexe V] (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Boir (?-?) : Argenteur, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D).

 

BoŽtzel AlbŽric (?-?) : Journaliste, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). Le Maitron confirme, en prŽcisant le prŽnom. On peut supposer quÕil sÕagit du frre du suivant.

 

BoŽtzel Julien (?-?) : EmployŽ de  commerce, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). Le Maitron confirme et prŽcise, outre le prŽnom, quÕil Žtait commis-mercier. On peut supposer quÕil sÕagit du frre du prŽcŽdent.

 

Boisset P. (?-?) : RŽfugiŽ ˆ New York, P. Boisset est proche de la mouvance blanquiste. InstallŽ comme fabricant dÕoutil de cordonnerie et affžteur, il est certainement membre de lÕAIT. En dŽcembre 1873, il fait partie du ComitŽ de salut public mis en place pour organiser la lutte des ch™meurs, comitŽ quÕil reprŽsente lors de la rŽunion des militants franais du 21 janvier 1874, aprs les Žmeutes de Tomkins Square. Le 6 dŽcembre 1875, Boisset est le principal instigateur de la parution ˆ New York de La Tribune populaire, organe dÕune association de publicitŽ collective dont le but est Ē dÕassurer ˆ chacun le droit de publier ses opinions politiques et sociales. Č (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Bonin [ou Bonnin ou Bouin] ƒtienne, dit Ē Sans-Culotte Č (c. 1818- ?) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. NŽ vers 1818 ˆ Tours, o il est marchand de charbon. Il semble tre dÕabord communiste icarien, mais se montre permŽable aux influences rŽvolutionnaires. Trs vite en contact avec Blanqui, hospitalisŽ ˆ Tours en 1844, il est lÕun des fondateurs, en mars 1846 de la SociŽtŽ mutuelle de lÕUnion gŽnŽrale (dont Blanqui aurait rŽdigŽ les statuts). SurnommŽ Ē Sans-Culotte Č, il est aussi lÕun des membres de la SociŽtŽ des Fils du Diable, goguette crŽŽe, selon Cabet, pour contrebalancer son influence ˆ Tours. Aprs les Žmeutes des grains ˆ Tours, il est arrtŽ avec Blanqui en novembre 1846 et condamnŽ ˆ 2 mois de prison. (dÕaprŽs Franois Fourn et J. Risacher pour le Maitron) Cf. BŽasse, BŽraud, Lebreton.

 

Boucher F. (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3 + voir annexe M).

 

Bouilly (?-?) * : En 1868, il appartient, avec Sourd et Gois, au groupe blanquiste de Montmartre (dÕaprs le Maitron). Mais sÕagit-il de :

- Bouilly [parfois orthographiŽ Bouillie] Jules Paul Louis : NŽ le 8 dŽcembre 1829 ˆ SŽes (Orne) ; condamnŽ, en dŽcembre 1849, ˆ Alenon, ˆ 20 jours de prison pour rŽbellion. Il sert la Commune ˆ lՎtat-major du gŽnŽral Eudes.

- Bouilly J. (Žtat-civil et signalement inconnus) : CondamnŽ par contumace, le 4 juillet 1873, ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, il est amnistiŽ en 1879.

- ou Bouilly Louis Joseph Auguste : NŽ en 1836 ˆ Lyon (Rh™ne) ; carrossier. Proscrit franais aprs la dŽfaite de la Commune de 1871, il sŽjourne en 1873 ˆ Genve, o il est encore en 1879.

 

Bouis [parfois orthographiŽ Bonis ou Bouisse] Casimir (1843-1916) * : Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). ZŽvas prŽcise quÕun recueil des articles publiŽs en 1870 dans ce journal est paru en 1871 chez Chevalier, intitulŽ La Patrie en danger et prŽfacŽ par Bouis (Blanqui, p. 118). Dans la notice Maitron de Flotte,  il est dit que ce dernier nÕhŽsita pas ˆ revenir des USA, Ē tout comme sans doute Casimir Bouis, autre blanquiste varois Žgalement parti aux ƒtats-Unis Č. NŽ le 3 septembre 1843 ˆ Toulon, dÕun pre nŽgociant en meubles ; mort en octobre 1916 (peut-tre ˆ Toulon). En 1862, il vient ˆ Paris faire son droit, en gagnant sa vie comme clerc dÕhuissier, et frŽquente les milieux dՎtudiants blanquistes, tout en collaborant ˆ LՃgalitŽ de Marseille et ˆ LÕExcommuniŽ de Lyon (avec Regnard, de Ponnat, Verlire et Place). Il semble que Casimir Bouis sÕexile peu aprs aux ƒtats-Unis. Parmi les dŽmocrates avancŽs franais rŽfugiŽs dans ce pays figure, ˆ la fin des annŽes 1860, un Casimir Bouisse, membre de lÕUnion rŽpublicaine de langue franaise, demeurant ˆ Leavenworth (Kansas), en avril 1870. Il y a tout lieu de penser quÕil sÕagit en fait de Casimir Bouis. La disparition de toute mention de son nom dans les colonnes du Bulletin aprs avril 1870 pourrait accrŽditer lÕidŽe de son retour en France, ˆ lÕappel de Blanqui, qui sent venir la chute de lÕEmpire. Durant le Sige, Casimir Bouis sÕengage dans la Garde nationale et Žcrit dans La Patrie en danger. Il donne au Cri du Peuple de Valls des articles virulents. En tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Tentant de gagner la Belgique avec un faux passeport aprs la chute de la Commune, il est arrtŽ, condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe et expŽdiŽ en Nouvelle-CalŽdonie. En 1879,  il est ramenŽ ˆ Port-Vendres, et ds octobre, il accueille Blanqui ˆ Toulon,  lÕaccompagnant ensuite ˆ La Seyne, et Cuers. Lors des lŽgislatives de 1881, Bouis se prŽsente ˆ Toulon. Non Žlu, il abandonne ds lors la politique pour la littŽrature. Il serait mort ˆ Toulon en octobre 1916. ĪUVRES : Calottes et Soutanes, 1870, Librairie internationale (dirigŽ surtout contre les JŽsuites) et Aprs le naufrage, Toulon, 1880 (poŽsies politiques dŽdiŽes ˆ Hugo, qui dŽcrivent les paysages de lÕexil, mais disent aussi la pensŽe blanquiste). (dÕaprs Michel Cordillot, in le Maitron)

 

BoulŽ  [Franois-]FrŽdŽric (1843-1903) : On trouve son nom dans la liste des Ē boulangistes blanquistes Č [Wkpd, Ē Boulangisme Č : cf. annexe Q]. NŽ en 1843 dans la Nivre, Franois-FrŽdŽric BoulŽ est d'abord employŽ comme garde forestier dans son dŽpartement natal, mais entrŽ en conflit avec son administration (qui lui reproche sa proximitŽ avec d'anciens communards), il sÕinstalle ˆ Paris comme tailleur de pierre. Au cours de lՎtŽ 1888, il mne la grande grve des terrassiers parisiens. Pendant ces annŽes de crise du b‰timent (1873-1896), il devient secrŽtaire de la Ē Commission collectiviste des ouvriers sans travail Č, fŽdŽration de 76 groupes et syndicats, adressant des pŽtitions au conseil municipal de Paris et aux dŽputŽs pour demander la journŽe de 8 heures, la suppression du marchandage, la rŽquisition des logements inoccupŽs et la suspension des loyers pendant la durŽe de la crise, ainsi que le lancement de grands travaux publics. En tant que rŽvolutionnaire blanquiste (membre du ComitŽ RŽvolutionnaire Central), il est candidat ˆ plusieurs Žlections lŽgislatives et municipales. En dŽcembre 1888, lors dÕune lŽgislative partielle, BoulŽ est investi candidat Ē vraiment socialiste Č contre le gŽnŽral Boulanger et un radical. Soutenu par Paul Lafargue, il se prŽsente comme le Ē porte-drapeau de la Commune et de la RŽvolution sociale Č, CÕest Boulanger qui est Žlu. Ds lors, BoulŽ adhre au boulangisme, dont il soutient le candidat dans le XIe arrondissement, en 1889. Cet engagement entra”ne son exclusion de la FŽdŽration des chambres syndicales indŽpendantes et du ComitŽ rŽvolutionnaire central en octobre. MalgrŽ des revers politiques et sa marginalisation au sein du mouvement ouvrier, FrŽdŽric BoulŽ poursuit ses activitŽs syndicales, rŽgulirement rŽŽlu jusqu'ˆ la fin du sicle (il est toujours conseiller prud'homme en 1903). [dÕaprs Wkpd]

 

Bourchanin Louis (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste  boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3 + voir annexes N & O).

 

Breton Jules-Louis (1872-1940) : Ē Baudin, ne se reprŽsentant pas dans le Cher, a pour successeur J. L. Breton, qui appartenait Žgalement au ComitŽ RŽvolutionnaire Central, depuis 1892. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 67). NŽ ˆ Courrires (Pas-de-Calais) le 1er avril 1872 ; mort ˆ Bellevue (Seine-et-Oise) le 2 aožt 1940. NŽ dans un milieu aisŽ (son pre, brasseur, est maire de la ville), Jules-Louis Breton fait de bonnes Žtudes, devient ingŽnieur-chimiste et acquiert dans les milieux scientifiques une autoritŽ qui lui ouvrira les portes de lÕInstitut. Il mne de pair travaux scientifiques et action sociale et politique (la loi de 1913 sur les maladies professionnelles porte son nom). ƒtudiant au Collge de France, J.-L. Breton prend contact avec ZŽvas et ils crŽent ensemble le groupe des ƒtudiants socialistes rŽvolutionnaires internationalistes de Paris. En 1892, Breton fonde une revue mensuelle, Le Drapeau rouge. Rapidement, il adhre au ComitŽ RŽvolutionnaire Central, dŽlaissant le groupe des ƒtudiants socialistes rŽvolutionnaires (qui deviendra anarchiste). CÕest comme disciple de Vaillant que Breton entre dans le mouvement socialiste et mne avec succs sa 1re campagne Žlectorale dans le Cher. En dŽcembre 1893, il est condamnŽ pour un article publiŽ dans le Parti socialiste, hebdomadaire du CRC dont il est devenu le secrŽtaire de rŽdaction. Dans la prison de Clairvaux (1894), il fait la connaissance de lÕanarchiste Jean Grave. Il en est tirŽ par lÕamnistie du 1er fŽvrier 1895, ˆ la suite de lՎlection de FŽlix Faure ˆ la prŽsidence de la RŽpublique. En 1897, il fonde et dirige la Revue scientifique et industrielle o, dit Jaurs, Ē la passion technique de la science sÕallie ˆ la pensŽe communiste la plus hardie Č. En 1898, J.-L. Breton est Žlu dŽputŽ (CRC) de Vierzon. Exclu du PSR (parti ayant succŽdŽ en 1989 au CRC [cf. annexe P]) en 1901, il constitue une fŽdŽration autonome qui rallie le Parti Socialiste Franais de Jaurs. CÕest sous cette Žtiquette quÕil est rŽŽlu en 1902, puis en 1906. En 1910, il est encore rŽŽlu, comme SFIO. Il est alors secrŽtaire de la Chambre. Le 13 novembre 1910, Breton, exclu du Parti socialiste, adhre au Parti rŽpublicain-socialiste, et rŽŽlu en 1914. En juillet de la mme annŽe, il refuse le ministre du Travail que lui propose Ribot. SpŽcialiste des chars dÕassaut et membre, depuis septembre 1914, de la commission supŽrieure des inventions concernant la dŽfense nationale, il est sous-secrŽtaire dՃtat (dŽcembre 1916 - septembre 1917), responsable des Ē inventions intŽressant la dŽfense nationale Č. Il dirigera lÕOffice national des recherches scientifiques et industrielles et des inventions jusquÕen 1938. En 1920, il est appelŽ ˆ lÕAcadŽmie des Sciences. (dÕaprs J. R., in Maitron + ZŽvas, p. 102)

 

BreuillŽ Alfred Franois (1847-1929) : ƒtudiant qui devient blanquiste par lÕintermŽdiaire de Rigault (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16), il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). ArrtŽ en 1867 et condamnŽ ˆ 15 jours de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle  (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 29 + annexe E). Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 + annexe F). Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Participe ˆ la crŽation et ˆ la rŽdaction du journal Ni Dieu ni Ma”tre que Blanqui crŽe en juin 1879, ds sa sortie de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 56 + annexe L). Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexe N). NŽ ˆ Paris, le 22 fŽvrier 1847 et mort le 29 janvier 1929 dans cette mme ville, Alfred BreuillŽ (connu aussi sous le pseudonyme de Ē Pinson Č), dŽbute comme correcteur dÕimprimerie et collabore ˆ de nombreux journaux : le DŽmocrite,  La Marseillaise, La Libre pensŽe, Le Journal du peuple, L'Homme libre, Le Cri du peuple (de Valls), La Nouvelle RŽpublique, LÕAffranchi et aux journaux blanquistes La Patrie en danger, Ni Dieu ni Ma”tre. Il est conseiller municipal du quartier Goutte-dÕor (18e) de 1893 ˆ 1900 [dÕaprs le Ma”tron].

 

Brideau Gabriel Marie (1844-1875) * : ƒtudiant en droit en 1865 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16), il est emprisonnŽ, comme Granger, suite ˆ une manifestation en janvier 1865, rue des Amandiers (cf. annexe B) et amne vers le blanquisme plusieurs de ses camarades (Kellermann, Alphonse Humbert, BreuillŽ, Jeunesse, Charles Da Costa, LavallŽe). Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 + annexe F). Il est parmi les militants blanquistes qui dŽfendent Ē la nŽcessitŽ dÕinstaller rŽvolutionnairement la commune rŽvolutionnaire Č, ds le 30 dŽcembre (In La Commune de Paris, RŽvolution et contre-rŽvolution ˆ Paris en 1870-1871 ; cf. annexe G). NŽ ˆ Mortagne (Orne) en janvier 1844 et mort ˆ Londres en 1875, Gabriel Brideau est le fils dÕun notaire trs estimŽ, conseiller municipal de Mortagne. Lui-mme fait ses Žtudes au collge de cette ville, puis ˆ celui de Caen (o Valls est surveillant). Graveur et devenu parisien, il rend visite ˆ son ancien pion. Brideau est, avec Eudes, gŽrant de la Libre PensŽe en 1866. Au dŽbut de la guerre, il prend une part active, aux c™tŽs dÕEudes, dans lÕaffaire des pompiers de la Villette. CondamnŽs ˆ mort, le 29 aožt, Eudes et lui sont dŽlivrŽs le 4 septembre par la proclamation de la RŽpublique. En tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Sous la Commune, Brideau devient commissaire de police, attachŽ spŽcialement au cabinet de Rigault. CondamnŽ ˆ mort par contumace, en fŽvrier 1872,  il se rŽfugie ˆ Londres, o il meurt en 1875. (dÕaprs le Maitron)

 

Brossard AndrŽ (1842-?) * : NŽ en 1842, combattant de la Commune de Paris, AndrŽ Brossard est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Est-il le Brossard domiciliŽ ˆ Paris et membre du club dŽmocrate socialiste (pro-blanquiste) du XIIIe, qui adhre ˆ lÕInternationale en novembre 1870 ? Son action ultŽrieure tend ˆ le laisser croire. RŽfugiŽ ˆ New York, AndrŽ Brossard se lie ˆ la mouvance blanquiste qui domine les sections francophones de lÕAIT. Au dŽbut de lÕannŽe 1877, il dŽcide dÕaller sÕinstaller en Icarie avec son Žpouse et leurs enfants (cf. Arsne Sauva). Revenu ˆ New York, AndrŽ Brossard est, en dŽcembre 1877, lÕun des 54 communistes et rŽfugiŽs franais signataires du texte Ē Aux membres de la CommunautŽ icarienne Č, dans lequel ils prennent la dŽfense de la majoritŽ. LÕannŽe suivante, il collabore au lancement du journal blanquiste La Centralisation, tout en Žtant actif au sein de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune. Sa trace se perd aprs 1878 : peut-tre rentre-t-il en France aprs lÕamnistie de 1880 ? (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Brunel Magloire Paul-Antoine (1830-1904) * : NŽ ˆ Chalmoux (Sa™ne-et-Loire) le 12 mars 1830 et mort ˆ Saint-Denis le 5 mars 1904. Sous-lieutenant dans les Chasseurs, il dŽmissionne de l'armŽe impŽriale en juillet 1864. Pendant le sige de Paris, il prend part au soulvement blanquiste du 31 octobre 1870, contre le gouvernement de la DŽfense nationale. Le 26 janvier 1871, ˆ l'annonce de l'armistice, il tente de s'emparer des forts de l'Est parisien ; arrtŽ, il est condamnŽ ˆ la prison, mais libŽrŽ le 26 fŽvrier par la Garde nationale. Le 18 mars, il s'empare de la caserne Prince-Eugne et le 24 mars, il dirige l'attaque contre la Mairie du 1er, avec Lisbonne et Protot. Le mme jour, il est nommŽ gŽnŽral de la Commune (avec Eudes et Duval). Le VIIe l'Žlit au Conseil de la Commune. Il est chargŽ de la difficile rŽorganisation de la dŽfense du fort d'Issy. (Wkpd). Il reste essentiellement un militaire et, commandant le fort dÕIssy, il proteste contre la situation quÕon lui a laissŽe et demande ˆ tre incarcŽrŽ et jugŽ ; Rigault le prend au mot. Il est mis au secret ˆ Mazas sous lÕinculpation dÕavoir abandonnŽ son poste ; mais, libŽrŽ le 21 ou 22 mai, il participe activement ˆ la dŽfense de Paris et est grivement blessŽ. Il rŽussit ˆ sÕenfuir ˆ Londres, et devient professeur ˆ lՃcole navale de Darmouth. Par contumace, il a ŽtŽ condamnŽ ˆ mort en octobre 1871. Il rentre en France aprs lÕamnistie. (dÕaprs le Maitron) 

 

Calavaz [Callavaz] Arthur (?-?) : ƒtudiant en droit, dŽsignŽ pour aller reprŽsenter avec Protot les blanquistes au Congrs de lÕInternationale ˆ Genve en septembre 1866, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot et ses camarades qui ont participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police et il est condamnŽ ˆ 6 mois de prison et 100 F d'amende. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 17 ˆ 24 + annexe D). Information confirmŽe par le Maitron, qui prŽcise quÕil Žtait originaire dÕAlexandrie (ƒgypte).

 

Caria (?-?) * : Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). Il fait partie des militants blanquistes qui, ds le 30 dŽcembre 1870, dŽfendent la Ē nŽcessitŽ dÕinstaller rŽvolutionnairement la commune rŽvolutionnaire Č (cf. annexe G). Mais sÕagit-il de Franois Caria, le pre (nŽ en 1814 dans lÕAisne) ; ou son fils a”nŽ LŽopold (nŽ en 1841) ou son second fils LŽon Octave (nŽ en 1852) ? Ou encore de Caria (ou Carrias) Jean, nŽ en 1838 dans la Creuse, maon ? Ń tous ont participŽ ˆ la Commune  (dÕaprs le Maitron).

 

CarnŽ (?-?) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č,  Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + Maitron + annexe K).

 

Caron (?-1895?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR +  Le Gaulois, 20 avril 1898, p. 2 + voir annexes N & O). SÕagit-il de Caron Charles ? NŽ en France (date inconnue), mort le 6 juillet 1895 ˆ San Pedro Sulas (Honduras), membre du Club international et rŽpublicain (1871), puis co-fondateur de la section franaise de lÕAIT ˆ La Nouvelle-OrlŽans, crŽateur du journal La Commune (1871-1873), socialiste nŽo-fouriŽriste, il tente de fonder une colonie socialiste agricole au Honduras aprs 1875. On ignore o il est nŽ, mais, dans un des articles de La Commune, il fait rŽfŽrence de manire assez prŽcise aux ŽvŽnements survenus ˆ Rouen le 23 avril 1848. Or, lÕun des ouvriers condamnŽs pour Žmeute ˆ cette occasion est FŽlix Caron, 44 ans, peintre, ancien conseiller municipal de Rouen (qui est de nouveau condamnŽ au bannissement au lendemain du coup dՃtat du 2 dŽcembre 1851). Il est donc tentant dÕimaginer quÕil y a un lien de parentŽ, mais cela nÕa pas pu tre vŽrifiŽ. On sait seulement que Caron sÕinstalle ˆ La Nouvelle-OrlŽans avant la guerre de SŽcession, car la premire mention retrouvŽe de son nom figure dans lÕannuaire de la ville pour lÕannŽe 1861, o il est dŽsignŽ comme Žtant le ma”tre dÕune Žcole privŽe situŽe rue Dauphine. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron) 

 

Carrier H. (?-?) : Combattant de la Commune rŽfugiŽ ˆ New York, proche de la mouvance blanquiste, H. Carrier assiste le 30 mars 1876 ˆ la rŽunion de proscrits de la Commune ˆ HuschÕs Hall, o se dŽcide lÕexclusion des frres ƒlie et Gustave May (voir ces noms). H. Carrier figure aussi parmi les 54 signataires de la lettre de soutien adressŽe en dŽcembre 1877 par les communistes new-yorkais aux membres de la communautŽ icarienne (cf. Arsne Sauva et Joseph Olivier). En 1886, H. Carrier est toujours ˆ New York et La Torpille est en vente ˆ son domicile. En 1887, il est membre du comitŽ dÕorganisation du meeting de commŽmoration du 18 mars, au cours duquel on peut entendre Lucy Parsons (lՎpouse du dirigeant anarchiste alors emprisonnŽ ˆ Chicago) et le socialiste franco-amŽricain ƒdouard David (voir ce nom). (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Cazavan [ou Casavan] BarthŽlŽmy (?-?) : CÕest avec lui que Blanqui tente une Žvasion (manquŽe) depuis la prison de Belle-ėle-en-Mer, le 5 avril 1853 [cf. notice Ē Blanqui Č du Maitron]. Au printemps 1864, un Ē Casavan Č visite Blanqui ˆ H™pital Necker, et fait partie de lՎquipe qui organise son Žvasion, le dimanche 27 aožt [DaCosta, Les Blanquistes, p. 9] : sÕagit-il du mme ? DÕaprs le Maitron [notice Ē Casse Germain Č], il appartient, ds le dŽbut de 1864,  Ē au noyau blanquiste, "embryon du Parti" Č, avec ClŽray, Dubois, Granger, Jaclard, les frres Levraud, Losson, Marchand, Protot, Regnard, Tou‰tre, Tridon, Vaissier, Viette, Villeneuve, Longuet, et le baron de Ponnat  [voir ces noms]. Il y est considŽrŽ comme un Ē ancien Č.

 

Casse Germain (1837-1900) *Ę : Ē Aux sŽances du Congrs [de Lige, en 1865_], certains dŽlŽguŽs franais se firent encore remarquer par la nettetŽ de leurs dŽclarations franchement athŽistes ou matŽrialistes et leurs professions de foi rŽpublicaines et sociales, notamment Aristide Rey, Albert Regnard, Lafargue, Bigourdan, Jaclard, Žtudiants en mŽdecine, et Germain Casse et Losson, Žtudiants en droit Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11). NŽ le 22 (ou 23) septembre 1837 ˆ Pointe-ˆ-Pitre (Guadeloupe) [7], fils dÕun artisan dÕAgen qui a fait fortune aux Antilles, Germain Casse frŽquente une Žcole religieuse dans le Tarn jusquÕen 1857, puis commence des Žtudes de droit ˆ Toulouse, avant de monter ˆ Paris dŽbut 1860. Il prend alors une part active ˆ la lutte contre lÕEmpire. Blanquiste, il collabore ˆ la presse dÕopposition (La Jeune France, La Jeunesse), fonde en 1861 Le Travail [8], attaque la religion  et adhre ˆ lÕInternationale. Au dŽbut de 1864, il appartient au noyau blanquiste, Ē embryon du Parti Č avec ClŽray, Dubois, Granger, Jaclard, les frres Levraud, Losson, Marchand, Protot, Regnard, Tou‰tre, Tridon, Vaissier, Viette, Villeneuve, Longuet, Cazavan et le baron de Ponnat [voir ces noms]. CondamnŽ, en mai 1862, ˆ un an de prison pour publication dÕun journal sans cautionnement, il se rŽfugie ˆ Bruxelles jusquÕen fŽvrier 1864. Lˆ, il fait la connaissance des principaux chefs de lÕInternationale et dÕexilŽs de toutes nations. En 1865, il assiste au Congrs international des Žtudiants ˆ Lige, arborant le drapeau noir et insultant (dÕaprs la police) le consul de France : Casse est alors exclu dŽfinitivement des FacultŽs parisiennes. En 1868 (ou 1869), Germain Casse Žpouse une sĻur dՃlisŽe Reclus. En juillet 1870, il signe le manifeste contre la guerre adressŽ aux travailleurs de tous pays. ƒcrouŽ ˆ la prison de Beauvais, il en est libŽrŽ le 5 septembre. Durant le Sige, Germain Casse commande un bataillon de la Garde nationale et sÕenr™le comme soldat dans le bataillon de marche de Cournet. Pendant la Commune, il est attachŽ ˆ Paschal Grousset, dŽlŽguŽ aux Relations extŽrieures. Aprs lՎchec de la Commune, il semble que Germain Casse ne soit pas inquiŽtŽ. Ds octobre 1873, il est Žlu dŽputŽ de la Guadeloupe (Extrme-gauche) ; rŽŽlu, dans le XIVe arr. de Paris, en fŽvrier 1876 (Extrme-gauche), puis encore en 1877 (Gauche radicale), 1881 (Gauche radicale) et 1885 (Union rŽpublicaine). NommŽ gouverneur de la Martinique, il est ensuite trŽsorier-payeur gŽnŽral de la Guadeloupe. En mars 1894, il revient en France occuper les mmes fonctions ˆ Avignon, o il meurt le 9 dŽcembre 1900. (dÕaprs le Maitron & Wkpd) 

 

Caumette (?-?) : Compositeur  d'imprimerie, arrtŽ et condamnŽ en juin 1861 avec Blanqui (affaire de la rue du Figuier) (DaCosta, Les Blanquistes, p. 7 + annexe A).

 

Chardon Jean-Baptiste (1839-1900) * : Appara”t dans lÕHistoire Socialiste de Jaurs, au titre des Žlus blanquistes au ComitŽ Central des 20 arrondissements, le 26 mars 1871. (HS XI, 308 [Louis Dubreuilh]). NŽ le 19 juillet 1839 ˆ Souvigny (Allier), mort ˆ Vierzon (Cher) en 1900. Jean-Baptiste Chardon fait un apprentissage de chaudronnier ˆ Vierzon, puis, en 1862, vient travailler aux ateliers du chemin de fer dÕOrlŽans ˆ la gare dÕIvry. Trs vite, il se fait remarquer comme orateur dans les rŽunions publiques. Le 1er mars 1870, il est rŽvoquŽ de son emploi ˆ la compagnie dÕOrlŽans, Ē pour absences prolongŽes Č, mais surtout parce quÕil manifeste Ē les idŽes politiques les plus rŽvolutionnaires Č. Sous le gouvernement de DŽfense nationale, il est Žlu capitaine dÕun bataillon de la Garde nationale. Lors de la journŽe du 31 octobre 1870, il tente dÕentra”ner son bataillon ˆ marcher sur lÕH™tel de Ville. Il est un des fondateurs du Club dŽmocrate socialiste du XIIIe qui adhre ˆ lÕInternationale en novembre 1870. Blanquiste, Chardon est au nombre des signataires de lÕAffiche rouge (cf. annexe I). ƒlu le 26 mars membre de la Commune par le XIIIe, il fait partie de la commission de la Guerre et vote pour le ComitŽ de salut public. CondamnŽ, par contumace, ˆ la peine de mort, Jean-Baptiste Chardon a pu passer en Suisse gr‰ce ˆ la complicitŽ du mŽcanicien et du chauffeur du train de Genve. Lˆ, il appartient ˆ la Section de propagande et dÕaction rŽvolutionnaire socialiste, crŽŽe par des proscrits franais. Ouvrier dՎlite, Jean-Baptiste Chardon ne tarde pas ˆ se faire remarquer par une grosse sociŽtŽ genevoise de construction qui lÕenvoie en ƒgypte, puis ˆ La Havane et ˆ Ha•ti, installer des machines ˆ glace. Il reste ˆ Port-au-Prince, o il ouvre un restaurant et fait fortune. Jean-Baptiste Chardon revient en France en 1900, se retirant ˆ Vierzon o il meurt. (dÕaprs le Maitron) 

 

Charnier Henri (?-?) : Ds la fin des annŽes 1860, Henri Charnier est installŽ comme tailleur ˆ New York. Membre de lÕUnion rŽpublicaine de langue franaise, il est Žlu, fin 1869, secrŽtaire de la section n” 2 de New York, qui publie le Bulletin de lÕUnion rŽpublicaine. Membre de lÕAIT, Charnier en est aussi Žlu secrŽtaire. Il figure parmi les signataires franais du 1er document commun rŽdigŽ par les sections 1 (allemande) et 2 (franaise) de lÕAIT aux ƒtats-Unis. Actif dans la campagne pour les huit heures, proche de la mouvance blanquiste de la proscription, Charnier dŽpose, avec Arsne Sauva, au Messager franco-amŽricain une protestation du Club des travailleurs de langue franaise au lendemain de lՎmeute de Tompkins square (13 janvier 1874). (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Chauvire Emmanuel (1850-1910) *Ę : Ē On organisait des plerinages au cimetire Montmartre sur la tombe de Baudin o l'on allait dŽposer des couronnes et prononcer de violents discours dirigŽs contre l'Empire. C'est dans une de ces manifestations [le 3 dŽcembre 1868] que l'on va trouver pour la premire fois un inconnu qui, par la suite, jouera un certain r™le dans le Parti blanquiste, Chauvire, alors tout jeune [18 ans] et modeste employŽ dans un bazar. ArrtŽ avec plusieurs autres, il est condamnŽ ˆ quinze jours de prison, en compagnie de Kellermann, un blanquiste que nous avons dŽjˆ vu dans l'affaire de la Renaissance, qui ne manquera pas d'endoctriner le jeune Chauvire et de le prŽsenter aux camarades ˆ leur sortie de prison. C'est ainsi que Chauvire fait la connaissance des blanquistes et que naturellement il viendra les retrouver au ComitŽ RŽvolutionnaire Central, aprs l'amnistie de 1880. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 30). Aprs 1884, il est Žlu au Conseil municipal de Javel (15e). (DaCosta, idem, p. 59). Il prend la parole lors des obsques dÕEudes, le 8 aožt 1888 (cf. DaCosta, idem, p. 63). ƒlu en 1893 et en 1898 dans le XVe sous lՎtiquette blanquiste (CRC) (DaCosta, idem, p. 67-68). NŽ le 3 aožt (ou le 13 avril ?) 1850 ˆ Gand (en Belgique, de parents franais, mais il vit ˆ Paris ds son enfance) ; mort le 2 juin 1910 ˆ Paris. Emmanuel Chauvire travaille comme comptable, puis correcteur au Journal officiel. En mars 1869, Emmanuel Chauvire est condamnŽ ˆ 6 mois de prison pour Ē excitation ˆ la haine des citoyens les uns contre les autres Č. En 1870, il renouvelle (2 mois de prison) pour contravention ˆ la loi sur les rŽunions publiques. En juillet 1870, Chauvire, membre de lÕA.I.T., signe le manifeste contre la guerre adressŽ aux travailleurs de tous pays. En tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il signe lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Pendant le 1er Sige, Chauvire est sergent-major aux Francs-Tireurs de la Seine ; il est fait prisonnier le 4 avril au plateau de Ch‰tillon et condamnŽ ˆ 5 ans de prison. LibŽrŽ, Chauvire passe en Belgique, o il vit de son mŽtier jusquՈ lÕamnistie de 1880 qui lui permet de rentrer ˆ Paris. Il y crŽe lÕassociation Ē Les Chevaliers du Travail Č dont il est le premier Grand Ma”tre, dans le dessein de fonder une franc-maonnerie ouvrire. Il est un des premiers ˆ rejoindre le ComitŽ RŽvolutionnaire Central et devient un familier et un compagnon de lutte de Vaillant [cf. annexe M]. AdhŽrant ˆ la Ligue pour la suppression de lÕarmŽe permanente, il participe en dŽcembre 1887 aux manifestations populaires dÕhostilitŽ contre Jules Ferry, candidat ˆ la prŽsidence de la RŽpublique. Lorsque le CRC se scinde en deux fractions, il suit Vaillant dans la lutte antiboulangiste [cf. annexe N].  Lorsque cette fraction, bient™t seule hŽritire du blanquisme, se constitue en Parti Socialiste RŽvolutionnaire, en juillet 1898, il remporte sous son Žtiquette plusieurs succs Žlectoraux. DŽputŽ du XVe en 1893, il est rŽŽlu en 1896, 1898, 1902, 1906 et 1910 (SFIO). ƒlu dÕun quartier populaire, il maintient avec ses mandants un contact Žtroit : ses Žlecteurs peuvent venir chez lui tous les mercredis. Avec lÕaide de sa femme, il dote sa circonscription dÕun rŽseau dÕĻuvres antituberculeuses. AffectŽ par la mort de son Žpouse, Žtroitement associŽe ˆ sa vie militante, surmenŽ par sa campagne Žlectorale, Emmanuel Chauvire ne survit que de quelques semaines ˆ sa rŽŽlection de 1910. (dÕaprs le Maitron) ZŽvas, citant un article de lui paru dans la Revue socialiste sur Ē Le comitŽ rŽvolutionnaire central Č en mai 1887, le considre comme un des Ē disciples immŽdiats de Blanqui Č (p. 140), avec Eudes.

 

Chouteau Henri (1834-1896) *Ę : Peintre-vitrier, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). NŽ ˆ Paris le 16 fŽvrier 1834, peintre en b‰timent, Henri Chouteau est condamnŽ, en fŽvrier 1852, pour colportage dՎcrits subversifs. En 1867, cÕest tant™t chez lui, tant™t chez Las, que se tiennent les rŽunions au cours desquelles sont ŽlaborŽs les statuts du groupe Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. Ces statuts sont enfouis dans sa cave, mais aisŽment dŽcouverts par la police gr‰ce ˆ lÕindicateur Godichet. Sont arrtŽs avec lui : Acollas, Adel, Genouille, Godichet, Goraud, Hayot, Hermann, Las, Meili, Naquet et Verlire [cf. ces noms]. Chouteau est condamnŽ ˆ 15 mois de prison. Il reprŽsente le VIe au sein du ComitŽ central de la Garde nationale. En septembre 1870, il entre au ComitŽ central rŽpublicain provisoire des 20 arrondissements de Paris. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, mais il a pu gagner Londres o il est un des dirigeants de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune, appartenant aussi ˆ la section fŽdŽraliste franaise de 1871 et ˆ la loge maonnique rŽvolutionnaire Ē la FŽdŽration Č fondŽe par VŽsinier en mai 1872. (dÕaprs le Maitron) 

 

Christenert Constant (c. 1836-1876) : NŽ en Suisse vers 1836, mort ˆ New York (USA) vers le 10 fŽvrier 1876. Dans la fin des annŽes 1860, Constant Christenert tient ˆ New York le CafŽ-restaurant international (billard, pension franaise, restaurant, vins et liqueurs), sur Grand Street. Membre-fondateur de lÕUnion rŽpublicaine de langue franaise (URLF) ˆ New York, Constant Christenert est prŽsident de sa section n” 1. Ė lÕautomne 1870, avec le ComitŽ de dŽfense nationale, il travaille ˆ organiser le dŽpart de volontaires vers la France envahie. DŽbut avril, alors que le dŽbat sÕamplifie au sein de lÕURLF, il est lÕun des signataires dÕun communiquŽ prenant clairement fait et cause pour la Commune. Ds la fondation de lÕAIT aux ƒtats-Unis, Constant Christenert y adhre. Membre de la commission de contr™le du Socialiste, il est lÕun des signataires de lÕappel ˆ la manifestation de solidaritŽ avec les communards vaincus, ˆ lÕoccasion de lÕexŽcution de FerrŽ, Bourgeois et Rossel. Co-organisateur de la souscription au profit des veuves et des orphelins des combattants de la Commune, il y contribue gŽnŽreusement, mais il dŽmissionne de ses responsabilitŽs pour protester contre le choix de Gustave May comme trŽsorier national (cf. ce nom).
SՎtant rapprochŽ de la mouvance blanquiste, Constant Christenert prend activement part au mouvement des ch™meurs de lÕhiver 1873-74, et au lendemain de lՎchauffourŽe de Tompkins square (13 janvier 1874), il se rend au poste de police pour demander la libŽration de plusieurs militants arrtŽs. Malade, Christenert meurt vers le 10 fŽvrier 1876.
(dÕaprs Michel Cordillot et Hubert Perrier pour le Maitron)

 

ClŽment Jean[-Baptiste ?] (1836-1903) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č de 1874 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Sans doute sÕagit-il de Jean-Baptiste ClŽment, nŽ ˆ Boulogne-sur-Seine, le 31 mai 1836 et mort ˆ Paris, le 23 fŽvrier 1903. Jean-Baptiste ClŽment est le parolier de la cŽlbre chanson Le temps des cerises, nŽe ˆ Bruxelles de sa rencontre avec Antoine Renard, ancien ouvrier fondeur, devenu chansonnier, ralliŽ ˆ lÕopposition ouverte ˆ NapolŽon III. En mars 1870, il retourne ˆ Bruxelles quelques semaines, pour Žchapper ˆ une peine de prison. Aprs avoir participŽ ˆ la Commune de Paris, Jean-Baptiste ClŽment gagne Londres o il vit en exil. Quant il en repart en aožt 1879, il revient ˆ Bruxelles o il frŽquente diverses associations, dont le Cercle dŽmocratique, le Cercle des Žtudes sociales dÕEmmanuel Chauvire (avec qui il a ŽtŽ incarcŽrŽ ˆ la prison de Sainte-PŽlagie en 1870). SurveillŽ par la police, Jean-Baptiste ClŽment quitte la Belgique au mois dÕoctobre 1879 et parcourt la France comme propagandiste, proche de Paul Brousse dans un premier temps, puis de la FŽdŽration des travailleurs socialistes allemanistes. Il se fixe en 1888 dans les Ardennes dont il devient le principal dirigeant socialiste. (dÕaprs le Maitron).

 

ClŽray (?-?) : DÕaprs le Maitron (notice de Germain Casse), il appartient, ds le dŽbut de 1864,  Ē au noyau blanquiste, "embryon du Parti" Č (avec Dubois, Granger, Jaclard, les frres Levraud, Losson, Marchand, Protot, Regnard, Tou‰tre, Tridon, Vaissier, Viette, Villeneuve, Longuet, Cazavan et le baron de Ponnat [voir ces noms].

 

Collet Mathurin [Collot Mathurin, dit] (c. 1794-?) : NŽ vers 1794 ˆ Nantes (Loire-InfŽrieure). Relieur, il est enfermŽ ˆ La Force pour association illicite en juin 1836 (sans doute la SociŽtŽ des Familles). Son nom figurant dans les listes saisies sur Lamieussens, il est inculpŽ au procs des poudres. Collet est, avec Fombertaux, lÕun des rŽdacteurs du Moniteur RŽpublicain et de LÕHomme libre en 1837 et 1838. En 1840, Collet est connu comme lÕun des plus vieux communistes du Faubourg Saint-Marceau. En 1841, il crŽe, avec Le Goff et Fombertaux, Le Communautaire. En fŽvrier 1848, il participe ˆ lÕenvahissement de lÕH™tel-de-Ville. Le soir du 25 fŽvrier, il assiste ˆ la premire rŽunion donnŽe par Blanqui au Prado et devient membre de la SociŽtŽ rŽpublicaine centrale. Il semble avoir ŽtŽ liŽ ˆ Lacambre. Mais Collet se serait ensuite rapprochŽ de Barbs. (dÕaprs M. Cordillot, J. Grandjonc, Ph. RŽgnier et J. Risacher, pour le Maitron)

 

Cournet FrŽdŽric (1837-1885) * : Communard rŽfugiŽ ˆ Londres, il signe la protestation de septembre 1872 (quelques jours aprs le Congrs de l'Internationale tenu ˆ La Haye), contre la dŽcision des marxistes de transfŽrer de Londres ˆ New-York le sige du conseil gŽnŽral de l'Internationale. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-43 + annexe J). Il est Žlu commandant de bataillons dans un quartier ouvrier parisien aprs le 4 septembre (cf. DaCosta, Idem, p. 35). Il participe, en juin 1879, ˆ la crŽation et ˆ la rŽdaction du journal Ni Dieu ni Ma”tre de Blanqui. (DaCosta, Idem, p. 56 + annexe L). Aprs la mort de Blanqui, il participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881 (DaCosta, Idem, p. 57 + annexe M). NŽ le 25 (ou le 29 ?) dŽcembre 1839 ˆ Paris (ou ˆ Lorient ?), mort le 23 mai 1885,  il est le fils dÕun combattant de 1848, reprŽsentant montagnard ˆ la LŽgislative et rŽsistant au coup dՃtat du 2 dŽcembre 1851. Ds 1863-1864, Cournet Žcrit dans de petits journaux du Quartier Latin. Il est tour ˆ tour voyageur de commerce, employŽ de chemin de fer, directeur du casino dÕArcachon. De 1866 ˆ 1868, il navigue sur un paquebot de la Transatlantique, avec les fonctions de commissaire de bord, entre les Antilles et lÕAmŽrique du Sud. De retour, il est arrtŽ en 1868 pour avoir discouru sur la tombe de Baudin et reste plus de 2 mois ˆ Mazas. Il organise lÕenterrement de Victor Noir, est arrtŽ le 8 fŽvrier 1870, impliquŽ dans le procs de Blois fin juillet, et accusŽ dÕavoir poussŽ au meurtre de lÕempereur. Il collabore au RŽveil de Delescluze, ainsi quÕau RŽveil du Peuple (avril-mai 1871) qui lui fait suite. Aprs le 4 septembre, il est Žlu commandant dÕun des bataillons de Montmartre et paye de sa personne ˆ Drancy et ˆ Bondy, mais est cassŽ de son grade aprs la tentative insurrectionnelle du 31 octobre. ƒlu membre de la Commune dans le XIXe, il fait partie de la Commission de SžretŽ gŽnŽrale. DŽlŽguŽ ˆ la SžretŽ en remplacement de Rigault, il est remplacŽ par FerrŽ le 13 mai. Il vote pour le ComitŽ de Salut public. Le 26 mai, avec Varlin et quelques autres, il sÕefforce, en vain, dÕempcher le massacre des otages. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la peine de mort. RŽfugiŽ dÕabord ˆ Londres, Cournet fait partie du conseil gŽnŽral de lÕInternationale ˆ partir du 21 novembre 1871 et est co-signataire de la 3e Ždition de la Guerre civile en France, le pamphlet de Marx. DŽlŽguŽ au congrs de La Haye (septembre 1872), il prŽside un moment, mais, mŽcontent du vote sur le transfert du Conseil gŽnŽral ˆ New York, le quitte avant la fin, avec ses camarades blanquistes Arnaud, Ranvier et Vaillant, et signe avec eux la brochure Internationale et RŽvolution. En juin 1874, il figure parmi les signataires du texte blanquiste Aux Communeux publiŽe ˆ Londres [cf. annexe K]. Puis, en septembre, il se rend en Suisse. Il est encore ˆ Genve les annŽes suivantes, aidant Rochefort ˆ faire para”tre La Lanterne. RentrŽ ˆ Paris en juillet 1880, il collabore ˆ LÕIntransigeant (Rochefort). En dŽcembre 1880, Cournet donne des articles au journal blanquiste Ni Dieu ni Ma”tre. En janvier 1881, il est candidat aux municipales dans le quartier Saint-Gervais (IVe) et ˆ la SantŽ (XIVe). Quelques mois plus tard, il reprŽsente le ComitŽ RŽvolutionnaire Central aux lŽgislatives dans le XVe. Cournet meurt en 1885 et est enterrŽ le 25 mai au Pre-Lachaise. 4 000 ˆ 6 000 personnes, selon les estimations de la police, participent ˆ la cŽrŽmonie. Derrire le cercueil sont groupŽs les principaux rŽdacteurs de lÕIntransigeant, du Cri du Peuple, du Radical, de la Bataille et plusieurs drapeaux rouges et le drapeau noir des anarchistes du XXe sont dŽployŽs dans le cimetire. Une bagarre se dŽclenche ˆ la sortie du cimetire entre la police et les anarchistes. (dÕaprs le Maitron).

 

Coutant Jules, dit Coutant d'Ivry (1854-1913) : ƒlu en 1893, ˆ Ivry, comme membre du Parti ouvrier, il avait adhŽrŽ, dans le cours de la lŽgislature, au ComitŽ RŽvolutionnaire Central. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 67). le 21 (ou le 24) mai 1854 ˆ Troyes (Aube), mort le 30 aožt 1913 ˆ Arpajon-sur-Cre (Cantal). Fils dÕun peintre, Jules Coutant vient habiter avec sa famille en 1869 dans le quartier dÕIvry-Port et travaille trs t™t, comme tourneur, dans de petites entreprises dÕo il est souvent congŽdiŽ pour activitŽ syndicale. Il a sans doute fait un Ē tour de France Č ˆ lՉge de 16 ans. Il trouve de lÕembauche ˆ Five-Lilles (Nord), ˆ Saint-ƒtienne et ˆ Saint-Chamond (Loire). Aprs son service militaire, il est ouvrier chez diffŽrents employeurs, dont Edison et la cartoucherie de Vincennes. Pionnier du mouvement socialiste dans la banlieue sud, le dŽputŽ socialiste Jules Joffrin le charge de la propagande. Jules Coutant adhre dÕabord au Parti ouvrier socialiste rŽvolutionnaire (POSR), au nom duquel il est Žlu dŽputŽ ˆ Sceaux en 1893. Il ne quitte plus le Palais-Bourbon o il multiplie les interventions et les propositions en faveur des travailleurs salariŽs et de lÕamnistie. En 1895, Jules Coutant passe au blanquisme en adhŽrant au CRC [cf. annexe M]. En 1898, il est rŽŽlu au 1er tour, sous lՎtiquette du Parti socialiste rŽvolutionnaire (PSR) [cf. annexe P]. En 1905, au congrs dÕunitŽ, il adhre ˆ la SFIO et, sous son drapeau, est rŽŽlu aux Žlections gŽnŽrales de 1906. Mais, peu aprs, il quitte le Parti socialiste : il a toujours ŽtŽ franc-tireur et supporte difficilement la discipline des groupes et des partis, comme il se soumet mal au rglement de lÕAssemblŽe. Il est rŽŽlu en 1910 comme rŽpublicain-socialiste. ƒlu conseiller municipal en 1886 et 1892, il devient maire socialiste indŽpendant dÕIvry-sur-Seine en mai 1908 et le restera jusquՈ sa mort. (dÕaprs le Maitron)

 

Crosse Louis (?-?) * : Louis Crosse sert la Commune en qualitŽ dÕemployŽ au service des munitions. RŽfugiŽ ˆ New York aprs la dŽfaite, il est proche de la tendance blanquiste. Il signe avec MŽgy et Jules Thomas (cf. ces noms) la protestation contre lՎlection de Gustave May au poste de trŽsorier national. En fŽvrier 1874, il participe au lancement de la Revue sociale de tendance blanquiste. En 1876, il est membre de la commission exŽcutive du Groupe communiste rŽvolutionnaire de New York (ce qui subsiste du Groupe rŽvolutionnaire socialiste international, le GRSI). Il prend part le 30 mars ˆ le rŽunion de HuschÕs Hall, o les frres Gustave et ƒlie May sont exclus (cf. ces noms et remarque complŽmentaire n” 1). En 1878, Louis Crosse est lÕun des organisateurs chargŽs par la SociŽtŽ des RŽfugiŽs de prŽparer et de coordonner la cŽrŽmonie anniversaire du 18 mars ˆ New York. Sa trace se perd ensuite. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Crousse Charles, Joseph, Albert (1816- ?) : Clerc dÕavouŽ, nŽ ˆ Lorquin (Meurthe) le 9 mars 1816. Fils a”nŽ dÕun ancien capitaine de la garde impŽriale crŽŽ baron par lÕEmpereur ˆ Wagram, en 1809. ƒtudiant en droit ˆ Paris, de 1837 ˆ 1840, combattant de FŽvrier, il devient secrŽtaire de la SociŽtŽ RŽpublicaine Centrale de Blanqui, qui lÕenvoie ˆ Rouen enquter sur les causes des massacres dÕavril (son nom figure au bas de la protestation de la SociŽtŽ rŽpublicaine centrale ˆ ce sujet). Mais il participe ˆ lÕactivitŽ dÕautres clubs parisiens. Son nom revient souvent dans La Voix des Clubs de mars 1848. Le 15 mai 1848, il participe ˆ lÕenvahissement de lÕAssemblŽe nationale et monte ˆ la tribune, puis estimant avoir ŽtŽ dupŽ, il se dŽtourne de toute action. (dÕaprs le Maitron)

 

Da Costa Gaston (1850-1909) *, dit Ē Coco Č [dÕaprs le site Ē Paris rŽvolutionnaire Č, cf. annexe U] : ArrtŽ en 1867 et condamnŽ ˆ 15 jours de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle  (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 29 + cf. annexe E). Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O). NŽ le 15 dŽcembre 1850 ˆ Paris ; mort ˆ Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) en dŽcembre 1909. Da Costa entre comme rŽpŽtiteur ˆ la pension Mirman, o il a ŽtŽ lui-mme interne lorsquÕil suivait les cours du lycŽe Charlemagne. Il entreprend des Žtudes de droit. Il est trs liŽ avec Rigault, et ses adversaires incriminent ˆ tort la nature de leur amitiŽ. Durant le Sige, il est officier payeur de la Garde nationale. JusquÕau 31 octobre, Rigault lÕa comme secrŽtaire ˆ la prŽfecture de Police, puis il en fait son chef de cabinet, le chargeant de rŽorganiser les services. Lorsque Rigault devient procureur de la Commune, Da Costa est son substitut avec FerrŽ, Huguenot et Martainville. Gaston Da Costa se rŽfugie, le 28 mai, ˆ la Varenne-Saint-Hilaire, mais, dŽnoncŽ, est arrtŽ fin juillet. Un commissaire rŽussit ˆ le faire parler et Gaston Da Costa dŽnonce la retraite probable de certains blanquistes qui, heureusement pour eux, ont dŽjˆ passŽ une frontire. Gaston Da Costa est condamnŽ ˆ mort, puis sa peine est commuŽe en travaux forcŽs ˆ perpŽtuitŽ, ˆ lՔle Nou, o il est employŽ comme jardinier. Il refuse de demander sa gr‰ce, mais, intŽressŽ par lÕenseignement, il tente de gagner lՔle des Pins ou la presquՔle Ducos pour y ouvrir des cours dÕadultes et poursuivre des recherches de gŽologie. NÕen ayant pas obtenu lÕautorisation, il travaille les mathŽmatiques. AmnistiŽ en 1880, il rentre lÕun des derniers et est encore mis aux fers pour avoir refusŽ dÕassister tte nue ˆ la prire. Rochefort lui donne une place ˆ lÕIntransigeant, et il publie des ouvrages pŽdagogiques. (dÕaprs le Maitron)

 

Da Costa Charles (?-?) * : Auteur de lÕouvrage Les Blanquistes (1912), il est devenu blanquiste par lÕintermŽdiaire de Rigault (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16). Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 22 + cf. annexe D). ArrtŽ en 1867 et condamnŽ ˆ 15 jours de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle  (DaCosta, idem, pp. 29 + cf. annexe E). Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, idem, p. 42-51 + annexe K). Frre du prŽcŽdent, Charles Da Costa est Žtudiant en droit, puis correcteur dÕimprimerie. En avril 1870, des articles politiques lui valent quelques mois de prison. Sous la Commune, il est employŽ au service des Relations extŽrieures, puis dŽlŽguŽ du ComitŽ de Salut public. Avec son frre, il collabore ˆ La Nouvelle RŽpublique, puis ˆ lÕAffranchi. Fin mai, il participe ˆ la construction de barricades dans le XIIe. CondamnŽ ˆ dix ans de dŽtention pour usurpation de fonctions publiques et construction de barricades, il parvient ˆ sՎchapper miraculeusement des pontons de Port-Louis (Morbihan) [A. ZŽvas, Les Proscrits de la Commune, p. 7], o il sՎtait fait remarquer pour son Ē esprit dÕindiscipline Č (septembre 1872). Charles Da Costa parvient ˆ gagner lÕAngleterre, o, pour gagner sa vie, il dirige un journal de courses (jusquÕen 1878). ĪUVRE : Les Blanquistes, t. VI de lÕHistoire des partis socialistes, de ZŽvas, Paris, 1912. (dÕaprs le Maitron)

 

Dagbert (?-?) * : Ė lՎpoque de la Commune, il serait Ē un des membres les plus influents de lÕInternationale Č ˆ Paris et on peut supposer quÕil est dŽjˆ liŽ ˆ la mouvance blanquiste, compte tenu de sa prise de position ˆ la mort de Duval. Fuyant la rŽpression, Dagbert Žmigre ˆ New York, o il adhre ˆ la section fanaise de lÕAIT. Il la reprŽsente avec ƒdouard David (voir ce nom) lors du congrs Ē centraliste Č qui se tient du 6 au 8 juillet 1872, dŽfendant la motion qui exige que toute personne aspirant ˆ adhŽrer ˆ lÕInternationale ait la qualitŽ de travailleur. En fŽvrier 1873, Dagbert est nommŽ membre de la commission de contr™le du Socialiste Ń ce qui confirme quÕil est proche des blanquistes. Sa trace se perd ensuite. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Daniel Jean-Louis-Marie-ThŽophile (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard [cf. Wkpd sur CCSR + cf. Paul Roche, Ē La citŽ ouvrire Č, Le Gaulois, 14 janvier 1896, p. 3 + annexe N]. SignalŽ comme un des blanquistes dissidents (avec Archain, BreuillŽ et GrŽbauval) du groupe socialiste du Conseil municipal de Paris en 1899-1900 [cf. Nobuhito Nagai,  Les conseillers municipaux de Paris sous la troisime rŽpublique, 1871-1914, Publications de la Sorbonne, 2002].

 

David ƒdouard (?-?) * : ƒdouard David Žmigre aux ƒtats-Unis aprs lՎchec de la Commune de Paris, ˆ laquelle il participe sans que lÕon sache exactement de quelle manire. (SÕagit-il dՃdouard David, nŽ le 20 aožt 1851 ˆ Nantes (Loire-InfŽrieur), p‰tissier, garde au 144e fŽdŽrŽ, arrtŽ le 28 mai 1871, incarcŽrŽ ˆ Rochefort et libŽrŽ sur non-lieu le 5 octobre ?) Membre de lÕAIT, ƒdouard David habite fin 1871 ˆ New York. Il commence ˆ collaborer au Socialiste en janvier 1872 avec Simon Dereure (cf. ce nom) et est lÕun des principaux artisans de la pŽnŽtration du blanquisme dans les sections franaises de lÕAIT ˆ New York. ƒlu membre du conseil fŽdŽral, il assiste en septembre au congrs de lÕAIT de La Haye qui dŽbouche sur la scission de lÕorganisation. Il y est Žlu membre du Conseil gŽnŽral, mais, ds son retour ˆ New York dŽbut octobre, il fait conna”tre sa dŽcision de ne pas y siŽger. RŽdacteur-administrateur du Socialiste (dont il devient Žditorialiste en mars 1872), David y publie des articles trs blanquistes, ainsi que des textes de Blanqui lui-mme. Fin 1872, il est lÕun des artisans de la transformation de la section 2 en Groupe rŽvolutionnaire socialiste international (GRSI) de tendance blanquiste marquŽe. LÕannŽe suivante, il est un des collaborateurs de lՎphŽmre Revue sociale des blanquistes. Durant quelques annŽes, on nÕentend plus parler de lui. David se manifeste ˆ nouveau en dŽcembre 1880, se prononant en faveur de la Ē Vieille Icarie Č (cf. Arsne Sauva). Ė cette Žpoque, David est ˆ New York secrŽtaire de la SociŽtŽ communiste rŽvolutionnaire (ou SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune). Mettant ˆ profit son expŽrience journalistique, il joue un r™le prŽpondŽrant dans la relance de la presse rŽvolutionnaire amŽricaine francophone ˆ partir de 1885. En novembre, il fait para”tre La Torpille, ŽditŽe en Pennsylvanie, ˆ Newfoundland, o il semble quÕil se soit reconverti dans lÕagriculture. Le journal disparu en mars 1887, David lance lÕannŽe suivante Le RŽveil des masses, qui tŽmoigne dÕune Žvolution toujours plus prononcŽe vers lÕanarchisme et qui tient jusquÕen juin 1890. David revient alors ˆ New York, accueillant ˆ son domicile (sur la 5e Avenue) les rŽunions du groupe anarchiste franais. En 1891, il lance un dernier titre, La Crise sociale. Ė lÕautomne 1891, ƒdouard David est victime dÕune agression ˆ Newfoundland : un voisin lui tire une dŽcharge de plombs en plein visage, qui le laisse dŽfinitivement aveugle. En 1892, il sÕinstalle avec sa famille au Texas et sa trace se perd dŽfinitivement aprs 1896. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Davoust Gabriel dit Ē Berry Č (1842- ?) * : NŽ le 19 mai 1842 ˆ Saint-Amand (Cher) ; tailleur de pierres. Membre de lÕInternationale, Gabriel Davoust est lÕun de ceux qui, aprs le meurtre de Victor Noir, le 10 janvier 1870, et lÕarrestation dÕHenri Rochefort, le 7 fŽvrier suivant, engagent les ouvriers au calme (appel du 9 fŽvrier 1870). Durant la Commune, il appartient ˆ la commission municipale du XVIIe. CondamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, Gabriel Davoust se rŽfugie ˆ Londres, puis, en fŽvrier 1872, ˆ New York o il apporte vraisemblablement les consignes des chefs londoniens aux militants blanquistes new-yorkais pour quÕils essaient de sÕemparer de lÕAIT en fondant le Groupe rŽvolutionnaire socialiste international (GRSI, qui compte 167 membres). Davoust est le beau-frre de Joseph Olivier (voir ce nom), lÕun des principaux militants blanquistes de New York. En 1879, Gabriel Davoust rŽside ˆ Chicago, o il est lÕun des orateurs qui sÕadressent ˆ lÕimmense foule venue commŽmorer lÕanniversaire du 18 mars. NaturalisŽ citoyen amŽricain, il est membre de la direction du Socialist Labor Party pour Chicago. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Debroz (?-?) : ƒtudiant en mŽdecine qui, en fŽvrier 1866, est condamnŽ avec Brideau, Granger, Jaclard, L. Levraud et E. Villeneuve pour avoir participŽ, le 21 janvier1865, ˆ une manifestation rŽpublicaine, rue des Amandiers (XXe). [dÕaprs le Maitron ; cf. notice Brideau + annexe B + Dommanget, Blanqui... et lÕopposition rŽvolutionnaire + A. ZŽvas, Blanqui, p. 196]

 

Decaen (?-?) * : Blanquiste fusillŽ ˆ Satory en mme temps que FerrŽ et Genton (DaCosta, Les Blanquistes, p. 39). SÕagit-il de Armand Decaen ? NŽ en 1845, Armand Decaen a 26 ans en 1871 et est ajusteur au Havre. Il est lÕun des 50 principaux membres dÕun club socialiste au Havre, qui se transforme, en mars 1871, en Ē ComitŽ central rŽpublicain de SolidaritŽ Č, prŽsente une liste aux municipales de 1871, et obtient environ 22 % des suffrages Ń ce qui inquite fortement les autoritŽs. La police dit de lui que cÕest un homme dangereux, ˆ surveiller, et quÕil est un chaud partisan de la Commune. (dÕaprs le Maitron)

 

DŽliŽs [parfois orthographiŽ Delle ou Dells] (?-?) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K).

 

Denis  Pierre (1828-1907) *Ę : Ē Ė c™tŽ de Germain Casse, de Rogeard et de Pierre Denis, voici Ch. Longuet [É] Č [Albert Thomas (s/d. Jean Jaurs), Histoire socialiste, tome X : Le Second Empire (1852-1870), Jules Rouff, 1908, p. 9] NŽ le 28 octobre 1828 ˆ Lyon, Pierre Denis gagne sa vie comme employŽ, surveillant de travaux, et collabore ˆ plusieurs journaux : La Rive gauche, Le Courrier franais, Le Combat, Le Vengeur... En 1865-1866, Pierre Denis est lÕun des rŽdacteurs du pŽriodique fouriŽriste La MutualitŽ - Revue du Travail, des sociŽtŽs coopŽratives et de secours mutuels. Il est lÕami de Valls qui en fait son associŽ dans la plupart de ses journaux, au Peuple et au RŽfractaire de 1869, ˆ La Rue de 1870 et au Cri du Peuple de 1871. Pierre Denis appartient ˆ lÕInternationale, au moins depuis 1869. Aprs la chute de lÕEmpire, on le trouve dŽlŽguŽ des 20 arrondissements et un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Durant la Commune, Denis est major dÕune lŽgion et exerce les fonctions de sous-gouverneur du fort de Bictre. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Il est graciŽ en novembre 1879. Quelque dix ans aprs son retour dÕexil, Pierre Denis devient (selon Vuillaume) Ē le conseiller du gŽnŽral Boulanger Č. (dÕaprs le Maitron)

 

Dereure Louis Simon (1838-1900) * : Son nom appara”t parmi les blanquistes new-yorkais (cf. notice Levraud Edmond et remarque complŽmentaire n” 1). NŽ ˆ Lapalisse (Allier) le 1er dŽcembre 1838, mort ˆ Paris le 17 juillet 1900. Simon Dereure, montŽ ˆ Paris en 1863, est lÕun des fondateurs, en 1866, de la premire chambre syndicale ouvrire organisŽe en France : celle des cordonniers-bottiers, dont il est le dŽlŽguŽ au 4e congrs de lÕInternationale ˆ B‰le en septembre 1869. En mme temps, il est gŽrant de La Marseillaise de Rochefort. ArrtŽ le 8 fŽvrier 1870 ˆ la suite des Žmeutes de Belleville et inculpŽ pour complot contre la sžretŽ de lՃtat, il est condamnŽ ˆ 3 ans de prison. LibŽrŽ le 5 septembre, il fait partie du comitŽ de dŽfense et dÕarmement du XVIIIe. Dereure prend une part active ˆ la journŽe du 31 octobre et le 21 janvier 1871, il fait ouvrir les portes de Mazas pour libŽrer Flourens. Le lendemain, il est ˆ la tte des bataillons insurgŽs place de lÕH™tel de ville. Le 18 mars, Simon Dereure organise la rŽsistance ˆ Montmartre avec les blanquistes Jaclard et FerrŽ. ƒlu membre de la Commune de Paris le 26 mars 1871 par le XVIIIe, Dereure vote pour le ComitŽ de salut public. Il collabore ˆ deux journaux dirigŽs par Paschal Grousset : La Nouvelle RŽpublique (mars-avril), puis LÕAffranchi (avril). CondamnŽ ˆ mort par contumace, il a rŽussi ˆ quitter Paris, et arrive ˆ New York ˆ la fin de lՎtŽ 1871, via la Suisse et lÕAngleterre. Ds lÕautomne 1871, Dereure fait partie du noyau blanquiste organisŽ autour dÕEdmond MŽgy et Edmond Levraud. En fŽvrier 1872, il donne ˆ New York deux confŽrences sur la Commune de Paris, dont les bŽnŽfices sont reversŽs au Socialiste, journal dont il devient rapidement lՎditorialiste, contribuant ˆ y populariser les thses blanquistes. Du 6 au 8 juillet 1872, Dereure assiste au congrs de la FŽdŽration de lÕAmŽrique du Nord Ē centraliste Č de lÕAIT, et il est choisi comme dŽlŽguŽ, avec Friedrich Sorge, pour participer au congrs de La Haye, au cours duquel il vote pour lÕexpulsion de Bakounine Ń mais de lui seul Ń et pour lÕattribution des pleins pouvoirs au Conseil gŽnŽral ; mais il se prononce contre le transfert ˆ New York. Il est cependant dŽsignŽ par le congrs pour tre lÕun des trois Franais membres du nouveau conseil. Fin janvier 1873, il sÕinstalle en Georgie. En mars 1876, Dereure est de retour ˆ New York et cÕest sur sa proposition que les frres Gustave et ƒlie May sont expulsŽs de la SociŽtŽ des RŽfugiŽs. Durant lՎtŽ 1876, il part rejoindre la communautŽ icarienne de Corning (Iowa). Lors de la crise de 1877, il se range aux c™tŽs des minoritaires de la Jeune Icarie  qui fait scission. En mai 1878, il quitte le site dÕIcarie pour ouvrir un atelier de cordonnerie ˆ Corning, sans tre en rupture avec la communautŽ, puisquÕen 1879 il y dirige encore la cordonnerie. Ds la proclamation de lÕamnistie, Simon Dereure rentre en France o il est le 10 janvier 1881. Il adhre au Parti Ouvrier Franais de Jules Guesde. Lors des manifestations de ch™meurs en 1883, il est arrtŽ ˆ Saint-Quentin. Dans les annŽes 1880 et 1890, Simon Dereure est candidat ˆ plusieurs Žlections (lŽgislatives et municipales). DŽlŽguŽ aux congrs du POF, il est nommŽ chaque fois membre du conseil national du Parti. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

DŽrouilla Jean Paul Anatole (1830-1878) *Ę : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č de juin 1874 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + cf. annexe K + annexe S). NŽ ˆ Paris le 15 avril 1830, mort ˆ Saint-Gilles (faubourg de Bruxelles), le 3 mai 1878, Anatole DŽrouilla exerce divers mŽtiers (sculpteur, doreur sur bois, marchand de vins, fabricant de pipes, homme dՎquipe, voyageur de commerce, concierge ˆ Paris). En juin 1848, Anatole Derouilla a sans doute combattu avec les insurgŽs. Vingt ans plus tard, il est arrtŽ par la police impŽriale, prs de Sedan, alors quÕil passe de Belgique en France des exemplaires de la Lanterne de Rochefort ; il est condamnŽ ˆ 4 mois de prison. ƒlu, pendant le Sige de Paris, lieutenant de la Garde nationale, il passe commandant sous la Commune. Aprs la dŽfaite, il rŽussit ˆ fuir et cÕest par contumace quÕil est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Anatole Derouilla meurt ˆ Bruxelles et est enterrŽ le 5 mai 1878 par les Ē Solidaires Č. (dÕaprs le Maitron)

 

Dubois Paul (?-?) : ƒtudiant en mŽdecine, il visite Blanqui ˆ H™pital Necker en 1864. Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). SÕagit-il de ce docteur Dubois qui est nommŽ, le 26 avril 1871, chirurgien-major ˆ la Garde nationale par arrtŽ du dŽlŽguŽ au ministre de la Guerre ? (dÕaprs le Maitron). DÕaprs la notice de Germain Casse (Maitron), Dubois P. appartient, ds le dŽbut de 1864,  Ē au noyau blanquiste, "embryon du Parti", avec les jeunes ClŽray, [É], Granger, Jaclard V., Levraud E. et Levraud L., Losson, Marchand, Protot, Regnard A., Tou‰tre, Tridon, Vaissier P., Viette, Villeneuve, un moins jeune Longuet, et les anciens Cazavan et le baron de Ponnat Č [voir ces noms].

 

Ducasse FŽlix (?-?) : ArrtŽ en 1867 et condamnŽ ˆ 15 jours de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle  (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 29 + cf. annexe B Ń confirmŽ par le Maitron, dÕaprs M. Dommanget, Blanqui et lÕopposition rŽvolutionnaire).

 

Duval ƒmile-Victor (1840-1871) * : ƒlu commandant de bataillons dans un quartier ouvrier parisien aprs le 4 septembre [cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 37]. Un ouvrage lui a ŽtŽ consacrŽ par Pierre-Henri Zaidman : ƒmile Duval (1840-1871), gŽnŽral de la Commune [catalogue Žditions Dittmar]. NŽ ˆ Paris le 27 novembre 1840, fusillŽ au Petit-Clarmart le 4 avril 1871, ƒmile Duval est ouvrier fondeur en fer. En 1864, ˆ lÕoccasion dÕune grve des fondeurs en fer de Paris (pour obtenir la rŽduction ˆ 10 heures de la journŽe de travail), une sorte de mutuelle, qui tient lieu de vŽritable syndicat, se constitue, dont ƒmile Duval est tour ˆ tour prŽsident, caissier et secrŽtaire. En 1867, Duval adhre ˆ lÕInternationale avec presque tous les membres du bureau. En 1867-1868, avec Eudes, Genton, Granger, Jaclard et quelques autres, Duval constitue les premiers groupes de combat blanquistes. En 1868, il milite ˆ la fonderie Gouin (dans le XIe). Eudes, qui ne le rencontra quÕen mai 1867, raconte que Duval est entrŽ Ē dans les sociŽtŽs secrtes vers le milieu de lÕannŽe 1866 Č. Il y conna”t dÕabord Granger, puis Lalourcey, puis Jaclard. Il tŽmoigne : Ē CՎtait un homme dÕune activitŽ hors ligne, infatigable. Il passait toutes ses soirŽes ˆ courir les fonderies de Paris pour nous mettre en relation avec les camarades quÕil savait sžrs et dŽcidŽs ˆ devenir nos adhŽrents. Au mois de fŽvrier 1870, la conspiration allait ˆ merveille et pouvait compter de 800 ˆ 1 000 affiliŽs. Duval fut certainement lÕhomme le plus actif que nous rencontr‰mes, cՎtait lÕhomme le plus intelligent pour le recrutement et le plus ardent pour la propagande. Č En 1870, Duval est condamnŽ, avec dÕautres blanquistes, ˆ 2 mois de prison. ƒnfermŽ le 28 aožt ˆ Beauvais, il est libŽrŽ le 5 septembre. Duval appartient alors au Club dŽmocrate socialiste du XIIIe qui adhre en bloc ˆ lÕInternationale le 25 novembre. DŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Duval, qui a participŽ ˆ la journŽe rŽvolutionnaire du 31 octobre, est Žgalement de celles de janvier 1871. Avec Rigault et Sapia, il conduit les gardes nationaux devant lÕH™tel de Ville. Le 19 mars, Duval est dŽlŽguŽ ˆ la prŽfecture de Police, et, le 26, Žlu membre de la Commune. Le 3 avril, il est nommŽ gŽnŽral. Avec Bergeret et Eudes, poussŽs par lÕopinion publique et par les gardes nationaux, ils se laissent entra”ner ˆ tenter une sortie le 3 avril. Une partie des forces installŽes sur le plateau de Ch‰tillon par Duval est contrainte de se rendre. Sur lÕordre du gŽnŽral Vinoy (et en dŽpit des promesses faites avant reddition), il est fusillŽ. Ē Avec Duval tombait lÕun des meilleurs soldats de la RŽvolution. SÕil nÕavait pas les aptitudes du gŽnŽral de mŽtier, il possŽdait ˆ un degrŽ Žminent celles du conducteur de foule qui mne ˆ lÕassaut des Tuileries et jette bas les tr™nes et les Bastilles. Peu dÕhommes ont exercŽ pareil ascendant sur les masses. Č (Dubreuilh, Histoire socialiste, p. 362.) (dÕaprs le Maitron)

 

Eudes ƒmile [Franois DŽsirŽ] (1843-1888) *Ę : Un des leaders blanquistes, avec Granger et Tridon, ƒmile Eudes se dŽfinit comme Ē blanquiste libre-penseur et anticlŽrical engagŽ Č. Pendant quelque temps, il tient une librairie. GŽnŽral des FŽdŽrŽs sous la Commune. (source : blog de Paul Quader). Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). Co-signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, idem, p. 42-51 + annexe K). Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, idem, p. 57 + annexe M). Ē [É] le 5 aožt 1888, alors qu'il prononait son allocution d'ouverture dans un grand meeting organisŽ ˆ la salle FaviŽ par le ComitŽ RŽvolutionnaire Central et LÕHomme Libre [qui Žtait alors l'organe des blanquistes], ˆ propos de la grve des terrassiers, Eudes, qui avait ŽtŽ nommŽ prŽsident de la rŽunion par acclamations, tomba mort subitement de la rupture d'un anŽvrisme. Rien de plus grand, certes, de plus noble, on pourrait dire de plus enviable, que la mort de ce rŽvolutionnaire, expirant debout, en plein champ de bataille, ˆ son poste de combat, alors que ses derniers mots sont un appel ˆ la solidaritŽ humaine, un cri de guerre contre la rŽaction bourgeoise. Č (cf. DaCosta, idem, p. 60). Dit Ē Deschamps Č, Ē Ga•fer Č ou Ē Sed Č, nŽ ˆ Roncey (Manche) le 12 septembre 1843 et mort ˆ Paris le 5 aožt 1888, ƒmile Eudes fait ses Žtudes secondaires au collge de Saint-Lo et est bachelier ˆ 17 ans ; il vient poursuivre ses Žtudes de pharmacie ˆ Paris, mais se consacre trs vite et entirement ˆ la politique blanquiste. Au cours des annŽes 1865-1867, il se livre ˆ une active propagande anticlŽricale. GŽrant de La Libre PensŽe, il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison pour outrages ˆ la morale publique et religieuse et outrage ˆ la religion catholique. Ė sa sortie de Sainte-PŽlagie, il prend en main lÕadministration de La PensŽe nouvelle, qui succde ˆ La Libre PensŽe. Les blanquistes mettent en place des groupes de combat (on estime que, fin 1868 et pour tout Paris, ils groupent quelque huit cents hommes dont une centaine sont armŽs) ; Eudes est responsable, avec Granger, des formations de la rive gauche. En aožt 1870, Eudes participe ˆ lÕattaque de la caserne des pompiers de la Villette et est arrtŽ, avec Brideau. Le 5 septembre, aprs une manifestation de rue, ils sont dŽlivrŽs de la prison du Cherche-Midi. Pendant le Sige, Eudes et quelques-uns de ses amis blanquistes jouent un r™le important Ē en tant quÕorganisateurs et agents de liaison Č au ComitŽ central des 20 arrondissements. Chef dÕun bataillon de la Garde nationale, Eudes est destituŽ aprs la journŽe du 31 octobre. Collaborateur de La Patrie en danger, chef Žlu de la XXe lŽgion, ƒmile Eudes est particulirement actif durant la semaine qui prŽcde lÕavŽnement de la Commune ; et, le soir du 18 mars, avec Ranvier, ˆ la tte des bataillons de Belleville auxquels se joignent ceux de Montmartre, ils sÕemparent de lÕH™tel de Ville sur lequel est hissŽ le drapeau rouge. Le 26 mars, Eudes est Žlu membre de la Commune. Le 29, Žlu ˆ la commission exŽcutive, cÕest sur sa proposition que la nouvelle assemblŽe prend le nom de Ē Commune de Paris Č. Il prend part le 3 avril ˆ la malheureuse sortie sur Versailles (cf. ƒmile Duval). Eudes prend part aux combats de rue durant la Semaine sanglante. Il rŽussit cependant ˆ fuir et, par la Suisse, o sa femme le rejoint, gagne Londres en septembre 1871. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la peine de mort. Ė Londres, o il vit de 1871 ˆ 1880, il appartient au groupe blanquiste Ē la Commune rŽvolutionnaire Č. La famille Eudes gagne un temps Edimbourg. En 1877, ƒmile Eudes est professeur de franais ˆ lՃcole navale de Yarmouth. De retour en France aprs lÕamnistie, il participe ˆ la fondation de Ni Dieu ni Ma”tre et est vice-prŽsident de la Ē Ligue pour lÕabolition de lÕarmŽe permanente Č. Aprs la mort de Blanqui, les blanquistes se groupent dans le ComitŽ rŽvolutionnaire central (cf. annexe M). Avec Vaillant, et aidŽ financirement par Rochefort, Eudes lance encore LÕHomme libre o il publie son dernier article. Ė ses funŽrailles, en aožt 1888, de rudes bagarres se dŽroulent au milieu dÕun dŽploiement considŽrable de forces policires. (dÕaprs le Maitron) 

 

Farjat Adrien (1859- ?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3. + voir annexe N). NŽ le 11 dŽcembre 1859 ˆ Lyon, ouvrier tisseur, frre de Gabriel Farjat, leader lyonnais du POF. Trs t™t, le jeune Adrien participe ˆ la vie politique lyonnaise dans les milieux anarchistes et collectivistes. Membre du comitŽ lyonnais de la Ligue pour lÕabolition des armŽes permanentes, il devient lÕun des blanquistes lyonnais les plus connus. En 1884, les blanquistes publient Le Branle-bas et Adrien Farjat, par ses commentaires sur la crise du tissage lyonnais, contribue ˆ attiser lÕesprit rŽvolutionnaire des travailleurs de la ville. Globalement, on peut affirmer que lÕaction militante dÕAdrien Farjat a souvent favorisŽ lÕunitŽ des socialistes avancŽs de Lyon. (dÕaprs le Maitron)

 

Feltesse Georges (1854- ?) : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe N). Est chargŽ de lÕorganisation des obsques de son ami Eudes, le 8 aožt 88 (cf. DaCosta, idem, p. 61). Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexe N & O). NŽ ˆ Clichy en 1854, ouvrier typographe, Georges Feltesse est candidat du CCSR dans le quartier de lÕH™pital Saint-Louis (Paris, Xe) en 1890, et dans le quartier de la Villette (Paris, XIXe) en 1896 et en 1900. (dÕaprs le Maitron)

 

FermŽ Marie LŽopold Albert (1840-1903) : Marie LŽopold Albert FermŽ est nŽ ˆ Vend™me (Loir et Cher) le 2 septembre 1840, fils dÕun huissier de justice. Il fait des Žtudes de droit ˆ Poitiers et ˆ Paris, o il devient avocat en 1862. Son opposition au rŽgime impŽrial lui vaut d'tre incarcŽrŽ ˆ deux reprises : 3 mois pour des articles Žcrits dans Le Moniteur en 1862 (il a 22 ans) et 6 mois pour des articles publiŽs dans Les Žcoles de France et Le Courrier franais. Jeune avocat blanquiste, FermŽ va assister, avec Aristide Rey, au 1er congrs de lÕInternationale ˆ Genve, en septembre 1866. En 1869, il publie un recueil au sujet des procs politiques intentŽs aux opposants de lÕEmpire : Les Conspirations sous le Second Empire Empire, Complot de l'Hippodrome et de l'OpŽra-comique (Librairie de la Renaissance). Sans clients, Albert FermŽ rŽussit finalement ˆ obtenir (vers 1870-1871) un emploi de juge de paix en AlgŽrie. Sur la recommandation de Charles Longuet (que FermŽ a connu, ainsi que Lafargue, ˆ Paris dans les annŽes 1860), cÕest lui qui recevra Karl Marx lors de sa visite ˆ Alger en 1882. Vers 1883, il poursuit sa carrire juridique ˆ Tunis, comme prŽsident du tribunal. RetirŽ ˆ Marseille, il dŽcŽdera ˆ Nice en 1903. (dÕaprs le Maitron ; cf. aussi le site dÕun arrire-petit-fils dÕAlbert FermŽ : http://carthaginois.net/ferme/rbFermeAlbert.htm)

 

FerrŽ ThŽophile (1846-1871) * : NŽ le 6 mai 1846, ˆ Paris, Ier ; fusillŽ ˆ Satory (Versailles), le 28 novembre 1871 ; comptable chez un agent dÕaffaires ; militant blanquiste. En 1868, ThŽophile FerrŽ se signale par un discours prononcŽ sur la tombe dÕAlphonse Baudin. Avant la Commune, FerrŽ est 4 fois condamnŽ pour dŽlits politiques. ImpliquŽ avec les blanquistes, en juillet-aožt 1870, dans le procs de Blois, il est acquittŽ faute de preuves aprs avoir ŽtŽ expulsŽ de la salle dÕaudiences pour Ē son extrme violence et ses insultes ˆ la Haute-Cour Č. Aprs le 4 septembre, il sÕinscrit aux compagnies de marche du bataillon de Montmartre. Il figure au nombre des rŽdacteurs de La Patrie en danger, fin 1870. En tant que dŽlŽguŽ des vingt arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe K]. Le 18 mars, il se montre trs actif, fait occuper par Bergeret lՎtat-major de la Garde nationale et, comme Jaclard, Eudes, Duval et plusieurs autres blanquistes, est partisan de marcher sur Versailles. Il est alors un des animateurs, avec Louise Michel, du ComitŽ de Vigilance du XVIIIe. ƒlu membre de la Commune, le 26 mars, il est, avec Rigault, secrŽtaire des premires sŽances. Le 1er mai, il est nommŽ substitut du procureur de la Commune, Rigault, en mme temps que Gaston Da Costa, Huguenot et Martainville. Il vote pour le ComitŽ de salut public. ThŽophile FerrŽ est condamnŽ ˆ mort, le 2 septembre, et refuse de faire appel ˆ la clŽmence. Sa sĻur de 19 ans travaille jour et nuit pour venir en aide aux prisonniers. Louise Michel, qui aime FerrŽ, dŽploie les plus grands efforts pour le sauver, mais en vain : le 28 novembre, sur le plateau de Satory, on fusille FerrŽ en mme temps que Rossel et Bourgeois. (dÕaprs le Maitron)

 

Feuill‰tre Claude Ambroise (1806- ?) : NŽ en 1806 ˆ IngrŽ, prs dÕOrlŽans. En 1848, il est professeur de mathŽmatiques au lycŽe Descartes. En relations avec Collet et Lacambre, il est, le 17 mars, lÕun des dŽlŽguŽs des clubs reus par le Gouvernement provisoire. DÕopinions proches de celles de Blanqui, il est Žlu, le 15 avril, prŽsident du club de la Sorbonne, puis du club de la rue des RŽcollets. Le 15 mai, il est parmi ceux qui envahissent lÕAssemblŽe nationale. Il Žcrit des articles en juin 1848 pour lÕAccusateur publicAlphonse Esquiros [qui correspondra avec Blanqui dans les annŽes 1850 quand ce dernier sera enfermŽ ˆ Doullens_]. EnfermŽ, surtout en raison de ses opinions blanquistes, il passe plusieurs mois ˆ Belle-ėle. Il est graciŽ en dŽcembre 1849. (dÕaprs le Maitron)

 

Fleutiaux (?-?) * : Sergent chez les fŽdŽrŽs durant la Commune, Fleutiaux se rŽfugie ˆ New York pour Žchapper ˆ la rŽpression. Proche de la mouvance blanquiste, il signe en juin 1872 la pŽtition de MŽgy (cf. ce nom) contre la proposition de contre-enqute officielle favorable ˆ la Commune. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Flotte Benjamin Pierre (1814-1888) *Ę : Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). DŽsignŽ pour nŽgocier lՎchange de Blanqui contre les otages des Communards en avril 71 (DaCosta, idem, p. 39). NŽ en 1814 ˆ Cuers (Var), mort en aožt 1888, ce cuisinier-restaurateur est un Ē rŽpublicain et rŽvolutionnaire dÕaffinitŽ communiste Č. Il fait son apprentissage chez le grand restaurateur VŽry o il a ŽtŽ placŽ tout jeune. Participant aux Trois Glorieuses, il est blessŽ, mais on ignore comment il devint vŽritablement un militant rŽvolutionnaire. Il semble avoir ŽtŽ membre ou proche de la SociŽtŽ des Amis du Peuple et membre de la SociŽtŽ des Droits de lÕHomme ds le dŽbut des annŽes 1830. En septembre 1835, membre de la SociŽtŽ des Familles, il est enfermŽ ˆ La Force, accusŽ de dŽtention de munitions de guerre, mais il est libŽrŽ ds le 2 octobre. En avril 1840, Il est condamnŽ ˆ 2 ans de prison. TransfŽrŽ ˆ Doullens, puis au Mont-Saint-Michel, il se range du c™tŽ des partisans de Blanqui, dans les diffŽrents qui opposent celui-ci ˆ Barbs. En 1845, Flotte est administrateur au conseil de la Ē Compagnie des Industries unies Č, sociŽtŽ formant des coopŽratives de production. Membre de la sociŽtŽ des Nouvelles Saisons, il conoit en 1847, avec Lacambre et quelques autres, le projet de prendre les Tuileries dÕassaut, puis rŽorganise un groupe de militants pour renverser le gouvernement. Mais la police ayant ŽtŽ alertŽe par une explosion dans un atelier clandestin de fabrications de bombes, le mouvement est dŽmantelŽ et Flotte Žcope de 15 mois de prison. LibŽrŽ au lendemain du 24 fŽvrier, il participe le 17 mars ˆ la manifestation aux c™tŽs de Blanqui. Pendant la rŽvolution de 1848, cÕest chez lui, rue Boucher (IVe), que Blanqui habite, et quÕest domiciliŽ le secrŽtariat de la SociŽtŽ RŽpublicaine Centrale, dont il gre la trŽsorerie. La Haute Cour de Bourges le condamne ˆ 5 ans de dŽtention. Ė la dernire audience, il prend ˆ partie Barbs qui a tirŽ argument contre Blanqui du document Taschereau : Ē Vous vous tes dŽshonorŽ aujourdÕhui, citoyen ! Č Aprs avoir purgŽ sa peine ˆ Doullens, puis au pŽnitencier de Belle-ėle (quÕil quitte en 1854), il opte pour lÕexil aux ƒtats-Unis, sÕinstallant ˆ San Francisco, o son h™tel-restaurant est, en 1870,  Ē de gros rapport Č. Pourtant, lorsque Blanqui, jugeant lÕEmpire ˆ lÕagonie, lance le signal du ralliement de ses troupes, Flotte nÕhŽsite pas un instant (tout comme Casimir Bouis, autre blanquiste varois Žgalement parti aux ƒtats-Unis). CŽdant son Žtablissement ˆ son neveu, il rentre ˆ Paris peu avant le dŽbut de la guerre. Selon ZŽvas, il aurait participŽ ˆ la tentative de coup de main contre la caserne des pompiers de La Villette le 14 aožt 1870. Aprs le 4 septembre, il est un des rŽdacteurs du journal de Blanqui, La Patrie en danger [cf. annexe F]. En tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Le 6 avril, sur lÕinsistance de Tridon, Flotte se charge de nŽgocier avec Versailles lՎchange des otages contre la libŽration de Blanqui (Flotte a racontŽ lՎchec de ses nŽgociations dans une brochure, Blanqui et les otages en 1871, documents historiques, qui paraitra ˆ Paris en 1885). Aprs la Semaine sanglante, protŽgŽ par sa nationalitŽ amŽricaine, Flotte peut quitter la France sans tre inquiŽtŽ. Il passe par Londres, o il laisse en dŽp™t ˆ ƒdouard Vaillant son manuscrit sur les otages. DŽbut octobre 1872, il est de passage ˆ New York Ń o il publie une lettre (signŽe F. Benjamin), dans laquelle il prend sŽvrement ˆ parti Gambetta pour avoir Ē demandŽ la tte de Blanqui Č. DŽbut dŽcembre, il est de nouveau ˆ San Francisco, o il jouit dÕun grand prestige au sein de la section locale de lÕAIT, quÕil contribue ˆ gagner aux idŽes blanquistes. Lorsque, en avril 1874, lՎvasion de Henri Rochefort et de ses compagnons des bagnes de Nouvelle CalŽdonie est connue et leur arrivŽe ˆ San Francisco annonŽe, Flotte est prŽsident de la commission chargŽe dÕorganiser leur accueil et de collecter des fonds pour leur permettre de poursuivre leur route vers lÕEurope. Aprs le vote de lÕamnistie, Flotte rentre en France (date inconnue). En 1885, il est ˆ Paris et se retire peu aprs dans son Var natal, o il meurt en aožt 1888. Cf. aussi : Michel Cordillot, Ē Les Blanquistes ˆ New York Č, Bulletin de la SociŽtŽ dÕHistoire de la RŽvolution de 1848, Paris, 1990. (dÕaprs le Maitron).

 

Fombertaux Eugne (c.1820- ?) : NŽ vers 1820 ˆ Moulins (Allier) ; dessinateur en Žtoffes, puis typographe, journaliste ; communiste rŽvolutionnaire, militant ds lՉge de 16 ans, nŽobabouviste, blanquiste. En 1836 (il a 16 ans), Eugne Fombertaux compara”t devant un tribunal pour avoir adressŽ ˆ Louis-Philippe la lettre Ē la plus extraordinaire qui se puisse voir Č (selon lÕexpression dÕun magistrat). InculpŽ dÕassociation illicite et de complot, il est emprisonnŽ ˆ La Force. En avril 1837, il est arrtŽ, pour affichage dÕune proclamation Ē sŽditieuse Č, qui, intitulŽe Ē Au Peuple Č, appelle les ouvriers ˆ proclamer la RŽpublique. Ė lÕautomne 1838, il est surpris en train dÕimprimer le 4e numŽro de LÕHomme libre (qui succde depuis aožt au Moniteur rŽpublicain, dont il est le principal rŽdacteur, assistŽ de Leconte Minor, Jean-Baptiste Guillemin, Claude Boudin, Pierre Joigneaux et Gambin). IncarcŽrŽ au Mont-Saint-Michel en octobre 1839, il est transfŽrŽ ˆ Doullens en octobre 1842, et sans doute libŽrŽ en 1844. Militant blanquiste parisien de 1848, membre de la SociŽtŽ rŽpublicaine centrale, il est arrtŽ le 26 mai avec Blanqui et Claude Feuill‰tre. Membre du Club des clubs, puis candidat ˆ la Constituante, il est signataire du Manifeste des Communistes RŽvolutionnaires. En fŽvrier 1858, alors quÕil occupe un modeste emploi ˆ lÕimprimerie Dubuisson, il est arrtŽ, expŽdiŽ ˆ Marseille par chemin de fer, puis en AlgŽrie, ˆ Sidi-Bel-Abbs et ne rentre en France quÕavec lÕamnistie de 1859. [cf. M. Dommanget, Auguste Blanqui et la rŽvolution de 1848, Paris, Mouton, 1972_] (dÕaprs P.-J. Derainne, J. Grandjonc, A. Perrier et Jean Risacher pour le Maitron)

 

Fondeville E. (?-?) * : Membre de lÕAIT, E. Fondeville quitte Bordeaux pour Paris, o il prend une part active ˆ la Commune, comme employŽ au ministre des Travaux publics. Il est aussi gŽrant du journal La Rouge (mai 1871). Proche des Blanquistes, il semble avoir jouŽ un r™le important (bien quÕobscur) dans la tentative dՎchange des otages contre Blanqui. Durant la Semaine sanglante, il est encore ˆ Paris, o il cache divers documents importants, mais, ds aožt, il se trouve ˆ Londres, o il participe ˆ la confŽrence de lÕAIT de septembre 1871. Aprs 4 ans passŽs ˆ Londres, Fondeville part ˆ New York, o il est membre de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune. Le 30 mars 1876, il prŽside la rŽunion de HuschÕs Hall, au cours de laquelle les frres Gustave et ƒlie May sont exclus. La trace de Fondeville se perd ensuite. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Fort Alfred (?-?) * : Le capitaine Fort, qui commande une compagnie du gŽnie au service de la Commune de Paris, est donnŽ pour mortellement blessŽ ˆ Neuilly le 16 avril 1871. En fait, il ne meurt pas de ses blessures et parvient ˆ se rŽfugier ˆ New York aprs la Semaine sanglante. Proche de la mouvance blanquiste, il signe en juin 1872 la pŽtition de MŽgy (cf. ce nom). Le 8 juillet 1877, il assiste ˆ New York aux obsques du communard Parisel, figurant mme parmi les porteurs du cercueil. Sa trace se perd ensuite dŽfinitivement. En juillet 1873, il a ŽtŽ condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe et est amnistiŽ en 1879. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Fortin ƒmile, Pierre, Justin, dit Ē Pichon Č (1846-1906) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. NŽ le 2 dŽcembre 1846 ˆ Brulon (Sarthe) ; mort ˆ Paris, le 18 dŽcembre 1906. En 1870, Fortin est Ē feuillagiste Č (sculpteur sur bois spŽcialisŽ dans les motifs de fleurs et feuillages) et, fiancŽ ˆ la fille de Genton, sÕest dŽjˆ signalŽ parmi les blanquistes, avec 2 condamnations en 1869 (pour infraction ˆ la loi sur les rŽunions publiques et outrages ˆ agent). Sous la Commune, dÕaprs Da Costa, il est nommŽ inspecteur des barricades par FerrŽ, avec Genton. Il est condamnŽ ˆ 10 ans de travaux forcŽs, au bagne de Toulon, puis sur lՔle Nou. AmnistiŽ, il redevient sculpteur sur bois, ˆ Montmartre. (dÕaprs le Maitron)

 

Fournier Henri (1861-1909) : NŽ ˆ Paris vers 1861, mort ˆ Danbury (Connecticut) le 17 janvier 1909. Vers 1871, ses parents tiennent un cafŽ-restaurant ˆ Paris. Enfant, il assiste avec passion ˆ la construction des barricades le 18 mars. Pour Henri Fournier, la Commune de Paris est un Ē baptme rŽvolutionnaire Č qui le convertit ˆ jamais ˆ la cause de la RŽvolution sociale. Au dŽbut des annŽes 1880, Žtudiant, il rejoint les groupes blanquistes parisiens. Il assiste aux obsques de Blanqui, en janvier 1881, et prend part ˆ des bagarres avec les groupes rivaux. En 1884, il est le dŽlŽguŽ ˆ Clichy de la Ligue pour lÕabolition de lÕarmŽe permanente et ami avec Emmanuel Chauvire. En 1885, Henri Fournier part aux ƒtats-Unis, o il reste 3 ans, avant de rentrer ˆ Paris en 1888. Il est alors embauchŽ dans une fonderie. En 1889, il fait la connaissance de Jules-Louis Breton, sÕinscrit au comitŽ socialiste et participe activement ˆ plusieurs ŽchauffourŽes avec les groupes boulangistes. Vers la fin des annŽes 1890, il retourne aux ƒtats-Unis, se fait fondeur de fer avant de trouver un emploi comme ouvrier teinturier. Ayant adhŽrŽ ˆ la section locale du Parti socialiste amŽricain de Danbury, il sÕabonne ˆ lÕUnion des travailleurs, journal auquel il collabore. Henri Fournier dŽcde ˆ Danbury le dimanche 17 janvier 1909, des suites dÕune tuberculose. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Francard (?-?) : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O).

 

FrŽmeaux (?-?) : Lithographe arrtŽ et condamnŽ en juin 1861 avec Blanqui dans lÕaffaire de la rue du Figuier (DaCosta, Les Blanquistes, p. 7 + annexe A). Un certain FrŽmeaux, membre ou sympathisant de la section franaise n” 29 de Paterson (New Jersey), verse son obole ˆ la souscription lancŽe par les Internationaux au bŽnŽfice des veuves et des orphelins des combattants de la Commune de Paris en janvier 1873. (dÕaprs le Maitron). Est-ce le mme ?

 

FrŽmeaux  Mme (?-?) : ArrtŽe et condamnŽe en juin 1861 avec son mari et Blanqui dans lÕaffaire de la rue du Figuier (DaCosta, Les Blanquistes, p. 7 + annexe A).

 

Froger Alexandre (?- ?) : DŽputŽ de la Sarthe en 1885-1889, puis de la Mayenne en 1889-1893, socialiste chrŽtien, considŽrŽ comme Ē blanquiste boulangiste Č. [Wkpd, Ē Boulangisme Č : cf. annexe Q]

 

Gabriel Alfred (1848-1915) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard [cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O]. NŽ le 14 septembre 1848 ˆ Nancy et mort le 10 juin 1915 ˆ Paris. Comptable, puis journaliste (sous le nom de Jacques Dest), il est dŽputŽ boulangiste de Meurthe-et-Moselle de 1889 ˆ 1893. Aprs s'tre rapprochŽ des blanquistes boulangistes du CCSR et des rochefortistes, il fonde en 1898 le Parti rŽpublicain socialiste franais. [dÕaprs Wkpd]

 

Galtier Louis (?- ?) : Son nom appara”t parmi les blanquistes new-yorkais (cf. notice Levraud Edmond et remarque complŽmentaire n” 1). Dans une lettre ˆ Eudes en date du 2 fŽvrier 1872, Edmond GŽry lÕappelle Ē le pre Galtier (le marseillais) Č. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron) Dans son ouvrage Aux origines du socialisme moderne, la Premire Internationale, la Commune de Paris, lÕexil (Žditions de lÕAtelier / Žditions ouvrires, 2010), Michel Cordillot signale que Louis Galtier est prŽsent le 17 dŽcembre 1871, lors de la cŽrŽmonie en lÕhonneur des communards FerrŽ, Bourgeois et Rossel qui viennent dՐtre fusillŽs ˆ Satory. Il quittera plus tard  New York pour la Belgique.

 

Gambon Charles Ferdinand (1820-1887) * : Ds la mort de Blanqui, le ComitŽ RŽvolutionnaire Central institue la Ligue pour la suppression de l'armŽe permanente et son remplacement par une armŽe nationale sŽdentaire ; c'est en son nom que Charles Gambon prŽsente ˆ la Chambre un projet de loi dans ce sens (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 59). NŽ le 19 mars 1820 ˆ Bourges (Cher), mort le 16 septembre 1887 ˆ Cosne-sur-Loire (Nivre). Orphelin trs jeune, Charles Gambon est ŽlevŽ dans la Nivre, par ses grands-parents maternels propriŽtaires de forges. Brillant Žlve, Gambon obtient son baccalaurŽat ˆ 16 ans et sa licence en droit ˆ 19 ans. Avocat en 1839, docteur en droit, il est nommŽ juge-supplŽant ˆ Cosne-sur-Loire en 1845, mais surveillŽ par le pouvoir, il est suspendu momentanŽment de ses fonctions. En relation avec La RŽforme, Louis Blanc, Ferdinand Flocon et lÕopposition rŽpublicaine la plus avancŽe, Gambon rejette la monarchie, mme constitutionnelle. Fondateur du Journal des ƒcoles. en 1847, il contribue ˆ lÕeffervescence du Quartier Latin avec son ami FŽlix Pyat. Initiateur des changements de fŽvrier 1848, il regagne sa province aprs la chute de Louis-Philippe. Ė Cosne, Gambon prend rapidement la tte de la SociŽtŽ rŽpublicaine locale. Refusant les postes de commissaire et de procureur de la RŽpublique, il est Žlu reprŽsentant de la Nivre ˆ lÕAssemblŽe constituante en avril 1848. RŽpublicain relativement modŽrŽ au dŽpart, il Žvolue progressivement. DÕabord admirateur inconditionnel de Barbs, Gambon sige sur les bancs de la Montagne ˆ lÕAssemblŽe. ƒlu conseiller gŽnŽral de la Nivre en septembre 1848, puis ˆ lÕAssemblŽe lŽgislative en mai 1849, il sÕoppose ˆ la Constitution qui en sort. EngagŽ, en juin 1849, dans les manifestations dÕhostilitŽ au prince-prŽsident qui a violŽ la Constitution en combattant la RŽpublique romaine, Gambon rejoint Barbs et Blanqui en prison. CondamnŽ ˆ la dŽportation en enceinte fortifiŽe, Gambon est emprisonnŽ ˆ Versailles, Doullens, Mazas, puis Belle-ėle-en-Mer, de 1850 ˆ 1857, o il est tŽmoin des rivalitŽs entre Ē barbsistes Č et Ē blanquistes Č. Aprs le dŽpart de Barbs, en 1854, Belle-ėle devient le sige de la rŽsistance au rŽgime. Refusant de plier et de demander la gr‰ce, les rŽpublicains considŽrŽs comme les plus dangereux (dont Blanqui et Gambon) sont emmenŽs en dŽcembre 1857 en Corse, o ils restent enfermŽs jusquÕen aožt 1859. Ayant retrouvŽ la libertŽ, Gambon sÕinstalle dans sa rŽgion natale. Voyageant de temps ˆ autre en Belgique ou en Hollande, il est Žlu conseiller aux municipales de son village en 1865, mais, refusant de jurer obŽissance ˆ la Constitution et fidŽlitŽ ˆ lÕempereur, il ne sige pas et doit dŽmissionner. En prison, ˆ travers sa correspondance et ses MŽmoires, on voit se fixer un certain nombre dÕidŽes fortes sur lesquelles il ne reviendra pas. Hostile aux armŽes permanentes, comme Blanqui, il est aussi devenu partisan de la lutte armŽe si celle-ci peut aider ˆ faire tomber le rŽgime. Partageant son temps, ˆ la fin de lÕEmpire, entre Paris et le Sancerrois, il participe activement au mouvement des rŽunions publiques, ce qui lui vaut une incarcŽration au dŽbut de 1870. Gambon sÕengage ˆ fond contre la guerre au cours de lՎtŽ et parcourt inlassablement les campagnes de sa rŽgion pour rŽpublicaniser le pays. En fŽvrier 1871, battu dans sa rŽgion, il est Žlu dans la Seine sous lՎtiquette Ē candidats socialistes rŽvolutionnaires Č, appartenant, ds lors, ˆ la fraction la plus avancŽe du prolŽtariat parisien. ƒlu membre de la Commune, siŽgeant ˆ la commission de la Justice, il est dŽsignŽ pour visiter les prisons et nommŽ procureur de la Commune Ń poste quÕil refuse, son expŽrience de magistrat et celle de lÕenfermement pendant 10 ans lÕayant convaincu du caractre nocif de la prison et de la barbarie de toute justice, idŽes qui le conduiront insensiblement vers lÕanarchisme auquel il se ralliera plus tard. Aux avant-postes lors des combats de la Semaine sanglante, Gambon est prŽsent prs des dernires barricades, le 28 mai. CachŽ, lors de lՎcrasement de la Commune, il peut demeurer dans Paris et attendre quelques semaines avant de recevoir un faux passeport pour rejoindre la Suisse, o il vit jusquÕen 1880. Outre le jugement qui lui inflige 20 ans de travaux forcŽs (en Nouvelle CalŽdonie), le conseil de guerre le condamne ˆ mort, en novembre 1872. Ė peine arrivŽ en Suisse, Gambon rŽdige La Revanche de la France et de la Commune et La Dernire RŽvolution. Trs mobile, il est souponnŽ par la prŽfecture de police de Paris de faire des sŽjours dans la capitale pour prŽparer un attentat contre Thiers ou pour transporter les livres de propagande anarchiste. Partisan de Bakounine et, plus tard, de Kropotkine, il milite activement au sein de la fŽdŽration jurassienne de lÕAIT et rencontre Bakounine ˆ Locarno, en avril 1872. Bien quÕayant refusŽ lÕamnistie, il rentre en France en juillet 1880 et se fixe ˆ Paris. Ds son retour, il reprend la lutte en participant ˆ de nombreux meetings organisŽs par les divers comitŽs socialistes. Aux c™tŽs de Louise Michel, en novembre 1880, il exalte le socialisme rŽvolutionnaire. En 1883, il prend la dŽfense des anarchistes lyonnais incarcŽrŽs, fait lÕapologie de Kropotkine et dՃlisŽe Reclus, dont il se dŽclare ˆ la fois lÕami et le complice. Journaliste occasionnel au Cri du Peuple, il y publie, en mars 1887, un article dÕinspiration pacifiste, o il dŽclare la Ē guerre ˆ la guerre Č Ń mot dÕordre appelŽ ˆ un bel avenir. (dÕaprs le Maitron).

 

Gausseron Henri (1845-1913) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č de juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K), mais il reniera cette participation, disant (en mai 1879) avoir ŽtŽ Ē absolument Žtranger ˆ son inspiration et ˆ sa rŽdaction Č (Maitron). NŽ le 20 octobre 1845 ˆ La Mothe-Saint-HŽraye (Deux-Svres), mort en 1913 ˆ Machonville-Rouxmesnil (Seine-InfŽrieure),  Henri Gausseron est dÕabord avocat. Sous la Commune, il est commissaire de police du quartier de la Sorbonne, puis juge dÕinstruction attachŽ au parquet du procureur de la Commune. Il est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. ExpulsŽ de Belgique o il sÕest dÕabord rŽfugiŽ, il se rend ˆ Londres. Gausseron est graciŽ le 5 juin 1879, aprs avoir ŽtŽ professeur ˆ Londres et marchand de livres anciens en ƒcosse. De retour en France, il est professeur au lycŽe Jeanson-de-Sailly, traduisant des ouvrages anglophones et rŽdigeant des manuels pŽdagogiques. Bibliophile, il rŽdige en 1901 Bouquiniana. Notes et notules dÕun bibliologue. RetraitŽ en octobre 1908 aprs plus de trente ans dÕenseignement, il meurt en 1913 ˆ Machonville-Rouxmesnil. (dÕaprs le Maitron)

 

Genouille (?-?) : En 1867, il assiste, tant™t chez Chouteau, tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendances blanquistes dŽnommŽ Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. Il est condamnŽ par dŽfaut ˆ trois mois de prison, 100 F dÕamende et cinq ans de privation de droits civiques. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

Genton Gustave Ernest (1825-1872) * : ƒbŽniste, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 1 an de prison et 100 F d'amende (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Blanquiste, ouvrier sculpteur sur bois, nommŽ juge dÕinstruction sous la Commune et fusillŽ ˆ Satory le 30 avril 1972. [dÕaprs le blog de Paul Quader]

 

Giffault ƒmile Magloire (1850-?) * : NŽ le 9 fŽvrier 1850 ˆ Paris, dessinateur-gŽographe (il a ŽtŽ lՎlve dՃlisŽe Reclus). Garde national, pendant le Sige, il est ˆ Buzenval. Blanquiste, il prend part au soulvement dÕoctobre 1870. Le 18, il est ˆ Montmartre et en descend vers la prŽfecture de Police. Sous-chef du bureau des Archives ˆ la prŽfecture de Police, auprs de Rigault, il examine les rares dossiers laissŽs par la police impŽriale et participe ˆ certaines arrestations. ArrtŽ le 5 juin, il est condamnŽ aux travaux forcŽs ˆ perpŽtuitŽ. Il rentre en France en 1880, et collabore ˆ lÕIntransigeant de Rochefort. (dÕaprs le Maitron)

 

Girard Pierre Fulgence (1807-1873) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. NŽ le 21 septembre 1807 ˆ Granville (Manche), mort le 11 avril 1873 ˆ Bacilly (Manche). ƒtudiant en droit dÕabord ˆ Caen, puis ˆ Paris, Fulgence Girard participe ˆ lÕagitation du dŽbut de la monarchie de Juillet au Quartier Latin avec Blanqui, Plocque, Sambuc, etc. Membre et signataire des textes du ComitŽ des ƒcoles, il est privŽ de deux inscriptions par le conseil acadŽmique du 22 janvier 1831. Alexandre Dumas lÕhŽberge une nuit alors quÕil est en fuite et Balzac le prend pour modle de Fulgence Ridal dans Un grand homme de province ˆ Paris. Il semble tre marin quelque temps, puis se consacre ˆ la littŽrature. En dŽcembre 1833, il est secrŽtaire du ComitŽ central dÕAffiliations rŽpublicaines de la SociŽtŽ des Droits de lÕhomme (SDH). Fulgence Girard sÕinstalle ˆ Avranches vers le milieu des annŽes 30, ˆ la fois comme avocat et comme littŽrateur, publiant des ouvrages sur ses voyages et sur la marine et collaborant au Monde illustrŽ, au Navigateur, ˆ La France Maritime. Quand Armand Barbs, Martin Bernard et dÕautres condamnŽs de mai 1839 arrivent au Mont-Saint-Michel, ˆ partir de juillet 1839, rejoints en fŽvrier 1840 par Blanqui et dÕautres, Fulgence Girard entre tout de suite en relations Žpistolaires avec eux, ˆ travers des membres de leurs familles et organise secours et soutiens. Un peu plus tard, avec le soutien de Mme Blanqui (mre) qui rŽside ˆ Avranches, et de son frre, Gustave, marin, il organise une tentative dՎvasion par la mer, qui Žchoue dans la nuit du 10 et 11 fŽvrier 1842. Rapidement, lÕadministration de la prison intercepte les lettres que Blanqui lui adresse. Il rappelle cette pŽriode dans Histoire du Mont-Saint-Michel, prison de lՃtat, avec les correspondances inŽdites des citoyens A. Barbs, A. Blanqui, Martin-Bernard, Flotte, Mathieu dՃpinal, BŽraud, etc. (chez P. Permain, 1849). Fulgence Girard milite en 1848 dans le club de Blanqui, puis dans le club de la RŽvolution. Il publie une Histoire dŽmocratique de la rŽvolution de fŽvrier 1848, en particulier dans Les VeillŽes du Peuple de Blanqui (novembre 1849 et mars 1850) et une Histoire de la guerre dÕItalie (1860). Il dŽfend Blanqui au procs de Bourges. (dÕaprs Pierre Baudrier et Jean Risacher pour le Maitron)

 

Girault Alexandre (1852- ?) * : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O)NŽ le 21 septembre 1852, ˆ Paris, cet ouvrier typographe appartient aux premiers groupes de combat blanquistes constituŽs en 1867-1868. Le 22 janvier 1869, il est condamnŽ avec Rigault pour propos Žmis en faveur de lÕunion libre. Ayant participŽ ˆ la Commune de Paris, il est dŽportŽ au bagne de Nouvelle-CalŽdonie et ne revient en France qu'en 1880. Correcteur au journal LÕIntransigeant, il est dŽputŽ socialiste de la Seine de 1896 ˆ 1898. Conseiller municipal de Vierzon (Cher), Alexandre Girault est le pre du militant anarchiste Ernest Girault. (dÕaprs le Maitron & Wkpd)

 

Girou Georges (1860-1916) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc Ē blanquiste boulangiste Č et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O)NŽ le 15 septembre 1860 et mort le 15 avril 1916 ˆ Paris. Comptable, puis industriel, Georges Girou milite dans les rangs rŽpublicains, est membre de la ligue de la rŽvision (de Clemenceau), conseiller municipal de Paris en 1890, puis en 1903 (prŽsident du conseil municipal de Paris en 1911) et dŽputŽ de la Seine de 1898 ˆ 1902 (groupe des indŽpendants). [dÕaprs Wkpd]

 

Godichet (?-?) : Professeur libre, sans moyens rŽguliers dÕexistence ; indicateur de police. En 1867, il assiste, tant™t chez Chouteau, tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendances blanquistes dŽnommŽ Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. ArrtŽ avec les membres du groupe quÕil a dŽnoncŽs, il est condamnŽ, le 23 dŽcembre 1867, ˆ un an de prison. TransfŽrŽ de Mazas ˆ lÕh™pital Saint-Antoine, il sÕen Žvade le jour mme et passe en Belgique. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

Gois ƒmile Charles, dit Ē Degrin Č (1829-1888) * : Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). RŽfugiŽ ˆ Londres aprs la Commune : Ē Les blanquistes les plus connus ˆ Londres Žtaient alors E. Eudes, Gois, Granger, Edmond Levraud, Ranvier, Regnard et Edouard Vaillant. Č (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 24), il y signe la DŽclaration Ē Aux Communeux Č en juin 1874. (DaCosta, idem, p. 42-51 + annexe K). Aprs la mort de Blanqui, Gois participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central (DaCosta, idem, p. 57 + annexe M). NŽ le 16 juin 1829 ˆ Chablis (Yonne), mort ˆ Paris le 12 octobre 1888. Commis aux Žcritures, il est dŽportŽ ˆ Lambessa (AlgŽrie) de 1852 ˆ 1856. Ami dÕEudes et de Tridon, il appartient, en 1868, au groupe blanquiste de Montmartre. Compromis, en 1866, dans lÕaffaire dite de la Renaissance [cf. annexe D], et, en 1870, dans lÕaffaire Victor Noir, il est condamnŽ aux travaux forcŽs ˆ perpŽtuitŽ et prŽfre gagner la Belgique. Il nie pourtant tre lÕun des chefs de la tendance blanquiste : Ē JÕai ŽtŽ flattŽ et surpris dÕapprendre que je reprŽsentais Blanqui, que jՎtais un de ses agents. Je nÕai jamais vu Blanqui, je ne le connais que par lÕhistoire qui me lÕa montrŽ comme un homme politique simple et honnte, chose assez rare par les temps qui courent Č. Gois rentre ˆ Paris aprs le 4 septembre et, durant le Sige, travaille comme employŽ dans la police. Il Žcrit dans La Patrie en danger. NommŽ colonel dՎtat-major, aide de camp du gŽnŽral Eudes sous la Commune, il est membre des cours martiales. CondamnŽ ˆ mort, par contumace, il se rŽfugie en terre anglaise (Jersey, puis Londres ; en 1876, il vit ˆ Hammersmith). RentrŽ en France aprs lÕamnistie, malade, il y mne une fin de vie plut™t pŽnible. (dÕaprs le Maitron)

 

Goraud (?-?) : En 1867, il assiste, tant™t chez Chouteau, tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendances blanquistes dŽnommŽ Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. Il est condamnŽ par dŽfaut, le 23 dŽcembre 1867 ˆ 3 mois de prison. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

Gouhier Charles, ƒtienne, Joseph, dit Caron de Brest (1827 ? Š aprs 1907) * : Fabricant de bijouterie de deuil. Selon le dossier contumax, Charles Gouhier serait nŽ ˆ Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais), le 28 mai 1868, mais cÕest une erreur. Une autre source (aussi erronŽe, semble-t-il) indique : 28 mai 1836. Une 3e source (plus crŽdible) donne : 1827 ˆ Saint-Pol (Pas-de-Calais). Ancien combattant de juin 1848, Gouhier, militant blanquiste, administre en 1870 la Libre PensŽe que dirige Verlet et signe le texte intitulŽ Le PlŽbiscite et la Libre PensŽe [cf. Henri Place]. Sous la Commune, il reprŽsente le IIIe avec Antoine Arnaud au ComitŽ central de la Garde nationale. Il aurait appartenu ˆ lÕInternationale. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la peine de mort. RŽfugiŽ ˆ Genve, il assiste Ē aux conciliabules des rŽfugiŽs Č et travaille dans la fabrique de caractres en bois des frres Charles et Victor Bonnet. Il a vraisemblablement ŽtŽ expulsŽ avant le dŽbut de lÕannŽe 1873. En novembre 1879, il obtient remise de sa peine. En 1907, il est pensionnaire dÕune maison de retraite de Seine-et-Oise. (dÕaprs le Maitron)

 

GoullŽ Albert FrŽdŽric (1844-1918) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, idem, p. 57 + annexe M). NŽ ˆ DarnŽtal (Seine-InfŽrieure) le 30 mars 1844 ; mort annoncŽe par Le Temps du 5 dŽcembre 1918. Journaliste et homme de lettres, Albert GoullŽ est, durant la Commune, commandant dՎtat-major attachŽ au gŽnŽral Eudes. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. GoullŽ a dŽjˆ ŽtŽ condamnŽ ˆ Paris, en juillet 1870, pour Ē outrages ˆ la morale publique et ˆ la religion catholique Č, en raison dÕarticles publiŽs dans La Libre PensŽe. Il figure parmi les collaborateurs de la Commune de Paris (septembre 1870), qui publie lÕappel des sections franaises de lÕAIT et des associations ouvrires Ē au peuple allemand, ˆ la dŽmocratie socialiste Č. Albert GoullŽ est un des rŽdacteurs du Cri du Peuple de Jules Valls et de La Patrie en danger de Blanqui. DŽlŽguŽ du 1er, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. RŽfugiŽ ˆ Londres, GoullŽ gagne sa vie comme professeur ; il frŽquente les sociŽtŽs de rŽfugiŽs et fait partie du groupe blanquiste Ē La Commune rŽvolutionnaire Č. Aprs son retour, il contribue avec Blanqui, BreuillŽ, Eudes et Granger, au lancement du journal Ni Dieu ni Ma”tre, en novembre 1879 [cf. annexe L]. Lorsque le CRC se mue en PSR (1898), GoullŽ appartient ˆ sa commission administrative [cf. annexe P]. Il est candidat ˆ Paris en mars 1885, collabore au nouveau Cri du Peuple de Valls (1883), ˆ LÕHomme libre dՃdouard Vaillant (1888), ainsi quՈ La Petite RŽpublique o il donne des Žtudes thŽoriques et des chroniques fŽministes. (dÕaprs le Maitron) ZŽvas (p. 141, nbdp) cite son ouvrage trs antimarxiste Cessons la lutte des classes (1914).

 

GoutŽ ƒdouard (1816- ?) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. NŽ le 16 juillet 1816 ˆ Blois, o il est tanneur, ƒdouard GoutŽ est un rŽpublicain notoire et convaincu. Lorsque Blanqui, aprs le procs de Blois en avril 1847, doit quitter la prison, cÕest chez lui quÕil trouve asile et soutien, malgrŽ la surveillance policire qui cause du tort ˆ son commerce. Blanqui peut ainsi recevoir ses amis libŽrŽs comme lui et il y reste juquÕau 25 fŽvrier 1848. RestŽ ami et correspondant de Blanqui, il est lÕun des fondateurs du cercle de la SolidaritŽ rŽpublicaine, en 1848. RŽfugiŽ en 1850 ˆ Londres, o il entre au ComitŽ des Proscrits dŽmocrates socialistes, il revient ˆ Paris en 1851, o il est arrtŽ en novembre et dŽportŽ en AlgŽrie, puis libŽrŽ en mars 1855. (dÕaprs le Maitron)

 

Granger Ernest (1844-1914) * : ƒtudiant en droit en 1865 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16), qui, avec Brideau, est emprisonnŽ suite ˆ une manifestation en janvier 1865 rue des Amandiers (cf. annexe B) et amne vers le blanquisme plusieurs de ses camarades (tels Kellermann, Alphonse Humbert, BreuillŽ, Jeunesse, Charles Da Costa, LavallŽe). Il fait partie du groupe de blanquistes qui, le 4 septembre 1870, contraint Jules Favre ˆ prononcer, au nom du peuple, la dŽchŽance de l'Empire et la proclamation de la RŽpublique (cf. DaCosta, idem, p. 33-34 + annexe F). Il est Žlu commandant de bataillons dans un quartier ouvrier parisien aprs la 4 septembre (cf. DaCosta, idem, p. 35). Co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, idem, p. 34 + annexe F). Co-signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, idem, p. 42-51 + annexe K). Il participe ˆ la crŽation et ˆ la rŽdaction du journal Ni Dieu ni Ma”tre que Blanqui crŽe en juin 1879 (DaCosta, idem, p. 56 + annexe L), ainsi quՈ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, idem, p. 57 + annexe M). Chef de file du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O) [9]. Un des leaders blanquistes, avec Eudes et Tridon, il  accueille et aide Blanqui lors de ses sorties de prison, et cÕest ˆ son domicile parisien que Blanqui est mort. Fidle de Blanqui, il vend une propriŽtŽ dans l'Orne pour acheter pistolets et poignards pour l'attaque de la Villette en aožt 1870. Il finance l'impression de nombre de livres Žcrits par Blanqui et participe mme ˆ la rŽdaction de Critique sociale. Plus tard, comme certains de ses camarades, il basculera idŽologiquement et sera dŽputŽ boulangiste. Au dŽcs de Blanqui, il fait Ždifier ˆ ses frais un gisant en bronze rŽalisŽ par Dalou [dÕaprs Wkpd]. NŽ le 20 avril 1844 ˆ Mortagne-au-Perche (Orne), mort en 1914. Granger est le fils dÕun avouŽ normand qui lui laisse une belle fortune. Venu ˆ Paris poursuivre ses Žtudes de droit, il sÕy lie au mouvement populaire parisien et, ds 1864, il appartient au noyau blanquiste, Ē embryon du Parti Č (cf. annexe B). Ė lÕautomne 1865, Granger assiste au congrs international des Žtudiants de Lige. Le 21 janvier 1866, il participe ˆ une manifestation blanquiste, rue des Amandiers (dans le XXe) ce qui lui vaut une peine de 6 mois de prison (cf. annexe B). Au cours des annŽes qui suivent, il est, avec Duval, Eudes, Genton, Jaclard, Meunier, un des organisateurs des premiers groupes de combat blanquistes. Le 4 septembre 1870, il joue un r™le trs actif avec Balsenq et E. Levraud. Il signe le 6 septembre 1870, la dŽclaration, tirŽe en affiche : La Patrie en danger [cf. annexe F]. Pendant le Sige, Granger est commandant ˆ la Garde nationale. Au lendemain du 18 mars, il accompagne Pilhes ˆ Toulouse pour rechercher Blanqui, mais celui-ci a dŽjˆ ŽtŽ arrtŽ. Aprs la dŽfaite de la Commune, Granger gagne Londres o son aisance lui permet dÕadoucir lÕexil de ses compagnons moins fortunŽs. Il est un des animateurs du groupe blanquiste Ē La Commune rŽvolutionnaire Č et signe, en 1874, son appel Aux Communeux [cf. annexe K]. RentrŽ ˆ Paris, quelques mois avant lÕamnistie de 1880, Granger partage un modeste appartement avec Blanqui jusquՈ la mort de ce dernier. Au mois de juillet 1881, il est un des organisateurs du ComitŽ rŽvolutionnaire central [cf. annexe M]. Aprs la mort dÕEudes (5 aožt 1883), Granger appara”t, aux c™tŽs dՃdouard Vaillant, comme un des chefs de file du blanquisme. Face ˆ Vaillant, il reprŽsente le blanquisme traditionnel, non imprŽgnŽ de marxisme. Au sein du CRC, Granger et Vaillant reprŽsentent bient™t deux tendances divergentes que le boulangisme sŽpare dŽfinitivement [cf. annexes N & O]. Granger est accueilli en 1884 ˆ lÕIntransigeant, par Rochefort, alors quÕil cherche un gagne-pain et une tribune. Blanquiste sans consistance doctrinale, son ralliement au boulangisme lui vaut un sige de dŽputŽ : en octobre 1889, il est Žlu dans le XIXe. Granger aura collaborŽ aux journaux : La Patrie en danger ; Ni Dieu, ni Ma”tre ; LÕHomme libre ; Le Cri du Peuple ; LÕIntransigeant, et dans les organes successifs de son CRC dissident : Le Blanquiste (Lyon) ; Le Ralliement ; Le RŽveil du Peuple (1891-1892). (dÕaprs le Maitron)

 

GrŽbauval Armand (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Journal des dŽbats, 27 janvier 1895, p. 2. + voir annexes N & O). 

 

GuŽrinire A. ( ?- ?) * : Aprs la Semaine sanglante, A. GuŽrinire se rŽfugie ˆ New York. Proche de la mouvance blanquiste, il est membre de la commission de contr™le du Socialiste, en octobre 1872, et nommŽ secrŽtaire des sŽances lors de la constitution du premier bureau du Groupe rŽvolutionnaire socialiste international (GRSI), en janvier 1873.
Aprs lՎchec et la dŽsagrŽgation du mouvement rŽvolutionnaire au printemps 1874, A. GuŽrinire reste un fidle lecteur du Bulletin de lÕUnion rŽpublicaine.
Sa trace se perd aprs 1875.
(dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Guyon Louis (?-?) : EmployŽ de commerce [selon Da Costa] ou commis-vitrier [selon Maitron], il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 39 + annexe D].

 

Hanser Charles Henri (1835-1880 ?) * : NŽ ˆ Besanon (Doubs) le 14 juin 1835, mort aprs 1880. Comme beaucoup de provinciaux, Henri Hanser part travailler ˆ Paris. Capitaine dÕune compagnie sous la Commune, Hanser est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. RŽfugiŽ ˆ Londres aprs la Semaine sanglante, Henri Hanser adhre ˆ lÕAIT. Peu avant la fin de 1873, Henri Hanser gagne New York. Ayant pris langue avec les milieux de la proscription, il est nommŽ secrŽtaire de la commission dÕenqute formŽe par les rŽfugiŽs de la Commune pour vŽrifier le bien-fondŽ des accusations de MŽgy ˆ lÕencontre des frres ƒlie et Gustave May, laquelle rend un verdict de non-lieu en janvier 1874. Il figure parmi les dirigeants du Cercle communiste rŽvolutionnaire blanquiste (en fait, le GRSI). En mars 1874, au cours du banquet commŽmorant lÕanniversaire du 18 mars, sa fille Lucie (14 ans) prononce un petit discours ˆ la gloire de Louise Michel. En qualitŽ de membre du comitŽ exŽcutif du Groupe communiste rŽvolutionnaire de New York, Henri Hanser est, en 1876, lÕun des signataires du manifeste dÕinspiration blanquiste [cf. annexe V], de lÕappel de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs en faveur des dŽportŽs de Nouvelle-CalŽdonie et de la lettre de soutien adressŽe en dŽcembre 1877 par les communistes new yorkais aux membres de la Ē Vieille Icarie Č. En janvier 1878, il est ˆ lÕorigine du lancement dÕun hebdomadaire de tendance blanquiste, La Centralisation (dont nous ne connaissons lÕexistence que par les extraits publiŽs ˆ Paris par LՃgalitŽ de Jules Guesde). Il sÕest alors Žtabli comme peintre en enseignes. Hanser se f‰che un peu plus tard avec MŽgy, lors dÕune rŽunion de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs. Henri Hanser bŽnŽficie de la remise de sa peine en novembre 1879. Sa trace se perd ensuite. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Hayot (?-?) : En 1867, il assiste, tant™t chez Chouteau et tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendances blanquistes dŽnommŽ Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

Hermann (?-?) : En 1867, il assiste, tant™t chez Chouteau et tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendances blanquistes dŽnommŽ Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. Il est condamnŽ par dŽfaut, le 23 dŽcembre 1867 ˆ trois mois de prison, 100 f dÕamende et cinq ans de privation des droits civiques. (Maitron) Voir notice Chouteau. Plusieurs autres Hermann sont citŽs dans le Maitron, qui pourraient correspondre : 1) Hermann  Julien : nŽ le 16 avril 1827 ˆ MontbŽliard (Doubs), mŽcanicien-horloger ˆ Paris, qui entre dans le gŽnie auxiliaire pendant le 1er Sige, puis sert dans le mme corps sous la Commune. Il est arrtŽ le 28 mai prs du lac Saint-Fargeau (XXe) et condamnŽ ˆ cinq ans de prison. 2) Hermann (sans prŽnom) : domiciliŽ rue Coquillre, Hermann est dŽlŽguŽ des fourreurs et apprteurs en peaux parisiens ˆ lÕExposition universelle de 1867 et membre de la Commission ouvrire fondŽe ˆ cette occasion. 3) Hermann (sans prŽnom) : nŽ le 2 mars 1841 ˆ Paris (IVe), garon de salle chez un restaurateur. Il sÕengage le 3 avril dans la 3e compagnie de marche du 25e bataillon. Il rentre ˆ Paris le 20 mai ; le 26, il a perdu son bataillon ; avec des gardes dÕautres bataillons, il se retire le 28 mai ˆ la mairie du XXe, o il est fait prisonnier. CondamnŽ ˆ la dŽportation simple, il est bien notŽ en Nouvelle-CalŽdonie ; dans ses lettres, il signe T. Hermann avec trois points disposŽs en triangle (franc-maon ?). Il rentre en France en 1877. 4) Hermann  Jean : nŽ le 20 fŽvrier 1840 ˆ Strasbourg, mineur, puis terrassier, il sert la Commune dans les rangs des FŽdŽrŽs. ArrtŽ le 27 mai, il est incarcŽrŽ ˆ Rochefort. CondamnŽ, ˆ la dŽportation simple pour faits insurrectionnels, il meurt ˆ lՔle des Pins, le 6 mai 1878. (dÕaprs le Maitron)

 

Huguenot Antoine Arthur (1845- ?) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ ˆ lÕIsle-Jourdain (Vienne) le 27 janvier 1845. Aprs des Žtudes au sŽminaire, il est attachŽ, pendant le 1er Sige, ˆ la mairie du VIe. Le 1er mai 1871, il est nommŽ commissaire de police et substitut du procureur de la Commune en mme temps que G. Da Costa, FerrŽ et Martainville. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. RŽfugiŽ en Suisse, ˆ Neuch‰tel, il rencontre James Guillaume et adhre ˆ la section de lÕInternationale (FŽdŽration jurassienne) dont il est quelque temps le secrŽtaire. Huguenot, se disant bachelier s lettres et ancien professeur, vit de leons donnŽes dans des pensionnats. Sa belle Žcriture lui permet, en fŽvrier 1872, dÕoffrir ses services ˆ Guillaume pour autographier les deux premiers numŽros du Bulletin de la FŽdŽration jurassienne. Il assiste, le 18 aožt 1872, comme secrŽtaire, au congrs de La Chaux-de-Fonds, puis, de janvier ˆ aožt 1873, il habite Vienne, o il vit de leons de franais. Il en est expulsŽ en aožt 1873 et se rend ˆ Londres, o il est parmi les fondateurs (avec Berton, Blond, Brignolas, Carney, Cottard, Guillot, La Cecilia, Lattapy, F. Lhuillier, Mallet, A. Martin, Constant Martin, ƒdouard Moreau, Mortier, Varlet) de lՎcole franaise destinŽe aux enfants des proscrits. (dÕaprs le Maitron)

 

Hugues Clovis (1851-1907) * : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O). NŽ ˆ MŽnerbes (Vaucluse) le 3 novembre 1851 et mort ˆ Paris le 11 juin 1907. Fils de meunier, il fait ses Žtudes au sŽminaire de Sainte-Garde mais n'entre pas dans les ordres. Ė sa sortie, il t‰te du journalisme ˆ Marseille. Il a 20 ans quand Žclate la Commune de Marseille. Bras droit de l'avocat et pote Gaston CrŽmieux, ils proclament tous deux, drapeau rouge ˆ la main, la RŽpublique Sociale, le 23 mars 1871, qui dure jusqu'au 4 avril quand les Ē Versaillais Č de Notre-Dame de la Garde Žcrasent sous les boulets le bastion communaliste de la PrŽfecture. Faits prisonniers, les deux rŽvolutionnaires sont jugŽs. Thiers fait fusiller CrŽmieux au Pharo et condamner Hugues ˆ 4 ans de prison. LibŽrŽ, Hugues reprend la plume pour demander l'amnistie des prisonniers politiques et des communards dans la Jeune RŽpublique. En 1879, il participe ˆ Marseille au Congrs constitutif du Parti ouvrier franais (P.O.F.) et se prŽsente sous cette Žtiquette aux Žlections de 1881. ƒlu, il est le premier adhŽrent ˆ un parti ouvrier ˆ entrer ˆ la Chambre des dŽputŽs. Tout en Žcrivant ses pomes, il attaque ˆ la Chambre Jules Ferry, exige la libŽration des communards et fait l'Žloge des mineurs de Decazeville en grve. Clovis Hugues est rŽŽlu en 1885 et se joint bient™t au mouvement boulangiste. En 1893, il devient dŽputŽ de Paris, sige quÕil conservera jusqu'en 1906. [dÕaprs Wkpd]

 

Humbert Alphonse (1844-1922) * : EmployŽ ˆ l'usine Raspail  [selon DaCosta] ou commis pharmacien [selon Dommanget, in Blanqui, LÕHumanitŽ, 1924, p . 87], il devient blanquiste par lÕintermŽdiaire de Rigault [DaCosta, Les Blanquistes, p. 16]. Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison [DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 24 + annexe D]. En 1867, il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle  [DaCosta, idem, pp. 29 + cf. annexe E].  NŽ ˆ Paris le 21 janvier 1844 ; mort le 27 dŽcembre 1922. Humbert perd t™t son pre, Žditeur dÕestampes, et est ŽlevŽ par sa mre qui dirige, rue Saint-Jacques, un cabinet de lecture pour Žtudiants. CÕest un brillant Žlve quÕune typho•de empche dÕentrer ˆ lՃcole polytechnique. Il travaille alors dans le laboratoire Raspail et se lie avec les militants blanquistes. QualifiŽ dՎtudiant en droit, il assiste au 1er congrs de lÕInternationale ˆ Genve en septembre 1866, en compagnie dÕautres blanquistes comme Protot, Jeannon et Lalourcey [cf. annexe B]. En 1867, il est arrtŽ avec BreuillŽ, Charles et Gaston Da Costa, Longuet et dÕautres blanquistes pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č place de lÕH™tel de Ville sur le passage de NapolŽon III et de lÕempereur dÕAutriche ; et il est condamnŽ ˆ nouveau ˆ 3 mois de prison [cf. annexe E]. Au cours des annŽes 1868 et 1869, il participe aux rŽunions publiques parisiennes et, en avril 1869, signe le manifeste blanquiste Ē DŽclaration des socialistes de toutes les doctrines Č. Humbert collabore ˆ La Marseillaise de Rochefort. CondamnŽ, en mai 1870, ˆ 1 an de prison pour offenses envers lÕempereur, il se rŽfugie en Belgique dÕo il revient ˆ la chute de lÕEmpire. Il collabore alors au Journal du Peuple, puis ˆ La Patrie en danger, au Vengeur et au Pre Duchne... DŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Aprs la dŽfaite de la Commune, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. GraciŽ le 8 mai 1879, il rentre en France et, quelques mois aprs son retour, passe en correctionnelle pour avoir attaquŽ la justice franaise. ƒlu conseiller municipal du quartier Javel en 1879, puis du quartier de Grenelle en 1886, il est dŽputŽ radical-socialiste du XVe en 1893 et, en mme temps, prŽsident du conseil municipal de Paris. (dÕaprs le Maitron) 

 

Jaclard Charles Victor (1840-1903) *Ę : NŽ le 18 dŽcembre 1840 ˆ Metz (Moselle), mort le 14 avril 1903 ˆ Paris. Issu dÕune famille dÕartisans, Victor Jaclard reoit une bonne instruction et devient professeur de mathŽmatiques. En 1864, voulant Žtudier la mŽdecine, il arrive ˆ Paris. Ds lors, Jaclard est membre du noyau blanquiste qui constitue lÕŅ embryon du Parti Ó. En aožt1865, il aide ˆ lՎvasion de Blanqui de lÕh™pital Necker. En octobre-novembre 1865, il assiste au congrs international des Žtudiants ˆ Lige, o les Žtudiants franais Germain Casse, Lafargue, Regnard, Aristide Rey manifestent avec vigueur contre lÕEmpire. Cela lui vaut d'tre exclu de son universitŽ. Jaclard est l'un des premiers socialistes franais ˆ se joindre ˆ la Premire Internationale, fondŽe en 1864 ˆ Londres. Disciple de Pierre-Joseph Proudhon, il est en bons termes avec Beno”t Malon. Il est arrtŽ le 21 janvier 1866 avec Villeneuve, Levraud, Granger et autres blanquistes, pour avoir pris part ˆ une manifestation de rue, et condamnŽ, ˆ six mois de prison [cf. annexe B]. Ė sa libŽration, il part pour Genve, o il rencontre la fŽministe rŽvolutionnaire Anna Vasilevna Korvin-Kurkovskaya (1843Š1887), qui vient de quitter la Russie. (CÕest Malon, maire adjoint du XVIIe, qui cŽlbre, dit-on, leur mariage, en mars 1871.) En 1867-1868, Jaclard met sur pied, avec Genton et Duval, les premiers groupes blanquistes de combat. En septembre 1868, il assiste ˆ Berne au congrs de la Ligue de la Paix et de la LibertŽ et fait partie, avec ƒlisŽe Reclus et Aristide Rey, de la minoritŽ de 18 congressistes qui suivent Bakounine, quittent de la Ligue et crŽent, le 28 octobre, ˆ Genve, lÕAlliance internationale de la dŽmocratie socialiste qui se constitue en branche de lÕAIT. En 1869, Jaclard, qui estime que lÕaction rŽvolutionnaire doit sÕappuyer largement sur les masses, sՎcarte peu ˆ peu de Blanqui. ƒlu chef dÕun bataillon de la Garde nationale, il prend part ˆ la journŽe du 31 octobre. Membre du ComitŽ central des 20 arrondissements, Jaclard sÕaffirme favorable ˆ la marche sur Versailles au soir du 18 mars. Il est chargŽ de coordonner l'action entre la Commune de Lyon et la commune de Paris. Durant la Semaine Sanglante, il combat aux Batignolles avec Malon, puis ˆ la barricade du Ch‰teau-dÕEau. Il est condamnŽ aux travaux forcŽs ˆ perpŽtuitŽ, par contumace, car il a rŽussi ˆ sՎchapper du dŽp™t des Chantiers. DÕaprs le Maitron, il se rŽfugie en Suisse et sera appelŽ ˆ Lausanne pour travailler ˆ la liquidation dÕune sociŽtŽ franaise chargŽe de lÕexploitation du rŽseau de la Compagnie des Chemins de fer de la Suisse occidentale. Il aurait contribuŽ ˆ Ē ressusciter la section internationale de cette ville Č. Mais le rŽdacteur de la notice WikipŽdia le dit rŽfugiŽ ˆ Londres, o les Žpoux Jaclard entretiennent de bonnes relations avec Karl Marx. En 1874, ils s'installent en Russie, o Victor devient professeur de franais. Gr‰ce ˆ Anna, il est introduit dans le cercle des Narodniks, publiant des articles dans des journaux d'opposition. Bien quÕathŽes et Ē nihilistes Č, les Žpoux Jaclard ont des relations amicales avec Dosto•evski. En 1880, une amnistie gŽnŽrale des Communards leur permet de rentrer en France. Jaclard reprend contact avec les blanquistes, tout en conservant de bonnes relations avec le radical-socialiste Georges Clemenceau (il devient le secrŽtaire de rŽdaction de son journal La Justice) ou le socialiste rŽformateur Alexandre Millerand. Il participe ˆ la fondation du Parti ouvrier franais. En 1889, il est Žlu au conseil municipal d'Alfortville, o il s'est installŽ aprs le dŽcs de son Žpouse en 1887. Dans la fin des annŽes 1880, Jaclard participe activement aux actions en vue de faire revivre l'esprit de l'AIT, en crŽant la Seconde Internationale ouvrire ˆ Paris, en 1889. Il est dŽlŽguŽ aux congrs de 1889, 1891 et 1893 ˆ Paris, Bruxelles et Zurich. Le 9 novembre 1895, Jaurs lui adresse un tŽlŽgramme : Ē Nos amis approuvent absolument votre idŽe. Faites proposition demain au congrs. Fonderons coopŽrative prs Carmaux. Remerciements et amitiŽs. Č et Jaclard est nommŽ trŽsorier du ComitŽ dÕaction pour lՎdification de la Verrerie ouvrire dÕAlbi. Toujours trs actif malgrŽ son ‰ge (il est aussi secrŽtaire du syndicat des journalistes socialistes), Victor Jaclard dŽcde ˆ Paris, le 14 avril 1903. (dÕaprs le Maitron & Wkpd)

 

Jacquot : Ancien combattant de juin 1848, Jacquot habite rue du Faubourg-Saint-Antoine, ˆ Paris (XIIe). En 1867-1868, il fait partie des premiers groupes de combat blanquistes. (dÕaprs le Maitron, citant M. Dommanget, Blanqui et lÕopposition rŽvolutionnaire...)

 

Jeallot Pierre dit Ē Le Tapin Č (1833-1909) * : Tambour dans les Zouaves sous le Second Empire (dÕo son surnom), Pierre Jeallot est dŽlŽguŽ de la Commission ouvrire de 1867 au sein de laquelle il reprŽsente les ouvriers parisiens en papiers peints fantaisie. Ė la fin de lÕEmpire, militant actif de lÕInternationale, il est blanquiste et appartient au groupe de MŽnilmontant. Il nÕa alors plus quÕun bras valide. Durant le sige, en 1870, il est incorporŽ ˆ la Garde nationale. Sous la Commune, il est Žlu capitaine et dirige la boulangerie de la manutention du quai de Billy. Ė la fin de la Commune, il parvient ˆ fuir et se rŽfugier ˆ New York fin 1871, puis ˆ Bruxelles (o il se trouve en mars 1872), puis en Suisse. Il est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Ė Neuch‰tel, Pierre Jeallot fait la connaissance de James Guillaume. Il gagne pendant longtemps sa vie en travaillant dans une imprimerie et adhre ˆ la section de Neuch‰tel de lÕAIT. En 1877, il vit ˆ la Chaux-de-Fonds. Le 18 mars, il participe ˆ la manifestation du drapeau rouge ˆ Berne. Les 19 et 20 aožt il assiste, ˆ la Chaux-de-Fonds, au congrs dÕune fŽdŽration franaise de lÕAIT, dont Jeallot est caissier fŽdŽral. Ė cette Žpoque, selon les mŽmoires de Kropotkine, il est encore blanquiste. Jeallot rentre ensuite en France o il intgre les groupes socialistes renaissants, mais il rejoint rapidement le mouvement anarchiste, travaillant avec Jean Grave et ƒmile Gautier, rencontrant Cafiero, Malatesta et TcherkessofÉ

 
Jeannon Alexandre [Franois, selon ZŽvas] (?-?) Ę : Tailleur (DaCosta, Les Blanquistes, p. 18), il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). Ouvrier tailleur dÕhabits parisien, affiliŽ aux groupes blanquistes et ˆ lÕInternationale, il signe avec Lalourcey la brochure intitulŽe Une scne de violence inqualifiable a signalŽ hier la sŽance publique... (Genve, septembre 1866), protestant contre les violences dont les quelques blanquistes qui voulaient assister au congrs, sans tre officiellement dŽlŽguŽs (Calavaz,  Humbert, Jeunesse, Lalourcey, Protot, Subit et lui-mme sont venus malgrŽ la dŽcision de Blanqui) ont ŽtŽ victimes. (dÕaprs le Maitron) Voir la notice Lalourcey.

 

Jeunesse Antony Jean Charles (?- ?) Ę : ƒtudiant en droit qui devient blanquiste par lÕintermŽdiaire de Rigault (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16), il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison et 500 F d'amende. (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 22 + annexe D).

 

Jouan[n]in E. (c. 1850- ?) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ vers 1850, un certain Jouannin (sans prŽnom indiquŽ) se rŽfugie ˆ Londres aprs 1871. On lÕappelle ironiquement Ē lÕassassin Č, car il sert la Commune comme cuisinier au Palais de la LŽgion dÕhonneur. Il prend un fusil pour les derniers combats et se mle, le 24 mai, au peloton qui se dirige vers la prison de la Roquette o va tre fusillŽ lÕarchevque. Jouannin meurt ˆ Moulins-sur-Allier (Allier), sa ville natale (date inconnue). Le Maitron suggre quÕil y a identitŽ avec E. Jouannin qui signe, en 1874, avec les membres du groupe blanquiste Ē La Commune rŽvolutionnaire Č.

 

Jourde Antoine (1848-1923) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O). NŽ le 23 septembre 1848, ˆ Saint-Merd-de-Lapleau (Corrze) ; mort ˆ CaudŽran (Gironde), le 1er fŽvrier 1923. Antoine Jourde conna”t une jeunesse errante et besogneuse : fabriquant de parapluies ˆ Angers ds lՉge de 14 ans, il est employŽ de bureau, puis voyageur et employŽ de divers commerces, pour finir directeur du Comptoir des entrep™ts girondins. Combattant de 1870, il est blessŽ, fait prisonnier, sՎvade et est nommŽ adjudant au PrytanŽe de La Flche pendant quelque temps. InstallŽ ˆ Bordeaux, comme comptable, il se signale pour la premire fois ˆ lÕattention de lÕopinion par son action vigoureuse (avec Ernest Roche) en faveur de la candidature de Blanqui, Žlu le 20 avril 1879. Son action sՎtend au domaine syndical et, en 1885, il est Ē conseiller prudÕhomme Č et figure sur la liste du ComitŽ socialiste rŽvolutionnaire de la Gironde, aux c™tŽs de SŽbastien Faure, alors socialiste. Jourde est un des rares socialistes dÕobŽdience guesdiste ˆ se laisser entra”ner dans le mouvement boulangiste. Le dŽclin rapide de ce dernier lui permet de renouer facilement avec les groupes locaux du Parti Ouvrier. En 1897, il devient secrŽtaire de la Chambre. Au congrs de Paris, salle Japy (1899), Jourde, avec la majoritŽ, rallie le Parti socialiste franais, allant ˆ Jaurs, aprs avoir longtemps suivi Guesde, flirtŽ avec le boulangisme et c™toyŽ Allemane, mais il sՎcarte trs vite de la SFIO. (dÕaprs le Maitron)

 

Kellermann [Albert, selon ZŽvas] (?-?) : Rentier [cultivateur ˆ Vairil (Seine-et-Marne), selon ZŽvas], il devient blanquiste par lÕintermŽdiaire de Rigault (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16). Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 22 + annexe B).

 

Labruyre Georges de (1856-1920) : Compagnon de SŽverine, journaliste au Cri du Peuple et fondateur de La Cocarde, il compte parmi les Ē blanquistes boulangistes Č [Wkpd, Ē Boulangisme Č + annexe 0 & Q]. EngagŽ ˆ l'‰ge de 14 ans, Georges-Joseph Poidebard de Labruyre, nŽ ˆ Paris le 21 fŽvrier 1856 et mort ˆ Savigny-sur-Orge en mai 1920, serait le plus jeune soldat de France lors de la guerre de 1870. Il prend part aux combats du Bourget, de Champigny et de Buzenval, avant de s'engager dans les Spahis en AlgŽrie. En 1877, il dŽmissionne de l'armŽe et s'installe ˆ Paris, o il devient journaliste, signant ses articles Georges de Labruyre et collaborant au Voltaire (1881), ˆ La RŽforme, LՃvŽnement, La France agricole, politique et commerciale (dont il assure la direction politique) et L'ƒcho de Paris, avant d'entrer, en 1885, au Cri du peuple, quotidien socialiste fondŽ par Valls et repris par SŽverine. Intimement liŽ ˆ cette journaliste libertaire et fŽministe, Labruyre partage la plupart de ses combats politiques, du socialisme au boulangisme. Tous deux sont mme, un moment, proches de l'antisŽmite ƒdouard Drumont, directeur de La Libre Parole. Passant pour l'un des ma”tres du genre du reportage, Labruyre fonde des titres tels que La Cocarde et La Jeune RŽpublique et collabore au Matin (dont il est le chef des informations). RŽdacteur en chef de La Cocarde, Labruyre y exprime le boulangisme Ē de gauche Č, issu du blanquisme. Aprs la fuite de Boulanger ˆ Bruxelles, Labruyre prend ses distances et cde en mars 1889 la direction de La Cocarde aux nationalistes. [dÕaprs Wkpd]

 

Lacambre Louis Antoine (1815-1894) : Il est co-signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). NŽ ˆ Gorses (Lot) en 1815 ; mort ˆ Bretenoux (Lot) le 29 dŽcembre 1894, docteur en mŽdecine installŽ dans le Lot, Lacambre Žpouse BŽrangre Barellier, nice dÕAuguste Blanqui. Membre de la SociŽtŽ des droits de lÕHomme, puis des sociŽtŽs secrtes rŽpublicaines et communistes qui lui succŽdent, il a sa fiche de police o on le dit (vers 1840) Ē fort et dangereux Č. Proche de Blanqui, le Dr Lacambre rŽdige avec lui et Benjamin Flotte le texte La SociŽtŽ rŽpublicaine centrale au Gouvernement provisoire, ˆ propos de la rŽpression sanglante dÕavril 1848 ˆ Rouen. Il est lÕun des rŽdacteurs des VeillŽes du peuple, journal mensuel de la DŽmocratie socialiste, auquel collabore Blanqui depuis sa prison (novembre 1849 - mars 1850). Lacambre sŽjourne comme rŽfugiŽ politique ˆ Valence (Espagne) o il conna”t une vie difficile (il doit mme travailler comme fondeur), avant de devenir lÕun des premiers mŽdecins de la ville. Il peut continuer alors ˆ soutenir lÕaction de Blanqui. En 1865, cÕest lui qui finance le journal blanquiste anticlŽrical Le Candide. Commandant dÕun bataillon de la Garde nationale, il est rŽvoquŽ en raison de ses opinions politiques et de sa participation au mouvement rŽvolutionnaire. Non Žlu le 8 fŽvrier 1871, il regagne sa propriŽtŽ du Lot. CÕest lˆ que Blanqui est arrtŽ sur lÕordre de Thiers, le 17 mars. (dÕaprs le Maitron)

 

Lachize FŽlix (1859-1921) : ƒlu en 1889 ˆ Villefranche (Rh™ne) sous lՎtiquette blanquiste (CRC) (DaCosta, Les Blanquistes, p. 67 + annexe P). NŽ le 20 novembre 1859 ˆ Thizy (Rh™ne) et dŽcŽdŽ le 8 octobre 1921 ˆ Paris. DomiciliŽ ˆ Lyon, il est tisseur dans l'industrie et militant blanquiste. PersonnalitŽ brillante, il conduit avec vigueur sa campagne Žlectorale lors des lŽgislatives de 1889 ˆ Villefranche-sur-Sa™ne, o il est Žlu. Selon un rapport de police, Ē son portrait est dans toutes les maisons ouvrires Č. ƒlu au conseil municipal de Thizy en 1892 et en 1896,  Lachize se consacre ˆ lÕorganisation des syndicats de tisseurs dans cette rŽgion et anime la grande grve des couverturires de Cours (juillet 1890-avril 1891), mouvement qui, malgrŽ une lutte particulirement ‰pre, Žchoue. En 1892, Lachize assiste comme dŽlŽguŽ au congrs du POF ˆ Marseille. (dÕaprs le Maitron).

 

Lafargue Paul (1842-1911) Ę : Ē Aux sŽances du Congrs [de Lige, en 1865_], certains dŽlŽguŽs franais se firent [É] remarquer par la nettetŽ de leurs dŽclarations franchement athŽistes ou matŽrialistes et leurs professions de foi rŽpublicaines et sociales, notamment Aristide Rey, Albert Regnard, Lafargue, Bigourdan, Jaclard, Žtudiants en mŽdecine, et Germain Casse et Losson, Žtudiants en droit Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11). NŽ ˆ Santiago-de-Cuba le 15 janvier 1842, mort ˆ Draveil (Seine-et-Oise) le 25 novembre 1911. LÕascendance de Paul Lafargue est complexe : dans ses veines coulerait le Ē sang de trois races opprimŽes Č, mul‰tres, juifs, indiens. En 1851 (il a 9 ans), sa famille lÕenvoie poursuivre ses Žtudes en France. DÕabord aux lycŽes de Bordeaux et de Toulouse, puis ˆ la FacultŽ de mŽdecine de Paris. Avec la jeunesse intellectuelle, il combat lÕEmpire et collabore ˆ La Rive gauche fondŽe par Charles Longuet et ses amis en 1864. Au cours dÕun voyage ˆ Londres, en fŽvrier 1865, il rencontre Marx, puis participe, en octobre, au premier congrs international dՎtudiants, ˆ Lige, dont il est un des organisateurs. Exclu de lÕUniversitŽ de Paris, il sÕinstalle en Angleterre, o il achve, en juillet 1868, ses Žtudes mŽdicales. MlŽ aux milieux internationaux qui gravitent ˆ Londres autour de Marx, Paul Lafargue frŽquente sa maison et sՎprend de Laura, sa fille cadette. Ds 1866, il entre au conseil gŽnŽral de lÕInternationale comme reprŽsentant de lÕEspagne (il parle lÕespagnol), fonctions quÕil conserve aux 2e (Lausanne, 1867) et 3e congrs (Bruxelles, 1868). Ses luttes parisiennes, sa formation scientifique, le milieu londonien et les contacts internationaux dont il y bŽnŽficie lui font abandonner peu ˆ peu son proudhonisme originel. Reu docteur en mŽdecine, Lafargue exerce ˆ Londres. Au dŽbut de 1870, il vient ˆ Paris avec sa femme, cherchant ˆ obtenir lՎquivalence de son grade. Il y frŽquente les Internationaux parisiens et signe le texte Ē Le PlŽbiscite et la Libre PensŽe Č (voir Henri Place). Il est en avril 1871 ˆ Bordeaux (candidat aux Žlections municipales) mais, la situation devenant critique, il sÕenfuit dans les PyrŽnŽes ; et, au dŽbut dÕaožt, avec sa femme et son fils, passe en Espagne. Ė partir de novembre 1871, il peut rŽtablir le contact avec Engels et, le 24 dŽcembre, il est ˆ Madrid o, dŽlŽguŽ du Conseil gŽnŽral, il obtient les pleins pouvoirs pour lÕEspagne. Lafargue assiste au 5e congrs de lÕInternationale ˆ La Haye, en septembre 1872, o il reprŽsente Ē la FŽdŽration de Madrid, une autre fŽdŽration espagnole et la FŽdŽration de Lisbonne Č. Il vote pour lÕexclusion de Bakounine et de Guillaume et se prononce pour le transfert du sige ˆ New-York. Aprs le congrs de La Haye, le couple retourne ˆ Londres. Mais, frappŽ douloureusement par la perte de leurs trois enfants, il ne consent plus ˆ exercer la mŽdecine et ouvre un atelier de photolithographie et de gravure. Ds 1880, il collabore ˆ LՃgalitŽ de Guesde et, revenu en France en 1882, milite au sein du Parti ouvrier, dont il est le candidat au conseil municipal de Paris, en 1887. Il lÕest encore aux lŽgislatives de 1889, dans le Cher. Sa pensŽe, comme son action, se confondent avec celles de Guesde. Il semble mme avoir ŽtŽ, dans le POF, son inspirateur, dans la mesure o il a mieux assimilŽ que lui le marxisme. Mais, journaliste doctrinaire, polŽmiste mordant, Lafargue nÕa pas les qualitŽs oratoires de Guesde. Pour des propos tenus dans la rŽgion minire, industrielle et rurale de Montluon-Commentry (Allier) en septembre 1882, en compagnie de Guesde, il sont condamnŽs en avril 1883 ˆ 6 mois de prison. Au cours de leur dŽtention ˆ Sainte-PŽlagie, les deux codŽtenus Žlaborent le programme du POF et Lafargue Žcrit son cŽlbre Droit ˆ la paresse. LibŽrŽ le 21 novembre, Lafargue reprend la plume au service de ses idŽes, souvent aux c™tŽs de Guesde, au Cri du Peuple, au Citoyen, et, ˆ partir de 1885, ˆ La Revue socialiste de Beno”t Malon, et au Socialiste, hebdomadaire du POF, donnant aussi des confŽrences et cours dՎconomie sociale. EnfermŽ ˆ Sainte-PŽlagie, en aožt 1891, ˆ la suite des ŽvŽnements de Fourmies, il en sort pour entrer le 10 novembre au Palais-Bourbon, comme dŽputŽ du Nord. En 1901, aprs luttes et regroupements, Lafargue se trouve, avec le POF et les amis de Vaillant, au Parti socialiste de France, qui, en 1905, entre dans la SFIO. Aux Žlections gŽnŽrales de 1906, il est son porte-drapeau contre Millerand dans le XIIe. Approchant de 70 ans (terme quÕil a fixŽ ˆ sa vie Ē pour ne pas subir les atteintes physiques et intellectuelles dÕune vieillesse trop avancŽe Č), Paul et Laura Lafargue, au retour dÕune soirŽe thŽ‰trale ˆ Paris, se donnent la mort dans leur maison de Draveil. Le 3 dŽcembre 1911, leurs dŽpouilles sont incinŽrŽes au Pre-Lachaise avec le concours dÕune nombreuse assistance et dÕorateurs dont la prŽsence simultanŽe ˆ Paris atteste du renom de Lafargue dans le mouvement socialiste : Dubreuilh (secrŽtaire gŽnŽral de la SFIO), Bracke, Vaillant, Guesde et Jaurs, Karl Kautsky (Social-dŽmocratie allemande), Anseele (PO belge), Keir Hardie (Labour Party), LŽnine, Alexandra Kollonta• (POSD de Russie), Roubanovitch (Socialistes rŽvolutionnaires russes). (dÕaprs Jean Maitron, Justinien Raymond et Jean Dautry). Voir aussi : https://www.marxists.org/francais/lafargue/index.htm

 

Lalourcey Octave, Charles [-Nicolas] (?- ?) : Ouvrier menuisier parisien, dŽsignŽ pour aller reprŽsenter avec Protot les blanquistes au Congrs de lÕInternationale ˆ Genve en septembre 1866 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 17 + annexe B). Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot et ses camarades qui ont participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). Avec Jeannon, ouvrier tailleur et membre comme lui dÕune section de lÕInternationale, il proteste par lettre (le Journal de Genve du 13 septembre 1866) contre une dŽclaration de responsables du 1er congrs de lÕInternationale (Genve, 3-8 septembre), confirmant les violences dont les quelques blanquistes qui voulaient assister au congrs, sans tre officiellement dŽlŽguŽs (Calavaz,  Humbert, Jeannon, Jeunesse, Lalourcey, Protot, Subit sont venus malgrŽ la dŽcision de Blanqui) ont ŽtŽ victimes. (dÕaprs le Maitron)

 

Lamblin (?-?) : ƒtudiant en mŽdecine, il visite Blanqui ˆ lÕH™pital Necker, au printemps 1864, et fait partie de lՎquipe qui organise son Žvasion, le dimanche 27 aožt (DaCosta, Les Blanquistes, p. 9). Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 22 + annexe D).

 

Lancelot (?-?) : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). SÕagit-il dՃmile Lancelot (ou Lanscelot), typographe, membre de lÕAssociation libre des compositeurs et imprimeurs typographes de Bruxelles ? (dÕaprs le Maitron).

 

Landowski Jean Louis CŽlestin Joseph [parfois fautivement orthographiŽ Ē Landouski Č] (1839-?) * : Commis en librairie, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). NŽ le 31 dŽcembre 1839 ˆ Mouscron (Belgique), il est graveur. Sous la Commune, Landowski est nommŽ commissaire de police de la navigation et des ports, commissaire de la porte Saint-Denis, prŽsident du ComitŽ central du XVIIIe et colonel dՎtat-major du gŽnŽral Dombrowski. CondamnŽ par contumace, ˆ deux ans de prison puis ˆ la dŽportation simple, Landowski sÕest rŽfugiŽ ˆ Londres, puis (peut-tre) en ƒgypte ; il est amnistiŽ en juin 1879. (Maitron)

 

Largillire  Joseph (?-?) *Ę : Ma”tre menuisier, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 6 mois de prison et 100 F dÕamende. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Da Costa prŽcise quÕil Žtait sans doute un des Ē agents glissŽs chez  les blanquistes Č (id., p. 27). Il est Žgalement prŽsent dans la liste des Francs-Maons Ē ayant participŽ ˆ la Commune ou sympathisŽ avec elle Č (notice Ē Thirifocq Č du Maitron).

 

LarrŽgieux (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Ē ƒmile Rouillon Č, L'Intransigeant, 11 septembre 1890, p. 2 + voir annexes N & O). Militant blanquiste, il est chargŽ de distribuer une partie des armes entreposŽes rue dÕAboukir (IIe), en vue du coup de main du 14 aožt 1870 contre la caserne de la Villette. ArrtŽ, LarrŽgieux est condamnŽ ˆ 5 ans de dŽtention, mais libŽrŽ par la chute de lÕEmpire. (dÕaprs le Maitron)

 

Las Charles Henri (c. 1819- ?) : NŽ vers 1819 ; passementier. CÕest tant™t chez Chouteau et tant™t chez lui (8, place de la Corderie, Paris, IIIe) quÕen 1867 se tiennent les rŽunions au cours desquelles sont ŽlaborŽs les statuts du groupement blanquiste Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č, aussit™t connu de la police gr‰ce ˆ lÕindicateur Godichet. Il est condamnŽ, le 23 dŽcembre 1867, ˆ 3 mois de prison. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

Lauer (?-?) : Membre de lÕUnion RŽpublicaine de Langue Franaise et de lÕAIT ˆ New York, Lauer est membre de la commission de contr™le du Socialiste en 1872 et 1873. Il est Žgalement lÕun des organisateurs de la souscription au bŽnŽfice des veuves et des ophelins des combattants de la Commune de Paris. Le fait que Lauer et Edmond MŽgy se sont associŽs ˆ cette occasion laisse penser que Lauer appartient ˆ la mouvance blanquiste. Lauer est aussi lÕun des signataires de la lettre de soutien adressŽe en dŽcembre 1877 par les communistes new yorkais aux membres de la Ē Vieille Icarie Č (voir Arsne Sauva et Joseph Olivier). (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Laugier Charles (?-?) : ƒtudiant en mŽdecine, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). LÕanecdote est confirmŽe par le Maitron qui ajoute quÕil peut y avoir identitŽ avec Louis, Charles, Paul Laugier qui, aide-major du 100e bataillon fŽdŽrŽ, est nommŽ, le 27 avril 1871, chirurgien-major au 116e bataillon. (dÕaprs le Maitron)

 

Laurent (?- ?) : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M).

 

LavallŽe Ga‘tan (?- ?) : ƒtudiant en mŽdecine qui devient blanquiste par lÕintermŽdiaire de Rigault (DaCosta, Les Blanquistes, p. 16), il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). (ConfirmŽ par le Maitron)

 

Lebreton Auguste, dit Ē Normand Č, Ē ƒgalitaire Č (c.1805- ?) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. NŽ vers 1805 ˆ Pont-aux-Dames (Seine et Marne), ouvrier menuisier. Communiste icarien de Blois, membre de la SociŽtŽ lyrique des Fils du Diable, il est Ē permŽable ˆ lÕinfluence du communiste rŽvolutionnaire Blanqui Č au dŽbut de 1847. Ė la suite des Žmeutes de Tours en novembre 1846, il est condamnŽ ˆ 1 mois de prison (cf. BŽasse Jean-Franois, BŽraud Pierre, Bonin ƒtienne). (dÕaprs le Maitron)

 

Le DorŽ Joseph Eugne (1853- ?) : NŽ ˆ Brest (Finistre) le 10 juillet 1853, Joseph Le DorŽ est menuisier. Membre de la section brestoise de lÕInternationale, il est accusŽ dÕappartenir ˆ une sociŽtŽ secrte et arrtŽ en mai 1870. LibŽrŽ, Le DorŽ sÕexpatrie aux ƒtats-Unis en 1873. Ds son arrivŽe dans ce pays, il rencontre les ŽlŽments les plus radicaux et adhre au Groupe rŽvolutionnaire socialiste international (GRSI) contr™lŽ par les blanquistes. Il prŽside la sŽance de cette organisation au cours de laquelle est votŽe une adresse au congrs antiautoritaire de lÕAIT qui doit sÕouvrir ˆ Genve le 1er septembre 1873.
Il figure parmi les signataires de la lettre de soutien adressŽe en dŽcembre 1877 par les communistes new yorkais aux membres de la Ē Vieille Icarie Č (cf. Arsne Sauva, Joseph Olivier).
(dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Ledrux [ou Ledru] Louis (1840- ?) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ ˆ Cognac (Charente) le 21 aožt 1840, ouvrier typographe, Ledrux travaille dans les ateliers de plusieurs journaux rŽvolutionnaires : La Marseillaise, Le Rappel, Le Mot dÕordre. Pendant le sige, il fait partie de la Garde nationale. Aprs le 18 mars, il est Žlu capitaine adjudant-major et commande le fort de Vanves. Par arrtŽ du ComitŽ de salut public de la Commune de Paris du 12 mai 1871, le colonel Ledrux est nommŽ juge ˆ la cour martiale. Par contumace, il est condamnŽ ˆ mort le 29 mai 1874. RŽfugiŽ ˆ Londres, Ledrux fait partie du groupe blanquiste Ē La Commune rŽvolutionnaire Č. Fin 1874, il travaille ˆ Mulhouse comme typographe ˆ lÕExpress. De retour dÕexil, il est employŽ, toujours dans sa spŽcialitŽ, ˆ lÕIntransigeant. En 1881, il est candidat du Parti Ouvrier dans le quartier de lÕArsenal. (dÕaprs le Maitron).

 

LŽonce : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). ConfirmŽ par le Maitron qui se demande si cÕest de lui que parle Lissagaray dans son Histoire de la Commune, disant quÕil travaillait ˆ Londres comme peintre sur porcelaine.

 

LŽtang  StŽphane Gilbert (1859-1941) : ƒlu dans l'Allier aux lŽgislatives de 1898 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 68). NŽ le 19 fŽvrier 1859 ˆ Montluon (Allier) ; mort le 17 juin 1941 ˆ Lavault-Sainte-Anne (Allier). Ouvrier cordonnier, puis reprŽsentant de commerce, LŽtang appara”t dans lÕaction ds lՎveil du mouvement syndical et socialiste de lÕAllier. Le 15 aožt 1886, il lance une revue satirique (qui ne dŽpasse pas le premier numŽro), suivie pendant quelques semaines dÕun hebdomadaire : Le PavŽ. En 1888, il est Žlu conseiller municipal de Montluon et dŽlŽguŽ au 3e congrs de la fŽdŽration nationale des syndicats ˆ Bordeaux. Il prend part ˆ la fondation de lÕhebdomadaire Le Travailleur, lancŽ le 14 juillet 1889. Exclu du POF, il rejoint le CRC [cf. annexe N]. LŽtang est un des militants les plus actifs et les plus en vue de la nouvelle fŽdŽration blanquiste et de son journal Le Tocsin populaire. Il est Žlu dŽputŽ de Montluon en 1898. En dŽcembre 1899, il sige au 1er congrs gŽnŽral des organisations socialistes ˆ Paris, salle Japy, o il se prononce contre la participation ministŽrielle des socialistes. (dÕaprs le Maitron)

 

Levraud  Edmond Louis (1837-1880), dit Ē Le Grand Bison Č * : Frre de LŽonce Levraud, il visite Blanqui ˆ H™pital Necker, avec dÕautres Žtudiants, au printemps 1864, et fait partie de lՎquipe qui organise son Žvasion, le dimanche 27 aožt (DaCosta, Les Blanquistes, p. 9 + annexe B). Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 15 mois de prison et 100 francs dÕamende. (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Il fait partie du groupe de blanquistes qui, le 4 septembre 1870, contraint Jules Favre ˆ prononcer, au nom du peuple, la dŽchŽance de l'Empire et la proclamation de la RŽpublique et signe (avec Blanqui et 18 blanquistes) la DŽclaration publiŽe le 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, idem, p. 33-34 & annexe F). Il est Žlu commandant de bataillons dans un quartier ouvrier parisien aprs la 4 septembre (cf. DaCosta, idem, p. 35). NŽ ˆ Paris le 16 janvier 1837, mort ˆ Nice en 1880 ; reprŽsentant de commerce en vins. Militant blanquiste ds 1864, Edmond Levraud appartient au groupe de militants qui constituent lÕĒ embryon du Parti Č. Le 4 septembre 1870, Edmond Levraud joue un r™le trs actif avec Granger et Balsenq. NommŽ rŽdacteur ˆ La Patrie en Danger aprs la proclamation de la RŽpublique, il est chef dÕun bataillon jusquÕau lendemain du 31 octobre 1870. Sous la Commune, Edmond Levraud est nommŽ chef de division ˆ la prŽfecture de police, o il est dŽsignŽ comme membre de la commission chargŽe de Ē veiller aux intŽrts de lÕart musical et des artistes Č. Le 6 septembre 1873, il est condamnŽ par contumace aux travaux forcŽs ˆ perpŽtuitŽ. Edmond Levraud est parvenu ˆ gagner New York, par Liverpool. ArrivŽ le 22 aožt 1871, il y fait la connaissance de Constant Christenert (gr‰ce ˆ Benjamin Flotte) et de Claude Pelletier. Sans emploi, il vit chichement de quelques rares leons de violons. DŽu et amer, Levraud se livre ˆ une critique sŽvre de la sociŽtŽ quÕil dŽcouvre en AmŽrique. Il sÕefforce malgrŽ tout de constituer un premier noyau de militants blanquistes [cf. remarque complŽmentaire 1, en fin de document], mais le petit groupe est vite la proie de dissensions internes. Au cours de lՎtŽ 1872, Edmond Levraud quitte dŽfinitivement New York pour Bruxelles dÕo il est expulsŽ en 1876. Aprs avoir sŽjournŽ ˆ Genve dŽbut 1878, il revient ˆ lÕautomne 1878 ˆ Londres, o il frŽquente assidžment les rŽunions de rŽfugiŽs et se livre Ē ˆ une active propagande au bŽnŽfice des doctrines socialistes Č. GraciŽ le 29 mai 1879, Edmond Levraud meurt ˆ Nice en 1880, peu aprs lÕamnistie gŽnŽrale. Voir : Michel Cordillot, Ē Les Blanquistes ˆ New York Č, Bulletin de la SociŽtŽ dÕHistoire de la RŽvolution de 1848, Paris, 1990. (dÕaprs le Maitron)

    

Levraud  LŽonce (1843-1938) * : ƒtudiant en mŽdecine, frre du prŽcŽdent, il visite Blanqui ˆ H™pital Necker, au printemps 1864, et fait partie de lՎquipe qui organise son Žvasion, le dimanche 27 aožt (DaCosta, Les Blanquistes, p. 9 + annexe B). Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 1 an de prison et 100 F dÕamende. (DaCosta, idem, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Il signe (avec Blanqui et 18 blanquistes) la DŽclaration publiŽe de septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, idem, p. 34 & annexe F). NŽ le 27 avril 1843 ˆ Paris ; mort en dŽcembre 1938. En fŽvrier 1866, il est condamnŽ, avec Brideau, Debroz, Granger, Jaclard et Villeneuve ˆ la prison, pour avoir participŽ ˆ une manifestation rŽpublicaine en janvier, rue des Amandiers, dans le XXe [cf. annexe B]. Dans sa biographie de Blanqui, A. ZŽvas indique que Levraud Žtait Ē chef de bureau ˆ la Caisse gŽnŽrale des Assurances agricoles Č (p. 196). En 1870, aprs la proclamation de la RŽpublique, il est rŽdacteur du journal blanquiste La Patrie en danger. Il demeure alors rue Clauzel, dans le IXe, et Blanqui habite chez lui quand il nÕoccupe pas son logement, exerant comme chirurgien dans un bataillon de mobiles en Seine-et-Oise. Pendant la Commune, il fait partie dÕune commission mŽdicale comprenant aussi le docteur Regnard. De 1876 ˆ 1898, LŽonce Levraud est conseiller municipal du XIe. (dÕaprs le Maitron)

 

Longuet Charles (1839-1903) *Ę : Ē Charles Longuet, que nous avons vu ˆ Sainte-PŽlagie, condamnŽ pour les ƒcoles de France (o avaient ŽtŽ publiŽs les fameux Propos de Lahienus de Rogeard), avait fondŽ un nouveau journal, la Rive Gauche, qui ne tarda pas ˆ  tre supprimŽ, comme l'avaient ŽtŽ les ƒcoles de France. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 10-11). ArrtŽ en 1867 et condamnŽ ˆ 15 jours de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 29 + cf. annexe E). Ē MalgrŽ son proudhonisme, [il] pensait "quÕune rŽvolution politique seule pouvait assurer au peuple le triomphe de ses revendications" (29 juillet 1865) [É] Longuet comprenait admirablement quelle force rŽvolutionnaire latente renfermait lÕInternationale ; il pressentait avec exactitude la fŽconditŽ de lÕaction mŽthodique, prudente et cauteleuse des Tolain ou des Limousin ; il sentait que malgrŽ leur timiditŽ et leur modŽrantisme, ces libres et vivants esprits allaient tre poussŽs plus loin quÕils ne le croyaient eux-mmes par leurs patientes Žtudes, et que la logique mme de leur action devait les pousser eux ou leurs collaborateurs immŽdiats ˆ la politique au sens large du mot, et ˆ la rŽvolution. Č [Albert Thomas (s/d. Jean Jaurs), Histoire socialiste, tome X : Le Second Empire (1852-1870), Jules Rouff, 1908, p. 9 &10]. Pour ce dernier, Longuet fait partie des Ē indŽpendants Č [en 1868], tentant Ē la conciliation du blanquisme et du proudhonisme Č [Idem, chap. VII]. NŽ ˆ Caen (Calvados) le 14 fŽvrier 1839, mort ˆ Paris le 5 aožt 1903. NŽ dans une famille clŽricale et monarchiste, Charles Longuet vient ˆ Paris en 1860 faire son droit. Il contribue ˆ crŽer Les ƒcoles de France Ń en juin 1864, il est condamnŽ ˆ 4 mois de prison pour Ē publication dՎcrits sans autorisation Č Ń, puis La Rive gauche (octobre 1864) quÕil faut transfŽrer en Belgique, suite ˆ la condamnation ˆ 8 mois de prison que vaut ˆ Longuet, en mai 1865, un article particulirement satirique ˆ lՎgard de lÕempereur. CÕest pour ce journal que Longuet Žlabore une 2e version du prŽambule et des statuts provisoires de lÕInternationale (rŽdigŽs dÕabord en anglais par Marx peu aprs le meeting londonien du 28 septembre 1864). Longuet peut ˆ lՎpoque tre rangŽ parmi les sympathisants blanquistes. En 1867, il est de nouveau condamnŽ ˆ 15 jours de prison (pour la manifestation blanquiste contre NapolŽon III et lÕempereur dÕAutriche Ń cf. supra). Longuet est encore ˆ Paris le 27 aožt, puisque, ce jour-lˆ, il se propose de rendre visite ˆ Blanqui ˆ lÕh™pital Necker comme dÕhabitude, mais il y renonce devant lÕattitude insolite de quelques blanquistes Ń cÕest ce jour quÕa lieu lՎvasion de Blanqui. Longuet est toujours classŽ sympathisant blanquiste et, dÕaprs Maurice Dommanget, Ē il passera encore pour blanquiste les annŽes suivantes Č. Au dŽbut de 1866, Longuet est ˆ Londres et appartient ˆ une section franaise de lÕInternationale. Il entre le 9 janvier ˆ son Conseil gŽnŽral, dŽsignŽ comme secrŽtaire correspondant pour la Belgique. En 1870, Longuet est ˆ Paris, frŽquentant les clubs. Pendant le Sige, il est Žlu chef dÕun bataillon de la Garde nationale, puis rŽvoquŽ pour avoir participŽ au mouvement insurrectionnel du 31 octobre. Membre du ComitŽ central de la Garde nationale, il en a souvent rŽdigŽ les proclamations. Du 27 mars au 12 mai, il est rŽdacteur en chef du Journal officiel de la Commune, o il est ensuite remplacŽ par Pierre VŽsinier [cf. annexe S, sur DŽrouilla]. En avril, il est Žlu membre de la Commune dans le XVIe et vote contre le ComitŽ de salut public. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. RŽfugiŽ ˆ Londres, il est invitŽ ˆ faire partie du Conseil gŽnŽral de lÕA.I.T.. Il assiste en septembre 1872, au congrs de La Haye o il reprŽsente Ē une section franaise Č et vote pour lÕexclusion de Bakounine et de Guillaume, en faveur des pleins pouvoirs au conseil gŽnŽral et pour le transfert du sige ˆ New York. CÕest au cours de cette annŽe 1872 quÕil Žpouse la fille a”nŽe de Marx, Jenny, dont il aura quatre enfants, mais sa femme meurt un an aprs la naissance de leur fille (1882). LÕannŽe suivante, il ouvre ˆ Oxford un cours de langue et de littŽrature franaises, puis est nommŽ professeur au KingÕs College. En 1879, il collabore ˆ La RŽvolution franaise de Valls et ˆ lՃgalitŽ de Guesde ; et, en 1880, il signe Ē Charles La Rive Č dans la Justice de Clemenceau. Avec celui-ci, il fait partie de lՎphŽmre Alliance socialiste rŽpublicaine opposŽe au Parti ouvrier franais de Guesde. En fait, Longuet est trs peu Ē marxiste Č, et Marx considre ses gendres comme Ē le dernier  Proudhoniste Č (Longuet) et Ē le dernier Bakouniniste Č (Lafargue). Longuet est Žlu conseiller municipal radical-socialiste ˆ Paris, en 1886, rŽŽlu en  1887. Entra”nŽ un moment dans le mouvement boulangiste, il sÕen sŽpare rapidement. En 1894, il est nommŽ inspecteur de lÕenseignement des langues vivantes de la ville de Paris. En 1903, il participe au congrs du PSF ˆ Bordeaux. Ė ses obsques, le 9 aožt 1903, au Pre-Lachaise, Anatole France (entre autres) prononce un discours. (dÕaprs le Maitron)

 

Lorin Baptiste Joseph (1831- ?) * : Son nom appara”t parmi les blanquistes new-yorkais (cf. notice Levraud Edmond et remarque complŽmentaire n” 1). NŽ le 29 juin 1831 ˆ Villejuif (Seine) ; maon. Baptiste Lorin sert la Commune comme sergent. DŽtenu un certain temps sur les pontons, il est rel‰chŽ. Il est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Il sÕembarque pour New York o il est sans doute dŽjˆ fin 1871, puisquÕil dit avoir soutenu MŽgy lors des premires altercations que ce dernier a avec les frres May, en janvier 1872. Proche de la mouvance blanquiste dans la proscription, Baptiste Lorin signe en juin 1872 la pŽtition diligentŽe par MŽgy pour sÕopposer ˆ la prŽparation dÕun contre-enqute officielle sur la Commune. Membre de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune, il signe en son nom un message de solidaritŽ adressŽ aux rŽvolutionnaires cubains en novembre 1873. Ė lÕautomne 1874, suite ˆ la tonitruante arrivŽe de Rochefort et des ŽvadŽs de NoumŽa aux ƒtats-Unis, Lorin est lÕun des organisateurs de la collecte nationale au bŽnŽfice des communards dŽportŽs en Nouvelle-CalŽdonie. Le 30 mars 1876, Baptiste Lorin assiste ˆ la rŽunion des proscrits de la Commune ˆ HuschÕs Hall, au cours de laquelle sont exclus les frres ƒlie et Gustave May. Lorin figure aussi parmi les 54 signataires de la lettre de soutien quÕadressent en dŽcembre 1877 les communistes new-yorkais aux membres de la Ē Vieille Icarie Č [cf. Arsne Sauva]. Baptiste Lorin est amnistiŽ en 1879. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Losson ƒdouard Auguste (1842-?) : Ē Aux sŽances du Congrs [de Lige, en 1865_], certains dŽlŽguŽs franais se firent [É] remarquer par la nettetŽ de leurs dŽclarations franchement athŽistes ou matŽrialistes et leurs professions de foi rŽpublicaines et sociales, notamment Aristide Rey, Albert Regnard, Lafargue, Bigourdan, Jaclard, Žtudiants en mŽdecine, et Germain Casse et Losson, Žtudiants en droit Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11). Collaborateur du Candide ˆ sa crŽation en 1865 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11 + annexe C). NŽ le 14 aožt 1842 ˆ Lille (Nord), Losson appartient ˆ une famille de commerants : son pre, orfvre ˆ Lille, jouit dÕune certaine aisance et professe des opinions religieuses et lŽgitimistes. En 1863, ƒdouard Losson dŽdie au prince impŽrial un TraitŽ sur lՎducation des princes, puis il change radicalement dÕopinions. En 1864, tout en exerant les fonctions de secrŽtaire du dŽputŽ de Dunkerque Plichon (opposant protectionniste, ultramontain qui se rallie au Tiers Parti en 1867), Losson est inscrit ˆ la FacultŽ de Droit de Paris o il se signale par ses opinions rŽpublicaines et socialistes. Il appartient rapidement au noyau blanquiste, Ē embryon du Parti Č, frŽquente les collaborateurs du journal la Rive gauche et appartient ˆ la rŽdaction du Candide de Tridon. En mai 1865, il introduit en France, dans une malle ˆ double fond, la brochure de Rogeard, Les Propos de Labienus, imprimŽe ˆ Bruxelles. Aprs son exclusion ˆ vie de lÕUniversitŽ de Paris Ń suite ˆ ses propos tenus au congrs de Lige [cf. supra] Ń, Losson revient ˆ Lille o il exploite une teinturerie, tout en contribuant ˆ la fondation dÕun ComitŽ central rŽpublicain socialiste. En 1870, il est le principal rŽdacteur du Franc-Parleur publiŽ ˆ Lille. CondamnŽ, en aožt 1871, ˆ 2 ans de prison et 3 000 F dÕamende, il ne sera libŽrŽ quÕen septembre 1873 (dÕaprs le Maitron). Jean-Paul Visse, dans La presse du Nord et du Pas-de-Calais au temps de lՃcho du Nord (ƒditions du Septentrion, 2004), Žcrit que, Ē dans l'ensemble, les journaux du Nord et du Pas-de-Calais condamnent les ŽvŽnements de la Commune, ˆ l'exception du Travailleur du Nord, fondŽ par ƒdouard Losson en fŽvrier 1871, mais qui sera saisi et supprimŽ le 11 mai. Č (source : Le blog de la section d'HŽnin-Beaumont du Parti Communiste Franais).

 

Luillier Charles Ernest (1838-1891 ?) Ę : Signataire (sans prŽnom) de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Ce nom est donnŽ (Žgalement sans prŽnom) par ZŽvas comme lÕun des orateurs qui prenaient le plus souvent la parole aux c™tŽs de Blanqui au Club du CafŽ des Halles, ˆ lÕautomne 1870, avec Flourens, Tridon, Lacambre, Granger, BreuillŽ et Brideau (Alexandre ZŽvas, Auguste Blanqui, p. 182). Peut-tre sÕagit-il de Charles Ernest Lullier (1838-1891), membre du ComitŽ central de la garde nationale, pendant la Commune ? (source : blog de Paul Quader). Mais ce pourrait tre un autre Charles Luillier qui, nŽ en 1829 ˆ Paris, mŽcanicien, figure sur une liste Ē dÕindividus qui se sont rŽfugiŽs en Suisse ˆ la suite de lÕinsurrection de 1871 Č, pays quÕil quitte avant le 1er janvier 1873. (dÕaprs le Maitron)

 

Mallet Pierre (1836-1898) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ ˆ Jussey (Haute-Sa™ne) le 5 fŽvrier 1836, mort ˆ Boulogne-sur-Seine le 21 fŽvrier 1898 ; peintre sur porcelaine (dit une source), ouvrier bijoutier (selon une autre). Pendant le Sige, Mallet appartient ˆ un bataillon de la Garde nationale. Il fait partie du ComitŽ central rŽpublicain des 20 arrondissements et co-signataire de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Pendant la Commune, il appartient ˆ la commission communale du XIXe. Lieutenant dՎtat-major, il est un des dŽlŽguŽs de la Garde nationale, pour former le jury dÕaccusation contre Ē toute personne prŽvenue de complicitŽ avec le gouvernement de Versailles Č. Mallet est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe ; mais il a pu se rŽfugier ˆ Londres o il appartient au groupe blanquiste la Ē Commune rŽvolutionnaire Č. (dÕaprs le Maitron)

 

Marchadier [Marchadire Sylvain, selon ZŽvas] (?-?) : ƒbŽniste, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 1 an de prison et 100 F dÕamende (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D).

 

Marchais de Laberge (?-?) : Journaliste, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. Da Costa prŽcise : Ē Les dŽbuts de la sŽance furent prŽsidŽs par [ƒmile] Villeneuve ; mais celui-ci, ayant dž, pour des motifs d'ordre privŽ, s'absenter, fut remplacŽ par un journaliste, Marchais de Laberge. Č (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D)

 

Marchand Louis, Joseph, Gabriel (1842-1901) * : DÕaprs le Maitron (notice de Germain Casse), il appartient, ds le dŽbut de 1864,  Ē au noyau blanquiste, "embryon du Parti" Č, avec ClŽray, Dubois, Granger, Jaclard, les frres Levraud, Losson, [É], Protot, Regnard, Tou‰tre, Tridon, Vaissier, Viette, Villeneuve, Longuet, Cazavan et le baron de Ponnat [voir ces noms]. NŽ le 19 avril 1842 ˆ Roanne (Loire), mort ˆ Genve (Suisse) le 21 mars 1901, Louis Marchand est dÕabord tailleur. Dans les annŽes 1864-65, il rencontre Tridon, Regnard, Valls, Jaclard, Protot, Raoul Rigault et il fait ses premires armes au Candide. En 1866 et 1867, Marchand publie ˆ Paris un petit journal, Le Critique, auquel participent Gustave Lefranais, Tolain, Jules Lermina et Jules Andrieux. Un Marchand (sans prŽnom) signe lÕappel au peuple allemand lancŽ le 4 septembre 1870 par les dŽlŽguŽs des sections parisiennes de lÕInternationale et de la Chambre fŽdŽrale des SociŽtŽs ouvrires, prŽconisant une alliance pour fonder Ē les ƒtats-Unis dÕEurope Č. Avec ses amis du ComitŽ central des 20 arrondissements, Marchand est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Durant la Commune, Marchand est envoyŽ ˆ Bordeaux. Il sÕenfuit, dŽguisŽ en femme, ˆ Genve, o il est secrŽtaire de la SociŽtŽ des proscrits, lՃgalitŽ et appartient Žgalement ˆ la Section de propagande et dÕaction rŽvolutionnaire socialiste de Genve. Il participe au congrs de la Paix ˆ Lausanne et collabore ˆ la RŽvolution sociale (organe de la FŽdŽration Jurassienne), ˆ partir de novembre 1871. En septembre 1872, lors du congrs de La Haye, il est accusŽ dÕĒ agissements ayant pour but la dŽsorganisation de la SociŽtŽ Internationale des Travailleurs Č (autrement dit de sympathies pour Bakounine), mais nÕest finalement pas exclu. En janvier 1875, Marchand est parmi les 54 Communards exilŽs qui signent un manifeste adressŽ Ē Au Citoyen Garibaldi Č. Ė partir de 1885, il publie chaque annŽe le Vade-Mecum de la rŽgion du LŽman, guide touristique (avec de nombreux extraits de la GŽographie dՃlisŽe Reclus) et bottin publicitaire, et dÕautres ouvrages de ce type. Il est Žgalement collaborateur occasionnel du journal radical Le Genevois. RestŽ fidle jusquÕau bout au petit groupe des Communards Žtablis ˆ Genve, Marchand y meurt, ˆ lÕh™pital, le 21 mars 1901. ĪUVRE : Aux Socialistes. Programme abstentionniste. Mai 1869 (signŽ : A. Bourgerat, A. Bagniard, R. Chatelain, E. Christe, Ch. Longuet, G. Maillard, L. Marchand, V. Milhes, E. ChemalŽ, etc.) ; Y a-t-il toujours un terrain dÕentente possible entre les radicaux et les socialistes en vue des prochaines Žlections ?, articles et opinions recueillis par L. Marchand, 1905. [dÕaprs le Maitron]

 

Marguerittes (Baron) ƒdouard, Louis, Marie, dit Ē Henri Teissier Č (1835-?) * : Signataire de la protestation (brochure de 16 pages, rŽdigŽe pour lÕessentiel par Vaillant, datŽe Ē Londres, 15 septembre 1872 Č et intitulŽe Internationale et RŽvolution. Ė propos du congrs de La Haye par des rŽfugiŽs de la Commune, ex-membres du Conseil gŽnŽral de lÕInternationale, hostile ˆ Marx et au conseil gŽnŽral), quelques jours aprs le Congrs de l'Internationale de La Haye, contre la dŽcision des marxistes de transfŽrer de Londres ˆ New-York le sige du conseil gŽnŽral. Plusieurs blanquistes rŽfugiŽs ˆ Londres (Arnaud, Cournet, Constant Martin, Ranvier et Vaillant) signent avec lui et dŽcident de se retirer de l'Association Internationale lÕestimant insuffisamment rŽvolutionnaire (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-43). Participe ˆ la crŽation et ˆ la rŽdaction du journal Ni Dieu ni Ma”tre que Blanqui crŽe en juin 1879, ds sa sortie de prison (DaCosta, Les Blanquistes, p. 56 + annexe L), puis ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). NŽ le 15 novembre 1835 ˆ Paris, Marguerittes, est, durant la Commune, membre de la municipalitŽ du VIIIe  et chef dÕun bataillon. CondamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, il parvient ˆ se rŽfugier ˆ Londres, o il fait partie du Conseil gŽnŽral de lÕAIT et co-signe le texte (dž ˆ Marx) de la Guerre civile en France, ainsi que la brochure Les PrŽtendues scissions dans lÕInternationale, en 1872. (dÕaprs le Maitron)

 

Martin Constant, dit Ē Gabriel Č (1839-1906) * : Signataire de la protestation (brochure de 16 pages, rŽdigŽe pour lÕessentiel par Vaillant, datŽe Ē Londres, 15 septembre 1872 Č et intitulŽe Internationale et RŽvolution. Ė propos du congrs de La Haye par des rŽfugiŽs de la Commune, ex-membres du Conseil gŽnŽral de lÕInternationale), quelques jours aprs le Congrs de l'Internationale de La Haye, contre la dŽcision des marxistes de transfŽrer de Londres ˆ New-York le sige du conseil gŽnŽral. Plusieurs blanquistes rŽfugiŽs ˆ Londres (Arnaud, Cournet, Constant Martin, Ranvier et Vaillant) signent avec lui et dŽcident de se retirer de l'Association Internationale lÕestimant insuffisamment rŽvolutionnaire (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-43 + annexe J ; cf. aussi la notice prŽcŽdente). NŽ ˆ Entrevaux (Basses-Alpes) le 5 avril 1839, mort ˆ Paris le 9 juillet 1906 ; employŽ. Aprs le meurtre de Victor Noir, 10 janvier 1870, et lÕarrestation de Rochefort, le 7 fŽvrier, Constant Martin est de ceux qui engagent les ouvriers au calme afin de ne pas compromettre lÕissue de la lutte par une action trop prŽcipitŽe (appel du 9 fŽvrier 1870).  Aprs la chute de lÕEmpire, il est, en tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. SecrŽtaire de cette dŽlŽgation, Constant Martin laisse des archives importantes (qui seront publiŽes par Dautry et Scheler dans Le ComitŽ central rŽpublicain des vingt arrondissements de Paris, ƒditions sociales, 1960). Il signe, en fŽvrier 1871, la liste des Ē Candidats socialistes rŽvolutionnaires, proposŽs par lÕA. I. T., la Chambre fŽdŽrale des sociŽtŽs ouvrires, la dŽlŽgation des vingt arrondissements Č aux lŽgislatives. Durant la Commune, Constant Martin est secrŽtaire de la dŽlŽgation ˆ lÕenseignement. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Ė Londres, ds lՎtŽ 1871, Constant Martin entre au conseil gŽnŽral de lÕInternationale. En septembre, il est secrŽtaire-greffier de la ConfŽrence londonienne. En 1874, il signe Žgalement, avec le groupe blanquiste Ē La Commune rŽvolutionnaire Č, la brochure Aux Communeux [cf. annexe K]. Constant Martin est un des membres fondateurs de lՃcole franaise organisŽe ˆ Londres par les rŽfugiŽs et destinŽe aux enfants des proscrits (cf. Huguenot). Aprs avoir dirigŽ une usine ˆ Birmingham, Constant Martin sÕinstalle en Belgique. Ė Bruxelles, il fait partie de la sociŽtŽ de solidaritŽ Ē Le Prt mutuel Č. Toujours militant actif, il porte le n” 274 dans la correspondance secrte quÕentretiennent les blanquistes (cf. Jean Maitron, ActualitŽ de lÕHistoire, n” 6, janvier 1954). Ė son retour dÕexil, Constant Martin sÕinstalle ˆ Paris, o, aprs la mort de Blanqui, il est, avec Eudes, Granger, Vaillant et dÕautres, un des fondateurs du Ē parti Č blanquiste, le ComitŽ RŽvolutionnaire Central [cf. annexe M]. Par la suite, Constant Martin devient anarchiste actif. En 1888, avec ƒmile Pouget, il fonde le ‚a Ira (mai 1888 - janvier 1889). Dans La RŽvolte (fŽvrier 1892), il signe aux c™tŽs de Malato, Pouget, Tortelier et ƒ. Henry, une dŽclaration en faveur de la manifestation du 1er mai, sÕopposant ˆ SŽbastien Faure qui estime que les anarchistes nÕont pas ˆ prendre part ˆ cette action. Les attentats terroristes des annŽes 1892-1894 lui valent dՐtre impliquŽ dans le procs des Trente (aožt 1894) et dՐtre condamnŽ, par contumace, ˆ 20 ans de travaux forcŽs, mais Constant Martin a repris le chemin de Londres. Il est dÕailleurs acquittŽ en 1896. En 1898, avec Michel ZŽvaco et Jacques Prolo, il fonde LÕAnticlŽrical et lÕannŽe suivante, il collabore au Journal du Peuple de SŽbastien Faure qui prend une part active ˆ la campagne dreyfusienne. Avec lui dispara”t Ē un des derniers reprŽsentants du courant blanquiste au sein de lÕanarchisme franais Č (Les Temps nouveaux, 21 juillet 1906). (dÕaprs le Maitron)

 

Martinet Octave Alexandre (1850-1935) Ę : Participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). NŽ ˆ Issoudun (Indre) le 23 septembre 1850 ; mort ibidem le 16 avril 1935. En 1868, Octave Martinet Žprouve dŽjˆ de la sympathie pour Blanqui, le plaant au mme rang que les hommes les plus connus dÕalors pour leur dŽvouement ˆ la cause populaire. Ė Moulins, il est ami avec le clerc de notaire Alphonse Michel, qui, gr‰ce ˆ son compatriote Henri Place, est en relation avec ceux qui ˆ Paris, sous la direction de Blanqui, mnent la lutte la plus vigoureuse contre lÕEmpire. Par son intermŽdiaire, Martinet apprend ˆ apprŽcier particulirement Blanqui, ses idŽes et son action. En 1869, Martinet rejoint Michel ˆ Paris, pour entreprendre des Žtudes de pharmacie. Il sÕaffilie ˆ un groupe de combat blanquiste et participe ˆ des exercices. En aožt 1870, aprs les premiers dŽsastres militaires, les blanquistes songent ˆ sÕemparer du fort de Vincennes. Martinet assiste au conseil de guerre chez Eudes pour prŽparer le plan dÕaction, mais celui-ci devenu impraticable, on se rabat sur la caserne de La Villette, le 14 aožt. AppelŽ comme conscrit et obligŽ de revenir ˆ Issoudun, Martinet ne peut participer au 4 septembre et se trouve sŽparŽ de Blanqui pour de longues annŽes. Il ne le retrouve ˆ Paris quՈ la sortie de ce dernier de Clairvaux, en 1879. Martinet tient alors une pharmacie vers le Jardin des Plantes. Il contribue avec Granger aux frais de loyer, dÕentretien et de voyages de Blanqui, collabore ˆ Ni Dieu ni Ma”tre et lutte vainement, aux c™tŽs de Vaillant et du docteur Vimon, pour sauver le vŽtŽran. Il se prŽsente aux municipales de 1881 comme socialiste indŽpendant et en 1884 comme candidat du CRC. Candidat unique des blanquistes et des broussistes aux municipales, en 1896, dans le XVIIIe, il nÕest pas Žlu. Aprs 1905, on le retrouve dŽlŽguŽ aux congrs de la SFIO. Aprs la scission de Tours, il reste dans la Ē vieille maison Č. (dÕaprs le Maitron)

 

MathŽ FŽlix Antoine AmŽdŽe (1808-1882) : NŽ ˆ Cosne-sur-lÕĻil (Allier), le 18 mai 1808, mort ˆ Moulins le 5 mars 1882. Aprs des Žtudes ˆ Moulins, il fait son droit ˆ Paris. Il est en relation avec Blanqui et sa famille depuis 1823, comme ƒtienne de Canson, leur ami commun. Blanqui le cite souvent comme tŽmoin de ses activitŽs. FŽlix MathŽ est lÕun des Žtudiants dŽcorŽs de Juillet [1830], membre du ComitŽ de la SociŽtŽ des ƒcoles et de la SociŽtŽ des Amis du Peuple. EnfermŽ ˆ Sainte-PŽlagie, en 1831, pour provocation au crime et outrage ˆ un commandant de la force publique, il lÕest de nouveau en juin 1832 pour dŽtention dÕarmes. Membre de la SociŽtŽ des Droits de lÕHomme, il fonde, au sein de la SDH (en opposition aux rŽpublicains modŽrŽs), en 1833, avec Lebon, Vignerte, Buonarroti, Voyer dÕArgenson, Berrier-Fontaine et dÕautres, le ComitŽ dÕaction ou Commission de propagande pour organiser et instruire les ouvriers, ainsi que le journal ouvrier LÕAssociation. En 1834, accusŽ dՐtre lÕun des Ē instigateurs des coalitions dÕouvriers Č (pour avoir soutenu plusieurs grves), il est condamnŽ ˆ 5 ans de prison, mais il sՎvade en juillet 1835. RŽfugiŽ en Belgique, il est condamnŽ par contumace ˆ 10 ans de dŽtention. Ė Bruxelles, il fonde avec ƒmile Labrousse une ƒcole centrale de commerce en 1837. Revenu en France (sans attendre, semble-t-il, lÕamnistie des contumaces), il fait fortune dans le commerce des bois ˆ Moulins. DŽputŽ de lÕAllier, en 1848, ˆ la Constituante, en 1849 ˆ la LŽgislative, il sige ˆ lÕextrme gauche et demande la mise en accusation de Louis-NapolŽon Bonaparte et de ses ministres. Proscrit du 2 dŽcembre 1851, il retourne en Belgique et semble en tre revenu aprs lÕamnistie de 1859, puisquÕil est prŽsent aux Žlections de juin 1863 et de fŽvrier 1871. (dÕaprs M. Cordillot, J. Grandjonc et J. Risacher, pour le Maitron).

 

May ƒlie Henry (1842-1930) * Ę : Son nom appara”t parmi les blanquistes new-yorkais (cf. notice Levraud Edmond et remarque complŽmentaire n” 1). NŽ ˆ Paris, le 10 juin 1842, dans une famille de nŽgociants en pierres prŽcieuses, mort le 19 octobre 1930. Militant blanquiste sous le Second Empire, ƒlie May se rŽfugie en Suisse pour Žchapper aux poursuites. Sergent ˆ la Garde nationale pendant le sige, ƒlie May participe le 31 octobre 1870 ˆ la prise de lÕH™tel de ville. Aprs le 18 mars, il est nommŽ directeur de la Manufacture des tabacs, puis intendant. AccusŽ de concussion, comme son frre Gustave, il est dŽplacŽ de lÕintendance, remplacŽ par Varlin. Les deux frres, condamnŽs par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, arrivent ˆ New York dŽbut septembre 1871. Porteurs de diamants, ils sont accusŽs de contrebande par les douaniers amŽricains (plus tard lÕorigine exacte de ces pierres sera au cĻur dՉpres controverses entre rŽfugiŽs). Membres du premier noyau blanquiste new-yorkais constituŽ autour dÕEdmond Levraud, ils envisagent de se lancer avec lui dans le commerce de lÕarticle de Paris et de la bijouterie de pacotille. Mais bient™t les relations se tendent entre les frres May et les autres membres du groupe. Les accusations de corruption et de prŽvarication refont surface, nourrissant lÕantisŽmitisme de certains de leurs accusateurs. Dans les annŽes 1872-1873, ils font plusieurs allers-retours entre New York et lÕAngleterre, sans doute autant pour affaires que pour assister ˆ des rŽunions maonniques ou de lÕAIT. DŽlŽguŽ des Franais au sein du ComitŽ de Salut public mis en place ˆ New York, ƒlie est prŽsent (ainsi que son frre) lors des ŽvŽnements de Tompkins square. Bien quÕune enqute montre leur innocence (et malgrŽ les protestations dÕEugne Pottier), les frres May sont finalement exclus de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs le 30 mars 1876 sur proposition de Dereure, Ē pour cause dÕindignitŽ Č, ˆ lÕissue dÕune rŽunion tenue ˆ HuschÕs Hall sous la prŽsidence dÕE. Fondeville. ƒlie May est Žlu VŽnŽrable Ma”tre de lÕAtelier dÕune loge Ē sauvage Č (Ē Les ƒgalitaires Č), crŽŽe en 1875 ˆ New York en dehors de toute obŽdience Ń qui accueillit Eugne Pottier, lÕauteur de Ē LÕInternationale Č, en dŽcembre 1875. De retour ˆ Paris en avril 1883, ƒlie May poursuit lÕaction politique. En 1885, il est lÕun des cofondateurs avec Beno”t Malon et quelques autres de la SociŽtŽ dՎconomie sociale, dont il est trŽsorier. Il reprend contact avec les anciens communards rentrŽs dÕexil, et il semble quÕil se soit alors rapprochŽ des milieux blanquistes. RalliŽ au boulangisme, il est candidat aux lŽgislatives de 1889 dans le XIIe. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

May Gustave Charles (1845- ?) * Ę : Son nom appara”t parmi les blanquistes new-yorkais (cf. notice Levraud Edmond et remarque complŽmentaire n” 1). NŽ ˆ Paris le 23 janvier 1845, Gustave May est le frre dՃlie (voir notice prŽcŽdente : lÕhistoire des 2 frres est Žtroitement liŽe Ń au moins jusquÕen 1877). Ė propos de lÕaccusation de concussion dont ils sont lÕobjet sous la Commune, leur successeur Varlin leur Žcrit, le 6 mai 1871 : Ē Je suis heureux de pouvoir affirmer que je nÕai rien trouvŽ dans les actes de votre administration qui soit de nature ˆ compromettre en rien votre honorabilitŽ. Č CÕest lՎlection, en 1872, de Gustave May comme trŽsorier national Ń pour une souscription au profit des veuves et des orphelins des combattants de la Commune Ń qui va provoquer des dŽmissions dans le comitŽ newyorkais et de vives protestations des blanquistes. MŽgy, Crosse et Jules Thomas (voir ces noms) appellent tous les communeux prŽsents ˆ New York ˆ se rŽunir pour protester contre cette dŽcision. CÕest alors que se constitue la SociŽtŽ des rŽfugiŽs. Une fois encore, une commission dÕenqute mise en place par la SociŽtŽ pour dŽcider de la vŽracitŽ des accusations pesant contre Gustave May et son frre conclut ˆ un non-lieu. On ignore tout de ce quÕil advint de Gustave May aprs le 8 juillet 1877, jour de  lÕenterrement du docteur Parisel, avec qui il a ŽtŽ trs liŽ, et dont il prononce lՎloge funbre lors de la cŽrŽmonie. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Mazeau Jules (?-?) * : Ayant rŽussi ˆ quitter Paris au lendemain de la Semaine sanglante, Jules Mazeau, est lÕun des premiers communards rŽfugiŽs aux ƒtats-Unis. Menuisier charpentier, il trouve rapidement du travail. Membre de la section 2 de lÕAIT, appartenant ˆ la mouvance blanquiste, Jules Mazeau est nommŽ membre de la commission de contr™le du Socialiste (octobre 1872) et secrŽtaire de la commission newyorkaise chargŽe dÕorganiser la souscription au bŽnŽfice des veuves et des orphelins des combattants de la Commune. ƒlu prŽsident de la section 2, il appelle ˆ la solidaritŽ avec les grŽvistes des filatures de Paterson (New Jersey). En 1874, Jules Mazeau collabore avec Edmond MŽgy, Jules Thomas, Louis Crosse, ƒdouard David et Joseph Olivier au lancement de la trs blanquiste Revue sociale. Il figure parmi les 54 signataires de la lettre de soutien que les communistes newyorkais adressent en dŽcembre 1877 aux membres de la Ē Vieille Icarie Č (cf. Arsne Sauva). Sa trace se perd aprs 1878, peut-tre du fait de son retour ˆ Paris aprs lÕamnistie. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

MŽgy LŽon Guillaume, dit Edmond (1841-1884) *Ę : Son nom appara”t parmi les blanquistes new-yorkais (cf. notice Levraud Edmond et remarque complŽmentaire n” 1). NŽ le 9 fŽvrier 1841 (ou 1844 ?) ˆ Essonnes (Seine-et-Oise), mort ˆ Colon (Panama) le 28 dŽcembre 1884. NŽ dans une famille ouvrire, Edmond MŽgy est mis en apprentissage ˆ 14 ans. Il travaille comme mŽcanicien sur les chantiers du canal de Suez puis est chauffeur sur la ligne de trains Paris-Lyon. En 1866, il est ˆ Paris. Collaborateur occasionnel de la Marseillaise, MŽgy frŽquente les rŽunions publiques. Alors quÕon vient lÕarrter, le 11 fŽvrier 1870, pour avoir participŽ aux barricades de Belleville, il tue le policier qui a commis lÕerreur de tenter de sÕintroduire chez lui avant lÕheure lŽgale. DŽfendu par Protot, MŽgy est condamnŽ, en aožt 1870 ˆ 20 ans de travaux forcŽs, mais le 8 septembre, il est amnistiŽ. Pendant le sige, Edmond MŽgy sert comme garde national. Il prend part aux journŽes des 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871. Membre de lÕInternationale, il participe activement ˆ la Commune de Marseille. Celle-ci vaincue (le 4 avril 1871), il retourne ˆ Paris. Collaborateur de la RŽpublique nouvelle et de lÕAffranchi, il est promu colonel et nommŽ ˆ la tte du fort dÕIssy ; pour lÕavoir abandonnŽ le 30 avril en dŽpit des ordres reus, il est arrtŽ par Rossel ; mais Eudes le prend comme chef dՎtat-major. Le 24 mai, il ferait partie du peloton qui exŽcute lÕarchevque Darboy. Il est condamnŽ par contumace ˆ la peine de mort. Ayant rŽussi ˆ sՎchapper, MŽgy gagne dÕabord Genve, puis les ƒtats-Unis. ArrivŽ ˆ New York au dŽbut du mois de septembre 1871, MŽgy trouve du travail et fait partie, avec Dereure, Galtier et les frres May, du premier noyau blanquiste qui se constitue autour dÕEdmond Levraud et de Bergeret. Il ne tarde pas ˆ entrer en conflit avec les frres May. Ė la demande des blanquistes de Londres, MŽgy signe et fait signer en juin 1872 parmi les Communards new-yorkais une pŽtition contre la proposition de faire une contre-enqute officielle dŽfendant les actes de la Commune. Puis, conformŽment aux consignes de Londres, les blanquistes commencent ˆ faire de lÕentrisme dans les sections francophones de lÕAIT et ˆ sÕimpliquer dans les actions militantes des socialistes franco-amŽricains. MŽgy sՎlve violemment contre lՎlection de Gustave May au poste de trŽsorier national de la souscription lancŽe au bŽnŽfice des veuves et des orphelins des combattants de la Commune. Soutenu par Crosse, Thomas, Baron, Christenert et Beno”t Hubert qui dŽmissionnent de la commission new-yorkaise, il convoque une rŽunion de tous les communeux de New York, rŽunion qui sera ˆ lÕorigine de la fondation de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune. En octobre 1872, dans le cadre de lÕoffensive des blanquistes sur les sections francophones de lÕAIT, MŽgy est Žlu membre de la commission de contr™le du Socialiste. Prenant la parole lors du banquet organisŽ ˆ New York pour cŽlŽbrer le 2e anniversaire du 18 mars, il porte un toast ˆ Blanqui. En 1874, avec un petit noyau de fidles (Crosse, David, Mazeau, Thomas et Olivier), MŽgy lance la Revue sociale. Le 14 janvier 1874, malgrŽ des recherches faites ˆ Paris, la commission dÕenqute dŽsignŽe pour trancher de la vŽracitŽ des accusations profŽrŽes par MŽgy ˆ lÕencontre des frres May conclut nŽgativement, estimant quÕil nÕexiste aucune preuve pour justifier ses accusations. De 1875 ˆ 1877, MŽgy fait des allers-retours ˆ Londres, puis Birmingham, mais ni lui, ni sa femme ne sÕy plaisent et ils retournent ˆ New York. Le 31 dŽcembre 1877, il est Žlu vice-prŽsident de lÕassemblŽe des communistes new-yorkais qui, au nombre de 54, signent la lettre de soutien adressŽe aux membres de la Ē Vieille Icarie Č (voir Arsne Sauva). En 1878, au cours dÕune rŽunion tumultueuse de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs, il se heurte ˆ Henri Hanser, avec qui il a acceptŽ de collaborer pour lancer la Centralisation, hebdomadaire blanquiste. En 1883, il est nommŽ secrŽtaire du comitŽ new yorkais pour lՎrection dÕun monument ˆ Blanqui. MŽgy meurt le 28 dŽcembre 1884 ˆ lÕh™pital de Colon (Panama), suite ˆ un accident cardiaque. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Meili Jean (c. 1843- ?) : NŽ vers 1843, ŽbŽniste, Meili assiste en 1867, tant™t chez Chouteau et tant™t chez Las, aux rŽunions du groupement de tendance blanquiste dŽnommŽ Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. ArrtŽ, il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

MŽnard (?-?) : ArrtŽ en 1867 et condamnŽ ˆ 15 jours de prison, pour avoir criŽ Ē Vive Garibaldi ! Č sur le passage de lÕEmpereur dÕAutriche venu visiter lÕExposition Universelle  (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 29 + cf. annexe E). Peut-tre sÕagit-il de Louis MŽnard, Žcrivain, nŽ et mort ˆ Paris (1822-1901), fils du libraire-Žditeur Eustache MŽnard, installŽ, 3, place de la Sorbonne (o se trouvera plus tard la librairie du Crapouillot, Jean Galtier-Boissire Žtant son petit-neveu). Louis MŽnard est pote, philosophe, historien, pamphlŽtaire politique et critique dÕart, chimiste et peintre paysagiste ˆ Barbizon aux c™tŽs de ThŽodore Rousseau. IndignŽ par la rŽpression qui suit la dŽfaite des insurgŽs de Juin 1848, il rŽdige son Prologue dÕune RŽvolution, exposŽ de cinq mois dÕhistoire politique franaise (de fŽvrier ˆ juin 1848), qui para”t en feuilleton dans Le Peuple de Proudhon (en 1848-1849). En avril 1849, Louis MŽnard et le gŽrant du Peuple sont condamnŽs respectivement ˆ 3 ans et ˆ 15 mois de prison, et tous deux solidairement ˆ 10 000 francs dÕamende. Louis MŽnard sÕexile alors ˆ Londres, o il retrouve son ami Louis Blanc, puis ˆ Bruxelles o il se lie avec Blanqui et fait la connaissance de Marx et dÕEngels. Il rentre ˆ Paris aprs lÕamnistie de 1859. Fin avril 1870, la police de lÕEmpire arrte les principaux dirigeants de lÕInternationale sous la double inculpation de complot et de sociŽtŽ secrte. Robin rŽdige une protestation, que MŽnard et ses camarades du conseil fŽdŽral parisien de lÕInternationale signent, sՎlevant contre cette accusation et revendiquant pour lÕInternationale le droit dՐtre la Ē conspiration permanente de tous les opprimŽs et de tous les exploitŽs Č. (dÕaprs le Maitron)

 

MŽry CŽsar Auguste Paulin, dit Paulin-MŽry (1860-1913) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O)CŽsar-Auguste MŽry na”t ˆ Villiers-sur-Tholon (Yonne), le 14 juin 1860. Sur son acte de baptme figure Žgalement le prŽnom de Paulin, quÕil accolera ˆ son nom par la suite. Son pre est tonnelier. Aprs des Žtudes au collge de Joigny, il les poursuit ˆ Paris ˆ la facultŽ de mŽdecine, o il est reu docteur en 1885 et installe son cabinet dans le 13e. Trs rapidement, il se fait conna”tre par sa compŽtence et ouvre une clinique et un dispensaire gratuit pour les plus dŽmunis. Profitant de sa notoriŽtŽ, il commence ˆ sÕengager en politique, fondant deux journaux : Paris Libre, puis Le RŽveil du 13me. CÕest sans doute ˆ partir de cette Žpoque quÕil se fait appeler Paulin-MŽry. Il se rapproche du Parti radical socialiste, puis adhre ˆ la Ligue pour la DŽfense de la RŽpublique o il rencontre les blanquistes. En octobre 1888, il devient prŽsident du comitŽ du 13e de la Ligue des Patriotes, de DŽroulde, ˆ lÕidŽologie Ē nationaliste et autoritaire Č et, en 1889, Paulin-MŽry choisit le camp boulangiste, ˆ la suite de Granger (dÕaprs le site de la commune de Villiers-sur-Tholon). Mort ˆ Paris le 25 janvier 1913, le Dr CŽsar-Auguste MŽry a contribuŽ ˆ l'utilisation des rayons x, qui ont causŽ sa mort. [Wkpd]

 

Meunier [MeusniŽ] ƒdouard (?-?) : Marchand mercier, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 6 mois de prison et 100 F dÕamende. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Le Maitron confirme et ajoute quÕen 1867-1868, avec Jaclard, Genton, Duval, Granger et Eudes, Meunier forme les premiers groupes de combat blanquistes.

 

Meyer Ernest (?-?) : Ouvrier fondeur en cuivre, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). Le Maitron confirme et ajoute quÕen 1868, Meyer travaille, rue Saint-Maur, dans une fonderie dont il est responsable du groupe blanquiste.

 

Michel (?-?) : Le Maitron signale (dans la notice de  Franois Winant) quՈ lÕenterrement de ce dernier, le 25 mars 1905 au cimetire du Kremlin-Bictre, deux discours sont prononcŽs, dont lÕun Ē par Michel, militant blanquiste Č (est donnŽ comme source Ē LÕActualitŽ de lÕHistoire, op. cit. Č ; peut-tre : Jean Maitron, Ē En dŽpouillant les archives du gŽnŽral Eudes Č, LÕActualitŽ de lÕHistoire, n” 6, janvier 1954 ?)

 

Millot ThŽophile (?-?) : Relieur, ThŽophile Millot sÕest installŽ ˆ New York avant la fin du Second Empire. Membre de lÕUnion RŽpublicaine de Langue Franaise, il est secrŽtaire du comitŽ central new-yorkais dŽbut juillet 1870. Il sige au ComitŽ de dŽfense nationale crŽŽ en septembre 1870 sous lՎgide de lÕURLF pour organiser le dŽpart de volontaires vers la France envahie. Ayant adhŽrŽ ˆ lÕAIT ds son implantation ˆ New York, ThŽophile Millot est Žlu secrŽtaire de la section 2. Proche des anticentralistes, il cosigne lÕappel ˆ la manifestation du Cooper Institute de dŽcembre pour honorer la mŽmoire de FerrŽ, Bourgeois et Rossel. Proche des blanquistes qui exercent alors au sein des sections franaises de lÕAIT une influence prŽpondŽrante, ThŽophile Millot est membre du ComitŽ de salut public constituŽ en dŽcembre 1873 ˆ New York dans le cadre du mouvement des ch™meurs. Il semble Žgalement avoir ŽtŽ au nombre des ŽlŽments les plus dŽterminŽs ˆ ne pas reculer devant les risques dÕaffrontement physique avec la police au lendemain des ŽvŽnements de Tompkins square. En 1876, ˆ lÕoccasion de lÕExposition universelle de Philadelphie, ThŽophile Millot reoit le dŽlŽguŽ parisien des relieurs, Wynants [cf. Winant]. En 1883, ThŽophile Millot milite toujours, et il est invitŽ ˆ prendre la parole (en franais) aux c™tŽs dÕautres orateurs, lors de la cŽrŽmonie commŽmorative au Cooper Institute au lendemain de la mort de Karl Marx. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Moreau Armand (?-?) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Communard exilŽ ˆ Londres, Armand Moreau est administrateur de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs. Admis, en novembre 1871, au Conseil gŽnŽral de lÕInternationale, avec ses amis blanquistes Cournet et Ranvier, il co-signe la 3e Ždition franaise du texte de Marx la Guerre civile en France. Au congrs de lÕInternationale de La Haye (septembre 1872), il vote les pleins pouvoirs au Conseil gŽnŽral, mais se prononce contre le transfert du sige ˆ New York. Avec ses amis blanquistes, il se retire de lÕInternationale sans abandonner lÕaction et signe la brochure Internationale et RŽvolution [cf. Vaillant]. (dÕaprs le Maitron) Le Maitron signale aussi quÕun jeune ouvrier mŽcanicien, nommŽ Moreau (sans prŽnom et sans dates), blanquiste, est condamnŽ, le 3 avril 1869, ˆ 3 mois de prison pour atteinte ˆ la propriŽtŽ (citant M. Dommanget, Blanqui et lÕopposition rŽvolutionnaire..., p. 171 ; confirmŽ par AZ, p. 213, qui ne donne pas de prŽnom non plus). Peut-tre sÕagit-il du mme ?

 

Mortier Henri (1843-1894) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres,  juin 1874 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ ˆ Paris le 17 avril 1843, Henri Joseph Mortier y est mort en 1894 ; dŽcoupeur sur bois ou commis-architecte, selon les sources. Blanquiste, membre de la section des ProlŽtaires du XIe de lÕA.I.T., Mortier fait partie du ComitŽ central de la Garde nationale. Il sert comme capitaine dans une compagnie de marche et, le 26 mars, est Žlu ˆ la Commune pour le XIe. Le 13 mai, il remplace FerrŽ ˆ la commission de SžretŽ gŽnŽrale. CondamnŽ par contumace ˆ la peine de mort, il se rŽfugie ˆ Londres, o il est lÕun des fondateurs de lՃcole franaise crŽŽe pour les enfants des proscrits [cf. Huguenot]. Il se rend ensuite en Belgique dÕo il est expulsŽ en 1875. Sans doute est-ce alors quÕil travaille en Suisse dans la fabrique de caractres en bois des frres Bonnet ? Il est de nouveau ˆ Londres en mars 1877. (dÕaprs le Maitron)

 

Mounier (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3. + voir annexes N & O).

 

Naquet Alfred (1834-1916) : NŽ le 6 octobre 1834 ˆ Carpentras (Vaucluse) ; mort le 11 novembre 1916. Docteur en mŽdecine de la FacultŽ de Paris en 1859, Alfred Naquet est reu, quatre ans plus tard, professeur agrŽgŽ. En 1867, Naquet Ń qui dŽjˆ, ˆ cette Žpoque, a rendu visite ˆ Blanqui en Belgique Ń assiste ˆ quelques rŽunions chez Chouteau, agent principal du groupement blanquiste Ē Commune rŽvolutionnaire des ouvriers franais Č. ArrtŽ, il est condamnŽ ˆ 15 mois de prison. En septembre 1867, il assiste au 1er congrs de la Ligue de la Paix et de la LibertŽ ˆ Genve. Avec les Reclus et Aristide Rey, il fait partie en 1868 de la sociŽtŽ secrte de Bakounine, la Ē FraternitŽ internationale Č. En 1869, Alfred Naquet publie Religion, propriŽtŽ, famille, et est ˆ nouveau  condamnŽ. Il se rŽfugie alors en Espagne et ne rentre en France quÕaprs lÕamnistie. En septembre 1870, Alfred Naquet prend une part active au renversement de lÕEmpire. De mars ˆ juillet 1871, il sŽjourne ˆ Avignon o il rŽdige la DŽmocratie du Midi. ƒlu en juillet en Vaucluse, il sige ˆ lÕextrme gauche. RŽŽlu jusquÕen 1883, il devient ensuite sŽnateur, luttant en faveur du droit au divorce. Par la suite, il prend une part importante ˆ lÕagitation boulangiste. (dÕaprs le Maitron) Voir notice Chouteau.

 

Neveu Henri (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Matin, 14 mars 1890, p. 2 + voir annexes N & O). SÕagit-il de Henri Neveu, rŽdacteur ˆ LÕIntransigeant, qui est candidat de la Ligue intransigeante socialiste pour les municipales de 1893 dans le quartier de Clignancourt ? (dÕaprs le Maitron)

 

Olivier [ou Ollivier] Joseph (c.1836-p.1879) * : NŽ vers 1836, mort aprs 1879, Joseph Olivier est, sous la Commune, directeur de lÕEnregistrement et du Timbre. CondamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, il se rŽfugie ˆ Londres, o il sՎtablit comme commissionnaire en vins. En 1873, il gagne New York o lÕon trouve dÕabondantes traces de son implication dans la fraction blanquiste. Ds avril 1873, Olivier est Žlu membre de la commission de contr™le du Socialiste. Durant lÕhiver 1873-1874, il participe avec Edmond MŽgy, Jules Mazeau, Jules Thomas et Louis Crosse au lancement de lÕhebdomadaire La Revue sociale. Il reprŽsente la SociŽtŽ des rŽfugiŽs au sein du jury dÕhonneur chargŽ de trancher le diffŽrend entre MŽgy et les frres May ; cÕest ˆ son domicile que se tiennent les rŽunions. Aprs le dŽpart dÕEdmond MŽgy pour Londres, il semble quÕOlivier exerce une grande influence au sein de la proscription de New York. Tenant un bar ˆ bire et vendant du vin en gros, il a un peu dÕargent et est devenu le principal animateur de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs. Joseph Olivier para”t tre ˆ lÕinitiative de la rŽunion des communistes new-yorkais de dŽcembre 1877, ˆ lÕissue de laquelle 54 dÕentre eux adressent une lettre dÕencouragement aux membres de la Ē Vieille Icarie Č (cf. Sauva). En 1878, Joseph Olivier participe au lancement du journal blanquiste La Centralisation. Sa trace se perd ensuite, sans que lÕon puisse dire sÕil reste ˆ New York ou sÕil rentre en France aprs lÕamnistie. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Oldrini A. (?-?) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Collaborateur de La Montagne de Maroteau (avril 1871). (dÕaprs le Maitron)

 

Onimus Ernest Nicolas Joseph, dit Sumino ou Dr Onimus (1840- ?) Ę : Ē En mai 1865 parut [É_] le Candide, journal consacrŽ ˆ la critique religieuse et ˆ l'exposŽ scientifique et philosophique. Le rŽdacteur en chef effectif Žtait Gustave Tridon, ayant pour collaborateurs : P. Vaissier, E. Villeneuve, Baron de Ponnat, Louis  Watteau, Losson, Viette, Sumino (Dr Onimus), et enfin Suzamel, pseudonyme sous lequel Žcrivait Blanqui. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11 + annexe C). NŽ aux environs de Mulhouse le 6 dŽcembre 1840, au sein dÕune famille de grands propriŽtaires terriens et dÕun pre mŽdecin, Ernest Onimus dŽbute ses Žtudes de mŽdecine ˆ Nancy et les termine ˆ Paris, en 1866. MŽdecin physiologiste, cÕest un chercheur, qui sÕintŽresse ˆ de nombreux domaines. RŽdacteur du Candide, Ernest Onimus est, ˆ cette Žpoque, militant blanquiste. Durant le sige de Paris, il fait partie de la Commission centrale dÕhygine et de salubritŽ qui sÕoccupe de prŽvenir la ville des ŽpidŽmies. On ignore sÕil participe ˆ la Commune. Le docteur Onimus obtiendra par la suite le grand prix de mŽdecine de lÕInstitut. (dÕaprs le Maitron) 

 

Perrette Auguste (?-?) * : Durant la Commune, Auguste Perrette commande un bataillon fŽdŽrŽ avec le grade de capitaine-major. ExilŽ aux ƒtats-Unis, proche de la mouvance blanquiste, il signe en juin 1872 la protestation des rŽfugiŽs contre la proposition de contre-enqute officielle sur la Commune. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Petit Louis (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3. + voir annexes N & O). Il peut sÕagir de Louis Petit, ouvrier typographe, membre de la FŽdŽration du Livre, candidat de la FTSF (FŽdŽration des Travailleurs Socialistes de France, crŽŽe par Brousse et Joffrin en 1882) aux municipales en 1890 dans le quartier des Halles. (dÕaprs le Maitron)

 

Peyrouton Abel Toussaint (1841-?) * : NŽ le 1er novembre 1841 ˆ Paris, fils dÕun avocat et journaliste. Venu ˆ Paris ˆ lՉge de 16 ans, Abel Peyrouton fait ses Žtudes au lycŽe Bonaparte [Condorcet], puis devient avocat au barreau de Paris. Ds 1863, il est arrtŽ pour Ē cris sŽditieux Č ; puis ˆ plusieurs reprises en 1868 et en fŽvrier 1869, pour Ē excitation ˆ la haine contre le gouvernement Č ; pour avoir Ē fait lÕapologie de crimes Č ; pour Ē outrages ˆ agents Č ou pour Ē outrages ˆ un commissaire de police lors dÕune rŽunion Č. Il professe alors des opinions blanquistes. Ė la guerre, il est lieutenant dans la Garde nationale, mais lorsque celle-ci est mobilisŽe, il redevient simple garde. Sous la Commune, il est nommŽ directeur du Conseil dՃtat et de la Cour des Comptes. Son r™le semble assez effacŽ ; il a des amis ˆ la fois parmi les partisans de la Commune et ceux de Versailles. Aprs la Commune, condamnŽ ˆ 5 ans de prison pour avoir pris part ˆ lÕinsurrection, il est, ˆ Clairvaux, le compagnon de captivitŽ de Blanqui. En 1877-1878, il Žcrit, sous le nom de Julien Thauly, des articles au Progrs de Lyon (dont il prendra la direction en 1882) ; en 1879, il est chargŽ dÕaccueillir Blanqui ˆ Lyon. Il a gardŽ une haine solide ˆ Jules Ferry, Ē homme des rŽactions les plus Žtroites, les plus violentes, les plus basses Č (Žcrit-il en 1880), mais, 10 ans plus tard, il est rŽdacteur en chef du journal de celui-ci, lÕEstafette ; ˆ cette Žpoque, il parle des " variations inŽvitables de lÕesprit humain en cette pŽriode de transition o nous sommes ". LÕannŽe suivante, il est promu chevalier de la LŽgion dÕhonneur. (dÕaprs le Maitron)

 

Pichon (?-?) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). Sans doute sÕagit-il de Stephen Pichon, dont ZŽvas dit quÕil mena Ē avec activitŽ Č la campagne de Blanqui dans le VIe arrondissement de Paris, en juillet 1878, et quÕil deviendrait par la suite Ē lÕun de nos plus Žloquents reprŽsentants de la dŽmocratie radicale et lÕun de nos plus distinguŽs ministres des Affaires Žtrangres  [A. ZŽvas, Auguste Blanqui, Rivire & Cie, 1920, p. 105]. Il fut dŽputŽ radical-socialiste du XIVe [notice ZŽvas du Maitron]

 

Pilhes Victor (1817-1879) * : Il est lÕun des principaux rŽdacteurs du quotidien de Blanqui, La Patrie en danger (septembre-dŽcembre 1870). Pendant la Commune, il prend la tte dÕun rŽgiment de la Garde nationale et devient capitaine dÕun rŽgiment, au sein duquel il est surnommŽ le Ē Bayard de la dŽmocratie Č [cf. annexe T]. Signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration du 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). NŽ le 11 septembre 1817 ˆ Tarascon (Arige), mort ˆ lÕasile de Charenton le 2 novembre 1879. Aprs des Žtudes secondaires dans une maison religieuse ariŽgeoise, Victor Pilhes entreprend des Žtudes de mŽdecine ˆ Toulouse, puis ˆ Paris. Les abandonnant, il devient, en 1842, commis-voyageur pour une maison de tissus, tout en militant dans les sociŽtŽs secrtes rŽpublicaines. En 1847, avec Proudhon, il tente vainement de faire para”tre le journal Le Peuple. Une amitiŽ de vingt ans liera les deux hommes (et, avec Chaudey, il seront ses exŽcuteurs testamentaires). En fŽvrier 1848, avec les hommes de La RŽforme, il participe ˆ la rŽvolution. Il est membre de la SociŽtŽ RŽpublicaine Centrale de Blanqui, Žlu reprŽsentant de lÕArige ˆ la LŽgislative en 1849. ArrtŽ ˆ lÕoccasion de lÕaffaire du 13 juin 1849, il est condamnŽ et enfermŽ ˆ Doullens, puis ˆ Belle-ėle, et enfin ˆ Sainte-PŽlagie. LibŽrŽ en fŽvrier 1854, Pilhes ne cesse de sÕopposer ˆ lÕEmpire. En 1868, il contribue ˆ la fondation du journal La DŽmocratie. Le 14 aožt 1870, il participe avec les blanquistes ˆ la vaine attaque de la caserne de la Villette. ƒlu au commandement dÕun bataillon de la Garde nationale, Pilhes prend part ˆ la dŽfense de Paris et se bat courageusement ˆ Champigny et ˆ Choisy-le-Roi. Il sÕassocie, ˆ ses dŽbuts, ˆ lÕinsurrection de la Commune, mais y participe peu. Il semble quÕil soit surtout prŽoccupŽ par le souci de dŽlivrer Blanqui, condamnŽ pour sa participation ˆ la journŽe du 31 octobre et emprisonnŽ dans le sud-ouest (cf. Lacambre). Ė la fin de sa vie, sous la prŽsidence de Jules GrŽvy, Pilhes obtient un petit emploi au palais de lՃlysŽe. (dÕaprs le Maitron)

 

Place Henri [Place Louis, Joseph, Henri, dit Verlet Henry] (1847- ?) *Ę : Signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration du 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F), il participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881, aprs la mort de Blanqui (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). NŽ le 7 janvier 1847 ˆ Moulins (Allier), fils dÕun libraire poursuivi en 1851 comme imprimeur rŽpublicain. Le jeune homme fait ses Žtudes au lycŽe de Moulins, puis, bachelier s-lettres ˆ dix-sept ans, entreprend ˆ Tours (Indre-et-Loire) un apprentissage dÕouvrier typographe au Moniteur dÕIndre-et-Loire o il signe ses premiers articles. Vers 1867-1868, il appartient dŽjˆ aux cadres de la petite armŽe rŽvolutionnaire blanquiste. En 1869, il Žcrit une brochure, Le Peuple et la RŽvolution - LÕAthŽisme et lÕętre suprme, qui contient le programme des Libres penseurs parisiens et, en dŽcembre, est dŽlŽguŽ, avec Regnard, ˆ lÕAnti-Concile de Naples. En 1870, il signe, avec Regnard, BreuillŽ, Lafargue et Gouhier, Le PlŽbiscite et la Libre PensŽe. Henri Place vit ˆ Paris lorsque la guerre Žclate Ń il appartient alors ˆ lÕInternationale et, sur recommandation de Lafargue, Marx propose au Conseil gŽnŽral de lui attribuer pleins pouvoirs ˆ Paris. Il sÕengage dans la Garde nationale et sert, durant le Sige, de secrŽtaire ˆ lÕofficier-payeur dÕun bataillon. Il donne rŽgulirement des articles ˆ la Patrie en Danger, puis entre au Cri du Peuple de Valls, comme typographe, correcteur et journaliste. ƒlu commandant dÕun bataillon fŽdŽrŽ, il participe aux batailles tout le mois de mai, avant dՐtre arrtŽ et envoyŽ en rade de Brest. CondamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, il est dŽportŽ en Nouvelle-CalŽdonie, o il Žpouse, ˆ la presquՔle Ducos, la dŽportŽe Marie Cailleux. Ils ne reviennent en France que fin 1879 avec leurs deux filles. Aprs lÕamnistie, Place est, aux c™tŽs de Vaillant et dÕEudes, un des rŽorganisateurs du CRC, hŽritier de la tradition blanquiste (cf. annexe M). Ė la suite de Granger, au moment de la crise boulangiste (1889), Place sՎcarte du CRC, mais y revient en 1896 et appartient alors ˆ la direction du PSR (nouveau nom du CRC ˆ partir de 1898) (cf. annexe P). (dÕaprs le Maitron) 

 

Plessis (?-?) * : ƒbŽniste, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police, mais il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). En 1866, il exerce le mŽtier de sculpteur sur bois. Sous la Commune, il est garon de bureau au Ministre de la Justice, mais il ayant Žgalement des talents dÕamuseur public et de saltimbanque, il participe ˆ la reprŽsentation de bienfaisance donnŽe au ThŽ‰tre-Lyrique, le 18 mai 1871, sous le patronage des membres de la Commune de Paris. Il est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Selon certaines sources, il est arrtŽ en 1878 ou 1879 Ń nÕayant jamais quittŽ Paris et ignorant sa condamnation ; selon dÕautres, il sÕest rŽfugiŽ ˆ Genve o il gagnerait sa vie en faisant des tours dÕadresse. (dÕaprs le Maitron)

 

Plocque Alexandre (1807-1872) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. Ami et condisciple de Blanqui au lycŽe Charlemagne, il le retrouve ˆ la facultŽ de droit, en avril 1828. Alexandre Plocque interrompt ses Žtudes en octobre 1828 pour partir en MorŽe avec Blanqui dans un corps expŽditionnaire destinŽ ˆ aider le PŽloponse ˆ se libŽrer de la domination turque. Mais la route des deux amis passe par le pays niois, o Blanqui est arrtŽ. Les deux amis se retrouvent en aožt 1829, mais semblent nÕavoir repris le chemin de lՃcole de droit quÕaprs les journŽes de Juillet. Plocque est lÕun des Žtudiants dŽcorŽs de Juillet. Membre de la SociŽtŽ des Amis du Peuple depuis sa crŽation, il participe ˆ lÕorganisation de la SociŽtŽ des ƒcoles. ArrtŽ avec Blanqui et Sambuc en janvier 1831, il est ŽcrouŽ ˆ La Force pour provocation ˆ commettre des dŽlits. Inscrit au barreau en 1832, il compara”t en dŽcembre, au procs dit du droit dÕassociation, devant la cour dÕassises avec dÕautres de la sociŽtŽ des Amis du peuple, ne se contentant pas de dŽfendre le droit dÕassociation, mais exaltant aussi la rŽpublique. Ė partir dÕavril 1834, il commence ˆ se faire conna”tre comme dŽfenseur des inculpŽs politiques. ƒlu membre du conseil de lÕordre en 1845, il est b‰tonnier en 1858. (dÕaprs J. Risacher pour le Maitron)

 

Poirier A. (?-?) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K).

 

Ponnat Antoine Marie Gabriel, baron de (1840-1905) Ę : Franc-maon, ce descendant authentique dÕune grande famille dauphinoise, devenu blanquiste, appartient, ˆ la fin de lÕEmpire, ˆ la loge Ē Les Elus dÕHiram, n” 145 Č, [cf. le blog de Paul Quader, qui fournit les prŽnoms et les dates du baron que nous ignorions jusquÕici]. Charles Da Costa (Les blanquistes, Žditions Rivire, 1912) nous apprend que le baron de Ponnat, Ē ami de Blanqui Č et correspondant parisien du journal Le Phare de la Loire [10], y publie la dŽfense de Tridon lors du procs des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 qui sont arrtŽs par la police. Cette rŽunion de blanquistes, convoquŽe par Tridon, a eu lieu au premier Žtage du CafŽ de la Renaissance (Boulevard Saint-Michel) ayant pour but de Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale (Genve, septembre 1866) malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui (cf. DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 22 + annexe D). Da Costa dit aussi que, vers 1866, Ē Blanqui faisait [É] dÕassez frŽquentes visites ˆ Paris ; il y vivait sous le nom de M. Bernard, tant™t chez Eudes, au quartier Latin, tant™t aux Batignolles, chez le baron de Ponnat, dans une maison ˆ double issue, pour pouvoir sՎchapper en cas de surprise de la police. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 26) Libre penseur, il fait, au congrs de fondation de la Ligue Internationale de la Paix et de la LibertŽ, ˆ Genve, en 1867, une intervention dÕesprit blanquiste, antireligieuse et antichrŽtienne, qui est mal accueillie. Dommanget le dŽcrit comme un Ē pilier de bibliothque, Žrudit et maniaque dÕathŽisme Č, et prŽcise quÕil est lÕauteur des Variations du Christianisme. Le baron Ponnat collabore au Candide (il est condamnŽ, en 1865, ˆ trois mois de prison et 100 F dÕamende), puis au DŽmocrite (hebdomadaire de Raul Rigault) en 1868, et, en 1870, ˆ la Libre PensŽe de Henry Verlet [Henri Place] et Charles Gouhier, ˆ lÕExcommuniŽ (Lyon), ˆ la Patrie en Danger. Durant la Commune, il se tient ˆ lՎcart, puis va vivre ˆ Genve. (Maitron, dont la nouvelle version de la notice du Baron prend en compte ces informations).

 

Protot Eugne (1839-1921) *Ę : ƒtudiant, il vient visiter Blanqui ˆ H™pital Necker, au printemps 1864, et fait partie de lՎquipe qui organise son Žvasion, le dimanche 27 aožt (DaCosta, Les Blanquistes, p. 9). Lors de lÕaffaire du CafŽ de la Renaissance (dont il est le protagoniste principal, accusŽ par Tridon de dŽsobŽissance envers Blanqui), il est arrtŽ avec les 40 autres et condamnŽ ˆ 15 mois de prison et 100 francs dÕamende (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O). NŽ le 27 janvier 1839 ˆ Carisey (Yonne) et mort ˆ Paris le 17 fŽvrier 1921, Protot appartient ˆ une famille de paysans vignerons. Quoique pauvre, il parvient, gr‰ce ˆ son travail, ˆ mener des Žtudes et ˆ devenir avocat. ƒtudiant en droit en 1864, et dŽjˆ militant blanquiste, il appartient au noyau qui constitue lÕembryon du Parti, et il Žcrit dans les journaux Rive gauche et Candide. Il assiste au congrs international des Žtudiants de Lige (29 octobre - 1er novembre 1865). CÕest Ē juste la veille de son dŽpart Č pour assister au premier congrs de lÕAIT ˆ Genve en septembre 1866 que Protot se fait inscrire ˆ lÕInternationale. Il sÕy rend (avec les blanquistes parisiens Calavaz, Humbert, Jeannon, Jeunesse, Lalourcey, Subit), malgrŽ la dŽfense dÕAuguste Blanqui et est expulsŽ du congrs le 6 septembre. ArrtŽ le 7 novembre au cafŽ La Renaissance, il est condamnŽ et enfermŽ ˆ Sainte-PŽlagie. Il est ˆ nouveau condamnŽ, en mai 1870, pour complot contre la vie de lÕempereur. Il est rŽdacteur au Journal du Peuple (juillet-septembre 1870) et ˆ La Montagne, de Maroteau (avril 1871). Pendant le Sige, il est marŽchal des logis-chef dÕune batterie dÕartillerie et campe trois mois ˆ Nogent, face au plateau dÕAvron. Le XVIIe lՎlit ˆ la Commune, le 26 mars 1871. DŽlŽguŽ ˆ la Justice le 16 avril, il est membre de la commission exŽcutive (Ē et lÕarchitecte du nouveau systme judiciaire fondŽ sur les principes de dŽmocratie et de justice Žgale et gratuite pour tous Č). Ses opinions lÕapparentent ˆ la tendance blanquiste (bien quÕil en soit exclu). Protot participe aux derniers combats de la Semaine sanglante et sÕen tire miraculeusement. Il arrive ˆ Genve en octobre 1871, quand ses amis le croient mort. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la peine de mort. Dans les annŽes 1870, il circule beaucoup entre Suisse, Belgique, Angleterre, Italie, et rentre en France aprs lÕamnistie de 1880, sans tre admis ˆ reprendre son statut dÕavocat. En septembre 1889, Protot est candidat ˆ Marseille contre Jules Guesde. Selon Quader, orientaliste reconnu, dipl™mŽ de lՃcole des langues orientales pour l'arabe et le persan, Protot devient anarchiste aprs lÕexil. (dÕaprs le Maitron & le blog de Paul Quader)

 

Ranvier Gabriel (1828-1879) *Ę : Signataire de la protestation de septembre 1872 (quelques jours aprs le Congrs de l'Internationale de La Haye), contre la dŽcision des marxistes qui avaient transfŽrŽ de Londres ˆ New-York le sige du conseil gŽnŽral de l'Internationale. Avec dÕautres blanquistes rŽfugiŽs ˆ Londres (Arnaud, Cournet, Marguerittes, Constant Martin et Vaillant), il quitte l'AIT, ne lÕestimant pas suffisamment rŽvolutionnaire. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-43 + annexe J). NŽ ˆ Baugy (Cher) le 8 juillet 1828, mort ˆ Paris le 27 novembre 1879 ; peintre-dŽcorateur. Le pre de Ranvier est aubergiste, puis cordonnier. Gabriel est employŽ, ds sa sortie de lՎcole primaire, chez lÕhuissier de Baugy, qui lÕaurait renvoyŽ. Vers 1847 ou 1848, aprs avoir ŽtŽ employŽ ˆ Bourges chez un avouŽ, il arrive ˆ Paris. Ayant des dispositions pour le dessin, ouvrier laborieux, peintre sur porcelaine, il sՎtablit ˆ son compte, mais fait faillite en juin 1864. Ė la fin de lÕEmpire, Gabriel Ranvier est condamnŽ ˆ 4 ans de prison pour infraction ˆ la loi sur les rŽunions, mais il est libŽrŽ le 4 septembre 1870. Valls, dans LÕInsurgŽ, en donne un portrait sympathique. Pendant le Sige, il est Žlu commandant dÕun bataillon de la Garde nationale et, en mars 1871, il fait partie de son ComitŽ central. Le 18 mars, ˆ la tte des bataillons de Belleville, avec Eudes, il se joint aux fŽdŽrŽs de Montmartre pour sÕemparer de lÕH™tel de Ville et ils font hisser le drapeau rouge. Le XXe lՎlit ˆ la Commune le 26 mars. Il prend part ˆ la sortie du 3 avril au cours de laquelle Flourens trouve la mort. Il vote pour le ComitŽ de Salut public, et en est membre. CÕest lui qui, le 26 mai, fait publier la dernire proclamation de la Commune, relative ˆ la dŽfense de Belleville. Il est ˆ Londres tandis que le conseil de guerre le condamne par contumace ˆ la peine de mort. En novembre 1871, Ranvier entre au conseil gŽnŽral de lÕInternationale. Il est prŽsent au 5e congrs de lÕInternationale de La Haye (septembre 1872). Marx ayant fait voter le transfert ˆ New York du Conseil gŽnŽral, Ranvier quitte le congrs ainsi quÕArnaud, Cournet et Vaillant. Son nom figure Ń malgrŽ lui, dit-il ˆ Lafargue Ń avec ceux dÕArnaud, Margueritte, Constant Martin et Vaillant comme signataires de la brochure Internationale et RŽvolution, ˆ propos du congrs de La Haye (rŽdigŽe par Vaillant). Ė peine de retour ˆ Paris, Gabriel Ranvier meurt, le 27 novembre 1879. (Maitron) Une autre source indique quÕil est en Italie en 1878 et que, non amnistiŽ, malade, passant par Paris, il meurt ˆ Belleville le 25 novembre 1879. [Wkpd] Cf. aussi Alain Dalotel : Gabriel Ranvier (1828-1879), le Christ de Belleville (Žditions Dittmar).

 

Regnard Albert (1836-1903) *Ę : ƒtudiant en mŽdecine dans les annŽes 1860, ami de Clemenceau, il prend la parole au Congrs International des ƒtudiants ˆ Lige (octobre- novembre 1865) _Ń ce qui lui vaut dՐtre exclu ˆ vie de lÕUniversitŽ de Paris Ń : Ē Aux sŽances du Congrs, certains dŽlŽguŽs franais se firent encore remarquer par la nettetŽ de leurs dŽclarations franchement athŽistes ou matŽrialistes et leurs professions de foi rŽpublicaines et sociales, notamment Aristide Rey, Albert Regnard, Lafargue, Bigourdan, Jaclard, Žtudiants en mŽdecine, et Germain Casse et Losson, Žtudiants en droit Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11). Signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration du 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). NŽ le 20 mars 1836 ˆ la CharitŽ-sur-Loire (Nivre). En 1864, Regnard, interne ˆ lÕh™pital de la CharitŽ ˆ Paris, appartient au noyau blanquiste, Ē embryon du Parti Č. En 1866, il est condamnŽ pour Ē outrages ˆ la religion catholique et ˆ la morale publique Č et internŽ ˆ Sainte-PŽlagie. En 1870, il signe le texte Le PlŽbiscite et la Libre PensŽe (cf. Henri Place). Durant le Sige, Regnard est chirurgien ˆ la Garde nationale. Dans la Patrie en danger, il fait figure dÕanticlŽrical farouche. Il explique sՐtre rattachŽ au blanquisme considŽrŽ non comme une faction, mais comme le mouvement ˆ la fois socialiste et scientifique Ē qui seul avait repris la tradition [...] celle de la Commune de Paris, de la Commune de Cloots et de Chaumette, fille directe de lÕEncyclopŽdie... La rŽvolution sociale basŽe sur la science Č. Durant la Commune, il donne des articles ˆ lÕAffranchi, tout en Žtant mŽdecin lŽgiste et secrŽtaire gŽnŽral de la prŽfecture de Police. Collaborateur du Journal officiel de la Commune de Paris, il fait Žgalement partie, avec le Dr Levraud, dÕune commission mŽdicale. En mai 1871, il peut se rŽfugier ˆ Londres et sÕy constituer une clientle mi-anglaise, mi-franaise, sans renoncer ˆ ses autres activitŽs. Le conseil de guerre lÕavait condamnŽ par contumace ˆ la peine de mort ; il est amnistiŽ en juin 1879. (Maitron)

 

RŽgnier ƒmile Philibert (1847- ?) Ę : NŽ vers 1847 ˆ Paris, ƒmile RŽgnier fait partie, durant la Commune, dÕun bataillon de fusiliers fŽdŽrŽs. CondamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, il est parvenu ˆ sՎchapper et ˆ gagner Londres, puis rejoint New York en juin 1872. Proche de la mouvance blanquiste de la proscription, il signe la pŽtition de MŽgy contre la proposition de contre-enqute officielle favorable ˆ la Commune. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Remoussin S. (?-?) : Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + Le Temps, 1er mai 1904, p. 2-3. + voir annexes N & O).

 

Rey Aristide (1834-1901) * : ƒtudiant en mŽdecine, il porte le drapeau tricolore barrŽ dÕun crpe noir au Congrs International des ƒtudiants ˆ Lige (octobre-novembre 1865) (DaCosta, Les Blanquistes, p. 11). Fils d'un marchand drapier de Grenoble, Aristide Rey y est nŽ le 12 juillet 1834, et mort le 19 fŽvrier 1901. Suite ˆ sa prise de parole au congrs international des Žtudiants de Lige, il est exclu ˆ vie de lÕuniversitŽ de Paris en dŽcembre 1865. DÕabord militant blanquiste et internationaliste, il deviendra ensuite bakouniniste, puis communard et enfin dŽputŽ rŽpublicain. En septembre 1866, il se rend ˆ Genve et assiste avec FermŽ, Žtudiant et blanquiste comme lui, au premier congrs de lÕInternationale. Au congrs de la Paix de Berne (septembre 1868), Rey est un des 18 signataires de la dŽclaration bakouniniste de la minoritŽ du congrs. De ce fait, il est considŽrŽ par Bakounine comme Ē membre fondateur Č de lÕAlliance internationale de la dŽmocratie socialiste. En septembre 1869, Aristide Rey assiste, comme correspondant de DŽmocratie, au 4e congrs de lÕInternationale, ˆ B‰le. En tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Il collabore ˆ La RŽpublique des Travailleurs, organe de sections parisiennes de lÕInternationale. Ami personnel dՃlie Reclus, il seconde celui-ci ˆ la direction de la Bibliothque nationale pendant la Commune. De 1871 ˆ 1876, Aristide Rey voyage en Suisse et en Italie. Revenu ˆ Paris, il est Žlu, en 1879, conseiller municipal dans le Ve et le demeure jusquÕen 1885, votant tant™t avec les radicaux, tant™t avec les opportunistes. Abandonnant ses idŽes libertaires, il est Žlu dŽputŽ rŽpublicain de l'Isre de 1885 ˆ 1889. Aristide et Isaure Rey (nŽe Isaure PŽrier, militante de lՎcole et des droits de la femme avec AndrŽ LŽo), morts sans enfants, lguent leur collection d'art moderne au musŽe de Grenoble. (Maitron & Wkpd)

 

Richer [Richet Augustin-Nestor, selon ZŽvas] (?-?) : Apprteur en ch‰les, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel) pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D).

 

Rigault Raoul (1846-1871) *Ę : NŽ le 16 septembre 1846 ˆ Paris ; abattu le 24 mai 1871 prs du PanthŽon. Fils dÕun employŽ au ministre de la Guerre (1837) qui deviendra sous-prŽfet en Dordogne (1848), Raoul Adolphe Georges Rigault fait ses Žtudes ˆ Paris, puis Versailles o il obtient ses deux baccalaurŽats (lettres et sciences) ; il entre alors en mathŽmatiques spŽciales ˆ Louis-le-Grand, souhaitant prŽparer Polytechnique. En fait, ds 1865, il est mlŽ ˆ lÕagitation rŽvolutionnaire, avec lÕambition d'assurer la liaison entre ouvriers et Žtudiants. Trs populaire au quartier Latin, il organise la participation des Žtudiants au congrs international des Žtudiants de Lige. Il est arrtŽ, en novembre 1866, lors d'une rŽunion au CafŽ de la Renaissance ˆ Saint-Michel, en compagnie de Tridon, des frres Levraud, de Da Costa, Verlire, Longuet, Genton, Protot, Largilire et Landowski, et inculpŽ dÕaffiliation ˆ sociŽtŽ secrte, mais bŽnŽficie dÕun non-lieu [cf. Charles Da Costa : Les blanquistes, Žditions Rivire, 1912, pp. 19-24 + annexe B]. En 1868, il sÕinscrit ˆ lՃcole de MŽdecine mais en profite surtout pour faire de la propagande parmi les Žtudiants. RemarquŽ en 1865 par Blanqui, il est trs occupŽ ˆ vendre des journaux et organiser des qutes. De janvier 1867 ˆ juillet 1869, il est condamnŽ pas moins de dix fois. ƒpris dÕhistoire rŽvolutionnaire, partisan des doctrines hŽbertistes, il sÕest fait une spŽcialitŽ : lՎtude des rouages de la police et lՎtablissement de dossiers sur les commissaires et les indicateurs. Au 4 septembre, son ancien collgue ˆ la Marseillaise, Antonin Dubost, remplace KŽratry ˆ la PrŽfecture de police et appelle Rigault prs de lui en qualitŽ de commissaire-chef de la police politique. Au 31 octobre, il se prŽsente quai des Orfvres avec un ordre signŽ de Blanqui le nommant prŽfet de police, mais il doit se retirer deux jours plus tard. Il participe aussi ˆ la journŽe rŽvolutionnaire du 22 janvier. Lors de la prŽparation des lŽgislatives de fŽvrier 1871, il est ˆ la tte du Ē ComitŽ central rŽvolutionnaire et socialiste des clubs et comitŽs Žlectoraux des vingt arrondissements de Paris Č, ˆ dominante blanquiste. Au 18 mars 1871, il marche sur la PrŽfecture de police et, le 20, y est dŽlŽguŽ par le ComitŽ central. Le 26 mars, sa popularitŽ le fait Žlire ˆ la Commune dans le VIIIe. DÕune activitŽ dŽbordante, il organise la chasse aux otages et aux suspects en se fondant sur sa connaissance de la police impŽriale. Le 4 avril, il fait arrter lÕarchevque Darboy, le 13 avril le conseiller Chaudey, tentant d'obtenir de l'AssemblŽe versaillaise l'Žchange des otages de la Commune contre Blanqui. ConsŽquent avec son amour de 93, il vote, le 2 mai, pour le ComitŽ de Salut public. Le 24 mai, il est arrtŽ, portant lÕuniforme de commandant. Parce quÕil Ē fait lÕinsolent Č, un sergent versaillais lÕexŽcute dÕun coup de revolver devant la barricade de la rue Royer-Collard. Pour plus de sŽcuritŽ, le conseil de guerre le condamne par contumace, en juin 1872, ˆ la peine de mort... [Maitron & Wkpd] Ē CÕest prs du jardin du Luxembourg que lÕinfortunŽ Raoul Rigault fut fusillŽ. Pauvre Rigault, si dŽvouŽ, si intelligent, si courageux et si jeune ! Ses assassins ont chargŽ sa mŽmoire des plus noires calomnies, ils lÕont dŽpeint comme un monstre, et cependant nul plus que lui nÕavait le sentiment de la justice, dont il Žtait un fanatique. Nous nous rappelons encore, ˆ propos de la discussion sur lÕapplication de la loi des otages, quÕil sՎcriait : "JÕaimerais mieux laisser Žchapper tous les coupables que de faire exŽcuter un seul innocent !" Č [Pierre VŽsinier (1826-1909) : Histoire de la Commune de Paris (Londres, 1871), p. 384, via Gallica, BNF]. 

 

Robinet Benjamin (?-?) * : RŽfugiŽ ˆ New York aprs la Commune, Benjamin Robinet prend part le 30 mars 1876 ˆ la rŽunion de HuschÕs Hall (cf. Fondeville). Quelques semaines plus tard, en tant que membre du comitŽ exŽcutif du groupe communiste-rŽvolutionnaire de New York, Benjamin Robinet est lÕun des signataires dÕun manifeste dÕinspiration blanquiste [cf. annexe V]. Benjamin Robinet figure aussi parmi les 54 signataires de la lettre de soutien adressŽe en dŽcembre 1877 par les communistes newyorkais aux membres de la Ē Vieille Icarie Č (cf. Arsne Sauva). En 1879, il est le rŽdacteur en chef  du nouveau journal blanquiste La Centralisation. La trace de Benjamin Robinet se perd ensuite, sans que lÕon puisse dire sÕil reste ˆ New York ou sÕil rentre en France aprs lÕamnistie. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Roche  Ernest (1850-1917) : Tout jeune homme, il mne brillamment la campagne de Blanqui (dŽtenu ˆ Clairvaux) pour les lŽgislatives dÕavril 1879 ˆ Bordeaux, o Blanqui sera Žlu (DaCosta, Les Blanquistes, p. 55). Aprs la mort de Blanqui, Ernest Roche participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). Membre du CCSR aprs la scission de 1889, donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard (cf. Wkpd sur CCSR + annexes N, O & Q). NŽ ˆ Bordeaux le 29 octobre 1850 ; mort ˆ Bois-Colombes le 27 dŽcembre 1917, Ernest Roche est ouvrier graveur sur mŽtaux. Ė moins de 30 ans, il reprŽsente les chambres syndicales et groupes rŽvolutionnaires de Bordeaux au Congrs ouvrier socialiste de France, ˆ Marseille en 1879. LÕannŽe suivante, candidat aux dŽpartementales, il sÕattire les violentes attaques de La Petite Gironde (11 aožt 1880) et obtient les suffrages de 36 % des votants (lˆ o Blanqui en a obtenu 47 % en avril 1879). InquiŽtŽ dans son travail, il gagne Paris, se mle aux milieux blanquistes, entre ˆ lÕIntransigeant et y devient lÕami de Rochefort dont il suivra lՎvolution politique. Aux municipales de 1884, il se prŽsente comme socialiste indŽpendant dans le XVIIe. En 1885, il figure sur trois listes de candidats parisiens, celle de lÕIntransigeant et les listes fŽdŽratives socialistes et de coalition socialiste rŽvolutionnaire. EnvoyŽ comme Ē reporter Č par lÕIntransigeant ˆ Decazeville (o une grve sՎtend ˆ tout le bassin houiller) en mars 1886, il est condamnŽ, pour Ē atteinte ˆ la libertŽ du travail Č, ˆ 15 mois de prison (quÕil fera ˆ Clairvaux). Aux municipales de 1887, il est candidat socialiste indŽpendant contre Paul Brousse. En face de Vaillant, blanquiste ralliŽ au marxisme, Roche appartient, avec Granger, aux blanquistes Ē de tradition Č, qui donnent prioritŽ ˆ lÕaction aux dŽpens de la doctrine et qui suivent le gŽnŽral Boulanger. Le 22 septembre 1889, Roche est Žlu dŽputŽ du XVIIe. Au cours de cette premire lŽgislature, il interpelle la Chambre de manire vŽhŽmente sur les ŽvŽnements de Fourmies, le 4 mai 1891, et il est frappŽ de censure avec exclusion temporaire pour avoir, ˆ plusieurs reprises, qualifiŽ le ministre Constans dÕassassin. RŽŽlu en 1893, Ernest Roche continue ˆ se rŽclamer du socialisme, mais se mue en un nationaliste ardent, antidreyfusard virulent. La fin de sa vie politique en 1914 prŽcde de peu sa mort. Du blanquisme dans lequel il nÕa fait que passer, il nÕaura retenu que le patriotisme, restant Žtranger au nouveau socialisme de son temps. (dÕaprs Justinien Raymond, pour le Maitron + ZŽvas, p. 102)  

 

Rogeard Louis Augustin (1820-1896) * : NŽ le 25 avril 1820 ˆ Chartres (Eure-et-Loir) ; mort ˆ Paris le 7 dŽcembre 1896. Rogeard entre en 1841 ˆ lՃNS, rue dÕUlm, aprs des Žtudes secondaires ˆ Chartres ; il enseigne les langues anciennes dans des lycŽes de province, devient docteur s lettres, mais est rŽvoquŽ en 1852 pour refus de prter serment ˆ lÕEmpire. Il gagne sa vie en donnant des leons particulires, et de 1860 ˆ 1864 est professeur de rhŽtorique dans une institution privŽe (qui lui offrira refuge en mai 1871). En 1862, il fait para”tre une brochure Žlectorale au titre significatif : LÕAbstention. En 1863, il Ždite un recueil de versions latines, soigneusement choisies pour leur sens rŽpublicain et matŽrialiste (il dit faire Ē un cours de philosophie matŽrialiste et de politique dŽmocratique en latin, ne pouvant le faire en franais Č). En 1864, il fonde le journal La Rive gauche et, dŽbut 1865, Žcrit les fameux Propos de Labienus o il sՎlve contre le despotisme. Le retentissement en est considŽrable et il doit se rŽfugier en Belgique, o il fait la connaissance de Blanqui (il est liŽ avec Pyat, Flourens, Tridon, Pierre Denis, etc.). Le gouvernement impŽrial obtient son expulsion de Belgique en septembre 1865 ; il gagne Luxembourg, puis Londres, la Suisse et de nouveau Londres. En 1868, il est ˆ Madrid, en 1869 ˆ Bruxelles. Il aurait pu profiter de lÕamnistie de 1869, mais proteste (depuis Stuttgart le 16 aožt 1869) contre cette Ē dernire injure jetŽe ˆ la renaissance du droit par lÕagonie de la force... Je le dispense de la peine de mÕouvrir la frontire ; je rentrerai ˆ mon heure et non ˆ la sienne, pour remplir mon devoir et non pour subir sa gr‰ce Č. En fait, il rentre en fŽvrier 1870. Artilleur du Sige, il Žcrit au Combat, puis au Vengeur qui lui succde et dont il devient rŽdacteur en chef. CachŽ durant les combats de mai, il part vers lÕEst et peut franchir la frontire alsacienne. CondamnŽ ˆ mort par contumace, il habite dÕabord Vienne (Autriche) o il vit de leons. ExpulsŽ en aožt 1873, il rŽside en Hongrie, puis ˆ Zurich (o il recherche des tŽmoignages pour une Histoire de la Commune). Compris dans lÕamnistie partielle du 29 mai 1879, il proteste en publiant (ˆ Genve) une brochure cinglante intitulŽe La Fausse Amnistie - Ė la nouvelle commission des gr‰ces. RentrŽ nŽanmoins ˆ Paris, il nÕy retrouve pas son audience de nagure et finit sa vie dans la pauvretŽ. Baudelaire admire, dit-on, les Propos de Labienus, mais lorsque leur auteur est enterrŽ civilement au Pre-Lachaise, le 10 dŽcembre 1896, aprs un mois de maladie, une cinquantaine de personnes seulement suivent son cercueil, sous la conduite de Protot, son Žlve et ami. (dÕaprs le Maitron)

 

RougŽe (ou Rouget) Jean-Baptiste : NŽ ˆ Lyon (Rh™ne). Ouvrier chapelier, compagnon du Tour de France, devenu Žtudiant en mŽdecine puis professeur de mathŽmatiques au lycŽe de Montpellier (HŽrault). En 1848, il prŽside le club de la FraternitŽ, formŽ en grande partie dÕouvriers dŽmocrates. En mai 1849, il tente de sÕemparer de la prŽfecture de lÕHŽrault et dÕy proclamer Ē la RŽpublique dŽmocratique et sociale Č. Il est condamnŽ ˆ deux ans de prison, quÕil purge ˆ Belle-Ile-en-Mer, o il rencontre Blanqui qui devint son ami. ExilŽ ˆ Londres aprs le coup dՃtat de 1851, il y est membre du comitŽ directeur de la Commune rŽvolutionnaire de FŽlix Pyat. Avec lui et FŽlix Avril, il co-signe en novembre 1852 lÕAppel au peuple demandant aux Franais de sÕabstenir ˆ lÕoccasion du deuxime plŽbiscite du 21 novembre. Il est de nouveau condamnŽ, par contumace, en 1853, dans lÕaffaire du ComitŽ rŽvolutionnaire de Raynaud et Biotire, ˆ 10 ans de prison [cf. AndrŽ Raynaud]. Il joue Žgalement un r™le important au sein du ComitŽ international de lÕAssociation internationale, qui prŽfigure lÕAIT (1855-1859). RougŽe meurt ˆ Londres en avril 1857 et Blanqui qualifie cette disparition de Ē dŽsastre Č. Cf. I. Tchernoff, Le Parti rŽpublicain au coup dՃtat et sous le Second Empire ; Arthur Lehning, De Buonarroti ˆ Bakounine, Paris, Champ libre, 1977. (dÕaprs M. Cordillot pour le Maitron).

 

Rouillon ƒmile (?-?) : Aprs la mort de Blanqui, il participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M). Le 8 aožt 1888, il est chargŽ de lÕorganisation des obsques de son ami Eudes. [cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 61]. Membre du CCSR aprs la scission de 1889, il est donc blanquiste boulangiste et anti-dreyfusard [cf. Wkpd sur CCSR + annexes N & O + Patrick H. Hutton : The Cult of the Revolutionary Tradition: The Blanquists in French Politics (1864-1893) (University of California Press, Berkeley & Los Angeles, 1981]. Partisan de Granger aprs la scission du CRC en deux camps ennemis, il est frappŽ sur la tte par un de ses anciens camarades lors dÕune cŽrŽmonie anniversaire (qui a  lieu chaque annŽe au Pre Lachaise le dimanche le plus proche du 28 mai), coup de canne plombŽe des suites duquel il meurt peu de temps aprs (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 65).

 

Roux (?-?) : ƒtudiant en droit, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il bŽnŽficie dÕun non-lieu. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Comme il Ē occupait en mme temps un emploi dans l'inspection de la navigation de la Seine, dŽpendant de la prŽfecture de police, [il] s'Žtait soumis ˆ la formalitŽ du serment [É] Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 24). Il semble quÕen fait, il ait ŽtŽ un des Ē agents [de la police] glissŽs chez les blanquistes Č (Da Costa, p. 27).

 

Rysto (1852- ?) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. [DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K]. Aprs la mort de Blanqui, il participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881. [DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M]. NŽ le 10 mai 1852 ˆ Paris, Rysto, ouvrier ŽbŽniste, sert la Commune comme simple garde. Ayant rŽussi ˆ Žchapper ˆ la rŽpression versaillaise, il se rŽfugie en Angleterre. En juin 1877, il est ˆ Saint-Gilles (Belgique). ExpulsŽ peu aprs, il trouve refuge en Argentine. (dÕaprs le Maitron)

 

Sachs Benjamin (1849- ?) * : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres,  juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K). NŽ le 13 septembre 1849 ˆ Berlin, avocat. En tant que dŽlŽguŽ des 20 arrondissements, il est un des signataires de lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Par arrtŽ du ComitŽ de salut public (14 mai 1871), Sachs est nommŽ substitut du procureur de la Commune, en remplacement de Martainville. RŽfugiŽ ˆ Genve, puis ˆ Vienne (Autriche), il en est expulsŽ en aožt 1873 en mme temps que Huguenot et Rogeard. En mars 1878, il vit ˆ Bruxelles, o il est reprŽsentant de commerce. (dÕaprs le Maitron)

 

Sambuc Jules ThŽophile (1804-1834) : CitŽ dans la notice Ē Blanqui Č du Maitron. NŽ en 1804 ˆ Toulouse (Haute-Garonne), mort le 2 aožt 1834 ˆ Nyon (Suisse). Issu dÕune famille protestante, de bourgeoisie aisŽe, Jules Sambuc fait ses Žtudes secondaires et supŽrieures en Allemagne. Il est, en 1825, professeur de franais dans le canton de Berne et frŽquente la facultŽ de thŽologie de Lausanne en 1827. Revenu en France ds septembre 1830 pour reprendre ses Žtudes de droit, Sambuc frŽquente alors Blanqui et Plocque. En novembre 1830, il rŽdige le premier manifeste Žtudiant de lՎpoque, appel ˆ la nŽcessaire crŽation dÕune association dՎtudiants et dÕun journal. En novembre, il crŽe la SociŽtŽ de la LibertŽ, de lÕOrdre et du Progrs (SLOP), puis se rapproche de la SociŽtŽ des Amis du Peuple, de Blanqui, Plocque, Girard... Aprs le Ē procs des Dix-Neuf Č, il retourne ˆ Lausanne, o il est rŽdacteur de La Constituante, La Gazette vaudoise et de LÕHelvŽtia et semble participer ˆ une sociŽtŽ secrte suisse en liaison avec Mazzini. Il meurt, en aožt 1834, des suites dÕune blessure aprs un duel avec lÕavocat Pierre Allier Ē pour des motifs politiques Č. (dÕaprs J. Risacher pour le Maitron)

 

Sapia ThŽodore (1838-1871) : Ē Ce sont les militants blanquistes comme Tridon [...], Sapia, FerrŽ, Brideau, Caria, Duval, qui dŽfendent cette nŽcessitŽ [Ē dÕinstaller rŽvolutionnairement la commune rŽvolutionnaire Č, ds le 30 dŽcembre]. [É] Le 22 janvier, c'est une nouvelle tentative de s'emparer de l'H™tel de Ville. A c™tŽ de la foule qui gronde et hurle : "Ė bas Trochu", " Ė mort les tra”tres"É des bataillons d'insurgŽs, commandŽs par des rŽvolutionnaires comme Rigault, Sapia, Duval, Louise Michel, etc., se positionnent. [É] les dŽfenseurs de l'ordre mitraillent et font une trentaine de victimes, dont Sapia. [É] Č [cf. annexe G]NŽ ˆ Paris le 6 janvier 1838 ; tuŽ pendant lՎmeute du 22 janvier 1871 (donc avant la proclamation de la Commune). Le pre de ThŽodore Sapia est, avant 1830, secrŽtaire gŽnŽral dÕun ministre. ThŽodore Sapia sÕengage ˆ 17 ans, en mars 1855, dans un rŽgiment de ligne, participe ˆ la campagne de Chine et rentre en France en 1862. NommŽ percepteur en AlgŽrie, il ne rallie pas son poste et reprend du service en octobre 1863, participant ˆ la campagne du Mexique. En septembre 1870, il est nommŽ chef dÕun bataillon de la Garde nationale. Le 8 octobre 1870, il convoque les gardes nationaux, leur dŽclarant que le gouvernement provisoire est impuissant, capable seulement dÕaffamer Paris et non de prŽparer la guerre et quÕil faut le remplacer par FŽlix Pyat, Flourens et Blanqui. En novembre 1870, il est ˆ la tte de La RŽsistance, journal dŽmocratique et social du XIVe, et collabore ˆ La Patrie en danger. CÕest lui qui, le 6 janvier 1871, prŽside la sŽance de la DŽlŽgation des 20 arrondissements qui rŽdige lÕAffiche rouge [cf. annexe I]. Le 22 janvier 1871, au lendemain de Buzenval, Sapia est ˆ la tte des gardes nationaux de Vaugirard qui se rangent sur la place de lÕH™tel-de-Ville, transformant lÕattente en Žmeute. Ē Ė la premire dŽcharge, Sapia est tombŽ le long des grilles, la tte fracassŽe Č. (dÕaprs le Maitron) AZ le prŽsente comme Ē un jeune blanquiste Žnergique Č (p. 230).

 

Saulnier (?-?) * : Durant la Commune, Saulnier sert comme simple garde chez les FŽdŽrŽs. ExilŽ aux ƒtats-Unis, proche de la mouvance blanquiste, il signe la pŽtition de MŽgy contre la contre-enqute officielle favorable ˆ la Commune. Il pourrait se confondre avec Saunier (membre de lÕAIT demeurant ˆ New York), qui assiste ˆ la rŽunion de Newark pour le lancement dÕune souscription nationale au bŽnŽfice des veuves et des orphelins des combattants de la Commune de Paris. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Sauva Arsne (1839-1896) * : NŽ ˆ Tallard (Hautes-Alpes) le 19 juillet 1839, mort ˆ Paris en 1896. Ouvrier tailleur, Arsne Sauva dŽbarque aux ƒtats-Unis en juillet 1860 avec sa fiancŽe pour sÕinstaller dans la colonie icarienne de Cheltenham (Missouri). Lorsque certains Icariens sÕengagent dans lÕarmŽe de lÕUnion en 1861, Sauva est chargŽ de prŽsider la colonie par intŽrim. ƒchouant ˆ en prŽserver la cohŽsion, il rentre en France en 1863. Ds son arrivŽe ˆ Paris, il forme une Association gŽnŽrale dÕouvriers tailleurs, quÕil prŽside jusquÕen 1868. AdhŽrent ˆ lÕAIT et liŽ au mouvement coopŽratif, Arsne Sauva est membre, avec Jean Bedouch, de la SociŽtŽ de crŽdit mutuel et de solidaritŽ commerciale fondŽe ˆ Paris en 1865, puis en 1866 de la sociŽtŽ coopŽrative dÕassurance sur la vie Ē LՃquitŽ Č avec les frres Reclus. En 1867, il est condamnŽ pour dŽlit de coalition lors du procs intentŽ par les patrons tailleurs ˆ la SociŽtŽ de crŽdit mutuel, qui est alors dissoute. Sous le gouvernement de la DŽfense nationale, Sauva obtient pour lÕAssociation coopŽrative des tailleurs dÕhabits la fourniture de lÕhabillement de la Garde nationale : lÕassociation occupe ainsi 35 000 personnes ˆ la fabrication de capotes, de vareuses, de pantalons, permettant au gouvernement de rŽaliser dÕimportantes Žconomies. Durant la Commune, il sert comme sergent-major. CondamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe, Arsne Sauva sÕinstalle ˆ New York, o, liŽ aux blanquistes, il occupe les fonctions de secrŽtaire des sŽances du comitŽ de gestion du Socialiste, tout en Žtant secrŽtaire de la section 2 de New York de lÕAIT. En 1872, il se rallie ˆ la pŽtition de MŽgy contre la contre-enqute officielle. En septembre 1872, Arsne Sauva se rend au congrs de La Haye, o il sÕabstient lors du vote relatif ˆ lÕexclusion de Bakounine, se prononce contre lÕexclusion de Guillaume et de SchwitzguŽbel, mais ne prend pas part au vote sur le transfert du sige ˆ New York. Les annŽes suivantes, Sauva tient au sein de la mouvance blanquiste newyorkaise une place importante : il est secrŽtaire de la SociŽtŽ des rŽfugiŽs de la Commune, secrŽtaire-correspondant du Groupe rŽvolutionnaire socialiste international (GRSI), membre de la commission de contr™le du Socialiste et secrŽtaire-correspondant de la section de langue franaise de lÕAIT. En 1874, il participe au mouvement des ch™meurs et ˆ la manifestation violemment rŽprimŽe de Tompkins Square. En 1876, Arsne Sauva prŽside la commission dÕenqute constituŽe pour vŽrifier les accusations lancŽes par MŽgy contre les frres May et participe ˆ la rŽunion de HuschÕs Hall, au cours de laquelle ils sont exclus. En avril 1876, il quitte New York avec sa femme et ses deux fils pour rejoindre la colonie icarienne de Corning (Iowa). Aprs la scission de la communautŽ de Corning, il opte pour la Ē Vieille Icarie Č. Ė sa demande, 54 communistes et rŽfugiŽs franais de New York signent un texte intitulŽ Ē Aux membres de la CommunautŽ icarienne Č, dans lequel ils prennent fait et cause pour la majoritŽ. RŽinstallŽ ˆ New York en avril 1884, il reprend contact avec les milieux communistes rŽvolutionnaires et contribue au lancement de la Torpille dՃdouard David fin 1885. En 1886, Arsne Sauva rentre ˆ Paris, o il reprend sa profession de tailleur, avant dÕy mourir en 1896. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Sauvage Nicolas LŽon (1841- ?) * : NŽ le 28 septembre 1841 ˆ Wassy (Haute-Marne), Nicolas Sauvage sÕinstalle ˆ Paris aprs 1862. Membre du comitŽ de la Garde nationale, il appartient Žgalement au ComitŽ rŽpublicain du XIIe. Nicolas Sauvage, ayant pu sÕexiler aux Etats-Unis, est condamnŽ par contumace ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. Ė New York, proche de la mouvance blanquiste, il signe la pŽtition de MŽgy contre la contre-enqute officielle favorable ˆ la Commune. (dÕaprs Michel Cordillot pour le Maitron)

 

Seigneurgens ZŽphir Zacharie (1804- ?) : NŽ le 14 florŽal an XII (4 mars 1804) ˆ Caix (Somme), ZŽphir Seigneurgens est fils dÕun Ē faiseur de bas Č. Bonnetier, il fonde et prŽside la SociŽtŽ des ouvriers bonnetiers de Paris, en 1832. Il adhre ˆ la SociŽtŽ des droits de lÕHomme ds 1832 ou 1833. ArrtŽ en dŽcembre 1833, il sŽjourne ˆ la prison de La Force, puis ˆ Sainte PŽlagie. En 1836, il est membre des sociŽtŽs secrtes fondŽes par Blanqui (la SociŽtŽ des Familles et, peut-tre plus tard la SociŽtŽ des Saisons). Selon une source (sujette ˆ caution), il aurait mme ŽtŽ Ē un des lieutenants de Blanqui Č [ˆ cette Žpoque, on ne peut utiliser une telle formule quÕon ne verra appara”tre que vers 1864-1865, ˆ propos de Tridon et Granger]. Il aurait participŽ en 1838, ˆ la publication et la distribution dÕun journal clandestin Le Moniteur rŽpublicain, lÕessentiel de lՎquipe de ce journal est arrtŽ en septembre 1838 (Eugne Fombertaux, Minor Lecomte, Jean-Baptiste Guillemin, Joigneau et Claude Boudin sont condamnŽs en juin 1839 ˆ plusieurs annŽes de dŽtention et envoyŽs pour la plupart au Mont-Saint-Michel). Seigneurgens se cache, mais est finalement arrtŽ en 1841. Au procs, il se proclame Ē communiste Č, prŽsentant aux jurŽs une longue dŽclaration de ses principes et invoquant Rousseau et Babeuf. Il est incarcŽrŽ en septembre 1851 ˆ Belle-ėle-en-Mer (Morbihan), transfŽrŽ ˆ Corte (Corse) en dŽcembre 1857 et probablement libŽrŽ par lÕamnistie de 1859. Cf. Lucien de la Hodde Histoire des sociŽtŽs secrtes et du parti rŽpublicain de 1830 ˆ 1848, Paris, 1850, p. 199. ; J.-Y. Mollier, Dans les bagnes de NapolŽon III. MŽmoires de C.-F. Gambon, Centre des Correspondances du XIXe sicle, Paris IV-Sorbonne, PUF, 1983. (dÕaprs Jean Risacher et Michael Sibalis pour le Maitron)

 

Seigneurgens Cyprien Casimir (1806- ?) : NŽ le 16 septembre 1806 ˆ Caix (Somme), ouvrier bonnetier, frre cadet du militant ouvrier ZŽphir Seigneurgens. Il est dŽjˆ connu dans les annŽes 1830 pour ses Ē affiliations rŽpublicaines Č, comme membre de la SociŽtŽ des droits de lÕHomme, puis de plusieurs sociŽtŽs secrtes organisŽes par Blanqui. En mars 1836, membre de la SociŽtŽ des Familles, il est arrtŽ lors de lÕaffaire des Poudres. Il est Žgalement souponnŽ dÕavoir participŽ ˆ lÕinsurrection de Blanqui des 12 et 13 mai 1839, mais ne fut pas arrtŽ. Cf. Ph. Matthey, Les membres des sociŽtŽ secrtes rŽpublicaines parisiennes sous la monarchie de Juillet, mŽmoire de ma”trise sous la direction de Philippe Vigier, Paris X, 1986. (dÕaprs Jean Risacher et Michael Sibalis pour le Maitron)

 

Sembat Marcel (1862-1922) Ę : Ē Marcel Sembat qui, ˆ ces mmes Žlections, avait ŽtŽ Žlu dans le quartier des Grandes Carrires, comme socialiste indŽpendant sur le programme de Millerand, donnera, en 1895, son adhŽsion au groupement de Vaillant. Č (DaCosta, Les Blanquistes, p. 67). NŽ le 19 octobre 1862 ˆ Bonnires-sur-Seine (Seine-et-Oise) ; mort le 5 septembre 1922 ˆ Chamonix (Haute-Savoie). Le pre de Sembat est directeur de la poste de son village natal. Sembat commence ses Žtudes ˆ Mantes, les poursuit au collge Stanislas, puis ˆ la FacultŽ de Droit de Paris o il obtient licence et doctorat. Inscrit au barreau, il ne pratique gure sa profession et finit par lui prŽfŽrer le journalisme et lÕaction politique, dŽbutant par des chroniques judiciaires ˆ La RŽpublique franaise (de Gambetta). Son adhŽsion au socialisme rŽsulte, dit-il, dÕune pure conversion intellectuelle et de la lecture de Taine, Carlyle, Spencer, Renan, Durkheim, LŽvy-BruhlÉ Sembat frŽquente, vers 1884, la SociŽtŽ rŽpublicaine dՃconomie sociale et la Revue socialiste. Bient™t, il sÕinstalle ˆ La Petite RŽpublique, avec le but dÕen faire un journal socialiste. Il est est Žlu dŽputŽ du XVIIIe en 1893, comme socialiste indŽpendant. Dans le groupe parlementaire socialiste o se c™toient toutes les tendances, Sembat est gagnŽ par Vaillant et, en 1895, il adhre au CRC, le futur PSR [cf. annexes N & P]. Ds cette premire lŽgislature, il sÕimpose comme un des chefs de file de lÕopposition socialiste. En 1896, il participe ˆ la premire rencontre solennelle des socialistes de toutes tendances ˆ Saint-MandŽ. En 1898, il est rŽŽlu, sigeant aux commissions de rŽvision des lois constitutionnelles, de lÕimp™t sur le revenu et de la presse. Au cours de sa seconde lŽgislature, Sembat est pris par les remous de lÕAffaire Dreyfus. Il partage le sentiment de Vaillant et de Guesde : ne doutant pas de lÕinnocence du condamnŽ et de la nŽcessitŽ de lutter pour sa libŽration,  ils ne veulent pas que ce combat accapare toute la vie du parti et lÕentra”ne ˆ des coalitions compromettantes. Il assiste au 1er Congrs gŽnŽral des organisations socialistes, salle Japy (dŽcembre 1899) o il reprŽsente le XVIIIe au nom des socialistes indŽpendants, de la FTSF et du PSR. Au Congrs de Lyon (1901), le groupe socialiste est partagŽ en deux par le cas Millerand, Sembat appartenant au groupe dÕUnitŽ socialiste rŽvolutionnaire, dont il est, avec Vaillant, le porte-parole. En 1902, il est rŽŽlu, sous lՎtiquette du PS de France rassemblant blanquistes et guesdistes. LÕunitŽ rŽalisŽe (avril 1905), il est un des 12 dŽputŽs reprŽsentant le groupe parlementaire au Conseil national de la SFIO.  Directeur de La Petite RŽpublique (le journal de Jaurs), il collabore ˆ La Revue socialiste, ˆ La Lanterne, et, ˆ partir dÕavril 1906, ˆ lÕHumanitŽ, o il tient une rubrique de politique Žtrangre. En 1906, 1910 et 1914, Sembat est rŽŽlu. En aožt 1914, Sembat est ministre des Travaux publics dans le Cabinet dÕunion sacrŽe de Viviani ; il choisit, pour chef de cabinet, LŽon Blum. En 1920, il est dŽlŽguŽ au congrs de Tours, o il se prononce contre lÕadhŽsion ˆ la IIIe Internationale. La scission consommŽe, Sembat continue sa vie politique dans la SFIO. La mort le surprend subitement, en septembre 1922, ˆ Chamonix, o, malade, il est venu se reposer. Sa femme, Louise, nŽe Hervieu (connue comme peintre Ē fauve Č et comme sculpteur, sous le nom de Georgette Agutte), se suicide aprs avoir Žcrit ce billet magnifique : Ē Voilˆ douze heures quÕil est parti. Je suis en retard... Č Amis de plusieurs peintres, ils lguent au musŽe de Grenoble une importante collection dÕĻuvres (Matisse, Derain, Rouault, Signac, Vlaminck et Van Dongen). (DÕaprs Justinien Raymond, in le Maitron + Wkpd)

 

SŽnique ƒtienne Auguste (1828- ?) * : ArrtŽ et condamnŽ en juin 1861 avec Blanqui (affaire de la rue du Figuier) (DaCosta, Les Blanquistes, p. 7 + annexe A). NŽ le 6 octobre 1828 ˆ Pont Saint-Vincent (Meurthe). Son pre est un ancien artilleur de la Vieille Garde. Auguste SŽnique vient en 1845 ˆ Paris travailler comme ouvrier sculpteur. En 1848, il entre aux Ateliers nationaux peu avant lÕinsurrection et combat en juin sur les barricades. Il est transpercŽ par une balle, le 24 juin. CondamnŽ ˆ la transportation, il est graciŽ en novembre. Poursuivi en septembre 1851 pour affiliation ˆ sociŽtŽ secrte, il dispara”t de son domicile. En fuite, compromis par les lettres saisies chez lui, il est condamnŽ par contumace ˆ la transportation (en AlgŽrie). Mais la transformation de cette dŽcision en une mise sous surveillance peut faire supposer quÕil a ŽtŽ ultŽrieurement arrtŽ. SŽnique abrite, en 1860, une des sept presses clandestines que Blanqui a rŽparties chez ses amis. SŽnique est ˆ Paris pendant le Sige. Durant la Commune, il est dŽlŽguŽ dÕun bataillon fŽdŽrŽ et membre de la Commission militaire. Il appartient ˆ lÕInternationale. Par contumace, il est condamnŽ ˆ la dŽportation dans une enceinte fortifiŽe. RŽfugiŽ ˆ Londres, il continue ˆ propager les doctrines socialistes. En juin 1877, il est ˆ Bruxelles. Il bŽnŽficie de la remise de sa peine en novembre 1879. (dÕaprs le Maitron)

 

Solignac (?- ?) : Signataire de la DŽclaration Ē Aux Communeux Č, Londres, juin 1874. (DaCosta, Les Blanquistes, p. 42-51 + annexe K).

 

Sornet LŽon [Auguste, selon ZŽvas] (?- ?) * : Il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe B). Il est citŽ aussi comme ayant participŽ ˆ un rendez-vous des communards dŽlŽguŽs ˆ la prŽfecture de police qui a lieu au Restaurant LapŽrouse (quai des Grands Augustins) avec Raoul Rigault, les frres Levraud, ƒmile Giffault et Gaston Da Costa [site Ē Paris rŽvolutionnaire Č]. EmployŽ au chemin de fer de Lyon, LŽon Sornet est gŽrant de La Misre de Passedouet et Vuillaume (fŽvrier 1870), puis du Pre Duchne (Vuillaume, Humbert, Vermersch). Pendant la Commune, il est attachŽ au cabinet de Protot, dŽlŽguŽ ˆ la Justice. RŽfugiŽ ˆ Londres, il collabore au Qui Vive ! de Vermersch (octobre-dŽcembre 1871) (dÕaprs le Maitron)

 

Sourd (?- ?) : Signataire (avec Blanqui et 18 blanquistes) de la DŽclaration du 6 septembre 1870 dans le n” 1 du journal La Patrie en danger (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 34 & annexe F). En 1868, il appartient, avec Bouilly et Gois, au groupe blanquiste de Montmartre. (dÕaprs le Maitron)

 

StŽvenin Charles [ƒmile, selon ZŽvas] (?- ?) : Ferblantier, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). (confirmŽ par le Maitron)

 

Subit Pierre, dit PŽdernec (?- ?) : DŽcoupeur en bois, il est lÕun des 41 participants ˆ la rŽunion du 7 novembre 1866 (au CafŽ de la Renaissance, boulevard Saint-Michel, pour Ē juger Č Protot qui a participŽ au Congrs de lÕInternationale de Genve malgrŽ lÕinterdiction de Blanqui) qui sont arrtŽs par la police ; il est condamnŽ ˆ 3 mois de prison. (DaCosta, Les Blanquistes, pp. 19 ˆ 24 + annexe D). Il fait partie avec Calavaz, Jeannon, Jeunesse, Humbert, Lalourcey et Protot de la dŽlŽgation parisienne blanquiste qui se rend au Congrs de Genve de lÕInternationale, septembre 1866. (DaCosta, confirmŽ par le Maitron)

 

Susini ƒtienne (Dr) (1839-1908) * : Il prend la parole aux obsques de son ami Eudes, le 8 aožt 1888, au Pre Lachaise (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 63). Sa candidature aux Žlections gŽnŽrales du mois de septembre 1889 ˆ Belleville est le prŽtexte de la scission en deux camps du ComitŽ RŽvolutionnaire Central (cf. DaCosta, Les Blanquistes, p. 65-66 et annexe N). NŽ le 15 aožt 1839 ˆ Sant-Andria-dÕOrcino (Corse) et mort ˆ Paris, fin aožt 1908,  Susini fait ses Žtudes de mŽdecine ˆ Marseille. Reu docteur devant la FacultŽ de Paris, il exerce dÕabord ˆ Marseille, o il se mle au mouvement socialiste naissant et o il est Žlu conseiller municipal. Il fait partie de la cohorte qui, en mars 1871, arbore le drapeau rouge ˆ la mairie et proclame la Commune ˆ Marseille. ƒtienne Susini est un membre important du Cercle de lÕIndŽpendance qui, aprs la Commune, groupe les survivants du mouvement communaliste et de lÕAIT. En 1878, le Cercle soutient Blanqui comme candidat ˆ la dŽputation, ce qui entra”ne une rupture avec les socialistes de lՎquipe de la Jeune RŽpublique, organisatrice du IIIe congrs ouvrier (Marseille, octobre 1879). Susini, aprs avoir aidŽ ˆ lÕorganisation du congrs, le boycotte. ArrtŽ et emprisonnŽ en 1881 pour avoir fait lÕapologie de Sophie PŽrowskaja (condamnŽe ˆ mort ˆ la suite de lÕattentat contre le tsar Alexandre II), Susini quitte Marseille et rejoint, ˆ Paris, son ami Eudes, avec lequel il milite dans le XXe. En 1887, il participe activement ˆ lÕagitation populaire contre la candidature de Jules Ferry ˆ la prŽsidence de la RŽpublique. Militant du CRC, il est dŽlŽguŽ au congrs de lÕInternationale de Bruxelles en 1891 et milite dans la SFIO. En 1904, il est Žlu conseiller municipal de Saint-AndrŽ-dÕOrcino (Corse), en devient le maire et le demeure jusquÕen 1908. Susini est fier de se dire le premier Žlu rŽvolutionnaire de la Corse. Il est le disciple de Blanqui dont il a ŽtŽ lÕami et le mŽdecin et quÕil a hŽbergŽ ˆ plusieurs reprises ˆ sa sortie de Clairvaux. Le 18 mars 1908, quelques mois avant sa mort, il est malmenŽ par la police, tandis quÕil prononce son rituel discours commŽmoratif de la Commune au cimetire Montparnasse. (dÕaprs le Maitron) 

 

Sylvain (?-?) : Aprs la mort de Blanqui, il participe ˆ la crŽation du ComitŽ RŽvolutionnaire Central, en juillet 1881 (DaCosta, Les Blanquistes, p. 57 + annexe M).

 

Tardy AmŽdŽe Pascal